Société – Petite Poucette, une fable de Michel Serres -III-

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales

L’individu

Mieux encore, les voilà devenus des individus. Inventé par saint Paul, au début de notre ère, l’individu vient de naître seulement ces jours-ci. Nous rendons-nous compte à quel point nous vivions d’appartenances, de jadis jusqu’à naguère ? Français, catholiques ou juifs, Gascons ou Picards, riches ou pauvres, femmes ou mâles… nous appartenions à des régions, des religions, des cultures, rurales ou villageoises, des groupes singuliers, des communes locales, un sexe, la patrie. Par les voyages, les images, la toile, les guerres abominables, ces collectifs ont à peu près tous explosé. Ceux qui demeurent continuent aujourd’hui, vite, d’éclater.

L’individu ne sait plus vivre en couple, il divorce ; ne sait plus se tenir en classe, il remue et bavarde ; ne prie plus en paroisse ; l’été dernier, nos footballeurs n’ont pas su faire équipe; nos politiques savent-ils encore construire un parti ? On dit partout mortes les idéologies ; ce sont les appartenances qu’elles recrutaient qui s’évanouissent.

Cet individu nouveau-né annonce plutôt une bonne nouvelle. À balancer les inconvénients de l’égoïsme et les crimes de guerre commis par et pour la libido d’appartenance – des centaines de millions de morts –, j’aime d’amour ces jeunes gens.

Cela dit, reste à inventer de nouveaux liens. En témoigne le recrutement de Facebook, quasi équipotent à la population du monde.

Comme un atome sans valence, Petite Poucette est toute nue. Nous, adultes, n’avons inventé aucun lien social nouveau. L’emprise de la critique et du soupçon les déconstruit plutôt.

Rarissimes dans l’histoire, ces transformations, que j’appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large que peu de regards l’ont mesurée à sa vraie taille.

Je la compare, je le répète, à celles qui intervinrent au néolithique, à l’aurore de la science grecque, au début de l’ère chrétienne, à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance.

Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classe, bancs, tables, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires même, j’allais même dire savoirs… cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus.

Histoire – Le voyage de Magellan et Elcano

10 août 1519 – 6 septembre 1522

Les navires quittent Séville le 10 août 1519 mais doivent attendre pendant cinq semaines à San Lucar de Barameda, à l’embouchure du Quadalquivir, que les vents leur soient favorables… Le 20 septembre 1519, ils lèvent l’ancre à destination des îles Canaries et, le 2 octobre 1519, traversent enfin l’Atlantique.

Le 6 septembre 1522, au coucher du soleil, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. Elle a nom Victoria. Un nom bien mérité. À son bord, 18 hommes commandés par le Basque Juan ​Sebastián Elcano.

La Victoria, premier navire à avoir accompli la circumnavigation du globe. Réplique du navire présentée à l’Expo Aichi 2005.

Trois ans plus tôt, ils ont quitté le même port en direction de l’Ouest, avec quatre autres navires (caraques et caravelles) et un total de 237 hommes de toutes origines. Sans l’avoir voulu ni imaginé, ces dix-huit hommes sont les premiers à avoir accompli le tour du monde.

Un loup de mer brutal

Fernand de Magellan (1480-1521), portrait par Luigi Vanvitelli

Né au Portugal quarante ans plus tôt, Fernao de Magalhaes (Magellan en français) a guerroyé en Inde puis au Maroc, où une blessure l’a laissé boiteux.

Il envisage alors d’accomplir le rêve inachevé de Christophe Colomb en contournant l’Amérique et en atteignant enfin l’Asie par l’Ouest.

Ayant gagné la confiance du jeune roi d’Espagne, le futur empereur Charles Quint, il s’engage dans ce qui apparaîtra a posteriori comme le premier « Tour du monde à la voile » .

Ses navires quittent Séville le 10 août 1519 et relâchent à Noël dans la baie où sera plus tard fondée la ville de Rio de Janeiro.

L’impatience grandit et débouche sur une violente mutinerie que Magellan mate avec une extrême sévérité. Peu après, une première nef, le Santiago, fait naufrage en explorant la côte de Patagonie.

La découverte de l’océan Pacifique

Le 21 octobre 1520, la flotte arrive en vue d’une baie mystérieuse. Deux pilotes envoyés en reconnaissance reviennent avec la confirmation qu’il s’agit du passage espéré vers l’Ouest. Mais le pilote du San Antonio se rebelle et regagne l’Espagne…

Le reste de la flotte s’engage dans le détroit qui portera désormais le nom de Magellan. Le 28 novembre, c’est le débouché sur un nouvel océan, exceptionnellement calme et lisse ce jour-là, ce qui lui vaut d’être baptisé Grand Océan Pacifique !

Plus de trois mois s’écoulent avant d’atteindre le 6 mars 1521 l’archipel des Mariannes, en pleine Océanie.

Après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique, la flotte de Magellan atteint l’île de Cebu, dans l’archipel des Philippines.

Amitiés fatales

Le roi de l’île est baptisé sous le nom de Charles, ainsi que 800 indigènes. Malheureusement, pour complaire à son nouvel ami, Magellan commet l’imprudence de participer à une expédition punitive contre le roi de l’île voisine. Le 27 avril 1521, il meurt d’une flèche empoisonnée.

Les nouveaux commandants révèlent très vite leur incompétence et il faut brûler une nouvelle nef, la Concepción, en trop mauvais état.

Les deux nefs rescapées arrivent enfin aux Moluques, où les Portugais sont présents depuis plusieurs années déjà. La Trinidad s’échoue et il faut à son tour l’abandonner. Il ne reste plus qu’une nef en état, la Victoria, dont Elcano prend le commandement…

Le retour

La dernière nef traverse l’océan Indien avant de remonter jusqu’en Europe le long des côtes africaines, avec dans ses cales des clous de girofle originaires des Moluques.

Le commandant a soin d’éviter le contact avec les Portugais, très sourcilleux sur leur monopole de navigation et de commerce entre l’Europe et l’Asie. Mais au cap Vert, sur la côte africaine, il ne peut éviter la capture de treize de ses marins par les Portugais du cru et échappe lui-même de peu à la capture.

L’un des survivants, Antonio Pigafetta, écrira le compte-rendu de l’odyssée. Juan Sebastián Elcano sera anobli par l’empereur Charles Quint.

Trente ans après la découverte de l’Amérique, la circumnavigation de Magellan et Elcano a définitivement montré que

la Terre est ronde,

et surtout plus grande qu’on ne voulait bien l’imaginer (sa rotondité avait déjà été établie par les savants sumériens et grecs de l’Antiquité), que l’Amérique est un continent à part et qu’il est possible d’atteindre l’Extrême-Orient par l’Ouest.

Source: Ysaline Homant

CULTURE – Woodstock, 50 ans

Du 15 au 18 août 1969 se tient dans une prairie de l’État de New York un festival de musique plus ou moins improvisé. Il  réunit près de 500 000 jeunes Américains, dix fois plus qu’attendu.

Ces jeunes gens issus des classes moyennes se qualifient d’hippies. Désireux de se libérer des codes sociaux et de vivre leurs rêves, ils sont à la pointe du combat pacifiste contre l’intervention américaine au Vietnam.

Leur mot d’ordre, plein de naïve fraîcheur, a été inventé dès 1963 :

« Make love, not war » (Faites l’amour, pas la guerre).

Trois semaines après l’exploit lunaire de Neil Armstrong et Edwin Aldrin, ce festival dit « de Woodstock » clôt sur des rythmes rock, folk, soul ou blues la période la plus faste des États-Unis…

Alors que les organisateurs attendaient 50’000 personnes, ce sont plus de 450’000 festivaliers qui se sont finalement réunis pour vivre cette quintessence de l’esprit hippie et Flower Power. Les artistes présents ont connu des fortunes diverses suite à leur passage, Woodstock jouant comme un accélérateurs de carrière pour certains, quand d’autres sombraient dans l’oubli. Mais pour tous, l’immensité du public présent fut un choc.

50 ans plus tard, voici les 10 performances entrées dans la légende.

Vendredi 15 Août

RICHIE HAVENS, «Freedom»

Richie Havens à Woodstock, c’est l’histoire d’un petit miracle. Celui d’un artiste encore peu connu, programmé pour passer en cinquième position, et qui va se retrouver à ouvrir le plus grand festival du monde. A cause d’embouteillages monstres dans toute la zone dûs à l’afflux massif, les groupes programmés avant lui ne sont toujours pas là. Puisque le destin l’a choisi, à 17 heures le vendredi 15 août, il grimpe sur scène, simplement accompagné d’un autre guitariste et d’un percussionniste.

MELANIE, « Birthday of the Sun »

Aux États-Unis, son pays natal, il faut attendre le festival de Woodstock et son concert du 15 août 1969, afin que pour la première fois dans l’histoire de la pop, le public allume des bougies (ce qui inaugure une tradition). Cela inspire Melanie, et elle écrit la chanson Lay Down (Candles in the Rain), qui est un succès dans toute l’Europe et les États-Unis, en 1970. C’est un hommage au public de Woodstock, une chanson enregistrée avec les Edwin Hawkin Singers.

JOAN BAEZ, «Joe hill»

Figure du folk new-yorkais, fervente militante des droits de l’homme, Joan Baez-enceinte de six mois- est venu, comme à son habitude, occuper la scène de Woodstock en missionnaire. Véritable conscience politique d’une génération, elle vient clôturer la première journée du festival, et terminera son concert à 2 heures du matin. En introduction, elle évoque son mari et écrivain David Harris, en pleine grève de la fin après avoir refusé de partir au Vietnam. Sans Joan Baez, le festival aurait ainsi raté un de ses objectifs, celui de protester contre cette guerre, fossoyeuse de la jeunesse américaine.

Samedi 16 Août

SANTANA, «soul sacrifice»

De tous les invités qui ont eu l’honneur de fouler la scène du Festival, c’est l’un de ceux qui a le mieux incarné, tout au long de sa carrière, les idéaux alors en vogue en cette année 1969. Encore méconnu, Carlos Santana, jeune mexicain qui a donné au groupe son nom, vient d’avoir 22 ans, et son premier album ne sortira qu’une semaine plus tard. Son batteur, Michael Shrieve, a tout juste 20 ans, et va pourtant retourner l’auditoire, dans l’ambiance déjà chaotique du samedi, entre les intempéries, le public dans la boue, et les fans défoncés. Avec son style caracéristique de fusion entre rock, funk, ou encore salsa, précurseur de la World music, le groupe enflamme la scène avec son dernier tube, «Soul Sacrifice».

CREDENCE CLEARWATER REVIVAL « Commotion »

Le 16 août 1969, Creedence clôt sa tournée au festival de Woodstock. Les hasards de la programmation relèguent la prestation du groupe à une heure tardive de la nuit, face à un public disséminé suite à la piètre prestation du Grateful Dead, entre autres perturbée par des problèmes techniques. Lorsque Creedence monte sur scène aux alentours de trois heures du matin, ils doivent faire face à un demi-million de spectateurs endormis.

« Nous étions prêts à envoyer du rock, mais au lieu de ça nous avons attendu et attendu, jusqu’à ce que ce soit à notre tour. Là, ma réaction a été de dire : « Ouah, il faut qu’on suive le groupe qui a endormi un demi-million de personnes! » J’ai joué fort, bougé, crié et au bout de trois chansons, j’ai regardé au-delà des projecteurs et j’ai vu cinq rangées de corps emmêlés, ils dormaient tous. Défoncés et endormis. J’ai regardé ailleurs et j’ai dit: « Bon, nous sommes là pour un bon moment. J’espère que certains d’entre vous aussi… » Je cherchais quelqu’un d’éveillé dans le public, dans ce demi-million de gens amorphes. Tous ceux-là étaient hors jeu. Quoi que je fasse, ils étaient partis. C’était un peu comme une peinture d’une scène de Dante, illustrant des corps en enfer, tous entrelacés et endormis, couverts de boue. Et c’est à cet instant, un moment que je n’oublierai jamais, que j’ai repéré, à quatre cents mètres de moi, dans l’obscurité, de l’autre côté du terrain, un type debout en train de danser. Et dans la nuit, j’ai entendu: « Ne t’inquiète pas John. On est avec toi! » J’ai joué le reste du concert pour ce mec. »

— John Fogerty

JANIS JOPLIN, «ball and chain»

La «Perle», comme on la surnomme, est déjà une star très attendue en cet été 1969. Symbole de l’extravagance et du jusqu’au boutisme des artistes de cette époque, déjà fragile et accro au bourbon et à la drogue dure, la beatnik illumine toutes les scènes qu’elle occupe. Avec son inimitable voix éraillée et son sourire candide, elle chante le blues rock et psyché à la perfection. Quand elle découvre, dans la nuit du samedi au dimanche, l’immense public qui l’attend, elle panique, et ne trouvera le courage d’affronter la foule qu’après de longues heures d’attentes en coulisse, après avoir ingurgité un violent cocktail d’alcool et d’héroïne. Pas de quoi faire de son concert un sommet du genre, mais, émaillé de quelques pépites, ce dernier se termine sur une superbe version de « Ball and Chain». La voix rauque, écorchée, son interprétation ressemble à une lutte avec elle-même, avec un final a cappella inoubliable. Ajoutant son nom à la triste liste naissante des artistes du XXeme siècle morts à l’âge de 27 ans, elle décède l’année suivante, une semaine après jimi Hendrix.

Dimanche 17 Août

JEFFERSON AIRPLANE, «white rabbit»

Initialement prévus pour passer le samedi soir, les californiens ne joueront que le lendemain matin, aux premières lueurs du soleil. A Woodstock, ils sont là pour représenter dignement le courant psychédélique en vogue à San Francisco et sur la côte ouest des Etats-Unis. La prestation est à la hauteur des attentes, et l’ambiance planante du set est renforcée par le manque de sommeil et la fatigue, du groupe comme du public. Le sommet est atteint en fin de concert, avec leur célèbre tube resté dans les mémoires, «White rabbit», un voyage halluciné dans le Pays des Merveilles d’Alice après une prise de drogue. Ces trois minutes ésothériques et planantes sont sublimées par la voix haut perchée, au phrasé subtil, de la chanteuse et compositrice du titre, Grace Slick, grâcieusement baignée sur scène par les premiers rayons du soleil. Sa scansion si particulière inspirera de nombreuses chanteuses dans les années à venir. Le morceau, devenu emblème du psychédélisme, est magnifiquement interprété par un groupe à l’unisson. 

THE WHO, «my generation»

Pour le groupe de rock britannique, déjà très célèbre, Woodstock est une date de plus, certes prestigieuse, dans leur longue tournée mondiale pour promouvoir leur opéra rock «Tommy». Sorti trois mois plus tôt, ce chef d’œuvre signé des précurseurs du psyché ou du punk, qui marque un jalon dans l’histoire du rock, a séduit le public comme les critiques. Adepte de la première heure des cassages de guitare, murs d’enceintes, larsens à la guitare et autres joyeusetés qui feront école dans les groupes de rock et de métal, The Who est déjà un monument de la «British Invasion» aux Etats-Unis. Mais c’est sur scène que ces jeunes surexcités donnent leur plein potentiel, et cette date ne fera pas exception.

JOE COCKER, « With a Little Help from My Friends »

L’Anglais Joe Cocker tourne déjà depuis un certain temps avec son Grease band. S’il est estimé dans le milieu musical, à 25 ans, il lui manque encore le tube qui pourrait lancer sa carrière. C’est chose faite avec sa reprise (il était coutumier du fait) de «With a Little Help from My Friends», des Beatles, qui va enfin faire connaitre cet adepte de blues-rock sur le sol américain. Transporté sur scène avec sa troupe (dont certains furent pris de vomissements d’angoisse devant le nombre de spectateurs) par hélicoptère le dimanche 17 août, il entame sa performance. En fin de concert, les premières notes de clavier du tube des Beatles résonnent. C’est le début de près de huit minutes de pur bonheur, face à un public qui a rarement entendu une telle puissance vocale et qui se gorge de l’énergie du chanteur. Joe Cocker devient une star mondiale. Véritable bête de scène, il imposera sa voix rocailleuse poussée à l’extrême de buveur de whisky, et sa gestuelle inimitable, entre l’air guitare et le pantomime désarticulé. 

Lundi 18 Août

JIMI HENDRIX, «The Star Spangled Banner»

En véritable tête d’affiche, titulaire d’un joli paquet de tubes et déjà intronisé comme un roi de la six cordes électrique, Jimi Hendrix est programmé pour clôturer le festival. Ce dernier a pris du retard, l’icône de la guitare passera donc le lundi, au petit matin, plutôt que le dimanche soir. Seules 30000 personnes sur les 450000 sont encore présentes au Woodstock Music and Art Fair. La performance d’Hendrix, qui s’amuse une fois de plus à gratter les cordes avec ses dents, leur donnera raison. Déjà impressionnant, c’est la deuxième partie de son concert qui le fera entrer encore un peu plus dans la légende. Avec sa fameuse guitare Stratocaster – et une bonne dose de LSD -, il entame en virtuose inimitable une version improvisée et hallucinée du «Star Spangled Banner», l’hymne national, imitant le bruit des bombes des avions B-52 qui sévissent au Vietnâm. Un sacrilège au son rugeux, âpre et métallique.

Il mourra exactement un an et un mois après ce concert mythique.

Les années Peace & Love sont belle et bien terminées. 

CULTURE – Roméo et Juliette

Cette année 2019 est une année Berlioz. Hector est en effet décédé en 1869, il y a donc tout juste 150 ans. C’est donc l’occasion de célébrer un des plus grands artistes français et une figure majeure de la vie musicale française au XIXème siècle.

Vérone

« Roméo et Juliette » Symphonie dramatique avec chœurs

inspirée à Berlioz par la tragédie des amants de Vérone et dédiée à Paganini. À la reconnaissance du compositeur pour le virtuose et mécène italien, et à son admiration éperdue pour Shakespeare, s’allie le souvenir de son séjour, consécutif à l’obtention en 1830 du Prix de Rome, au cours duquel il a eu l’occasion d’entendre, à Florence, l’opéra de Bellini, I Capuleti ed i Montecchi. Dans ses Mémoires, Berlioz note (chapitre 35) :

« je vais donc, après tant de misérables essais lyriques sur ce beau drame, entendre un véritable opéra de Roméo, digne du génie de Shakespeare ! Quel sujet ! Comme tout y est dessiné pour la musique ! ».

Résumé

Avant la rencontre (acte I, sc. 1 – acte I, sc. 4) – La scène est à Vérone, où les familles Montaigu et Capulet ne cessent de s’affronter. Roméo (un Montaigu) confie à son cousin Benvolio et à son ami Mercutio son amour pour Rosaline (une Capulet). Pendant ce temps, Paris demande au chef du clan Capulet la main de sa fille Juliette. Capulet organise une grande fête chez lui pour que sa fille y rencontre son prétendant. Roméo décide de s’y rendre, masqué, avec Mercutio et Benvolio.

Du coup de foudre aux noces (acte I, sc. 5 – acte II). – Roméo croise Juliette. Coup de foudre réciproque. Roméo, ne pouvant se résoudre à s’éloigner, se cache dans le verger des Capulet, et entend Juliette confier son amour à la nuit. Entretien passionné des deux amants. Dès le matin, Roméo se rend chez frère Laurent, qui accepte d’unir le jeune couple dans l’espoir de réconcilier leurs familles ; et dans l’après-midi, Juliette rejoint son bien-aimé au rendez- vous qu’il lui a fixé pour l’épouser.

Le balcon de Juliette à Verona ???

Des noces à la séparation (acte III). – Mercutio rencontre Tybalt, le belliqueux cousin de Juliette ; les deux hommes tirent l’épée. Roméo, en tentant de s’interposer, provoque la mort de Mercutio et tue Tybalt pour venger son ami. Réfugié chez frère Laurent, il apprend qu’il est condamné à l’exil. Il gagnera Mantoue après avoir passé la nuit avec son épouse. Juliette est accablée par la mort de son cousin et le malheur de Roméo ; la voyant si abattue, son père décide de la marier au comte Paris dès le jeudi suivant. Au matin, les amants prennent congé l’un de l’autre. Juliette apprend les intentions de son père : nouvel accès de désespoir et refus, qui provoque la colère sauvage du vieux Capulet.

L’union finale (actes IV et V). – Frère Laurent élabore un plan pour aider les amants. Il confie un narcotique à Juliette qui la fera passer pour morte ; pendant ce temps, Roméo, averti par ses soins, reviendra de Mantoue pour enlever sa femme. Juliette annonce à son père qu’elle consent à épouser Paris : Capulet décide aussitôt d’avancer le mariage de 24 heures. Juliette boit donc le narcotique et est ensevelie dans le caveau familial. – A Mantoue, le serviteur de Roméo, ignorant tout du plan de frère Laurent, lui annonce la mort de Juliette. Roméo, résolu à rejoindre sa bien-aimée dans la mort, se procure du poison et retourne à Vérone. Frère Laurent apprend trop tard que son message n’est jamais parvenu à Roméo. Il se précipite au cimetière, mais arrive trop tard : Roméo, après avoir tué Paris qui l’a surpris auprès du caveau, a déjà bu le poison. Juliette se réveille, découvre le corps de son bien-aimé et se poignarde. Capulet et Montaigu se réconcilient dans un deuil commun.

Roméo et Juliette puise ses origines dans une série d’histoires d’amour tragiques remontant à l’Antiquité, comme le mythe de Pyrame et Thisbé relaté dans les Métamorphoses d’Ovide : comme chez Shakespeare, les parents des deux amants se haïssent, et Pyrame croit à tort sa bien-aimée morte. La pièce présente également des points communs avec les Éphésiaques de Xénophon d’Éphèse, rédigées au IIIe siècle, comme la séparation des amants et la présence d’une potion induisant un sommeil ressemblant à la mort

Dont: en 1957 : West Side Story de Leonard Bernstein (musique) et Arthur Laurents (livret)

Société – Petite Poucette, une fable de Michel Serres -II-

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales

Michel Serres
Au IIe siècle après Jésus-Christ, un évêque du nom de Saint Denis est décapité sur ordre du pouvoir romain. Un « miracle » se produit alors : le supplicié prend sa tête dans ses mains et se met à marcher !
Léon Joseph Florentin Bonnat,1833-1922, Le martyre de Saint-Denis.

– II –

Voilà pour le corps ; voici pour la connaissance.

Leurs ancêtres cultivés avaient, derrière eux, un horizon temporel de quelques milliers d’années, ornées par la préhistoire, les tablettes cunéiformes, la Bible juive, l’Antiquité gréco-latine. Milliardaire désormais, leur horizon temporel remonte à la barrière de Planck, passe par l’accrétion de la planète, l’évolution des espèces, une paléo-anthropologie millionnaire.

N’habitant plus le même temps, ils entrèrent dans une autre histoire.

Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est « mort » et l’image la plus reprise celle des cadavres. Dès l’âge de douze ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de vingt mille meurtres.

Ils sont formatés par la publicité ; comment peut-on leur apprendre que le mot relais, en français s’écrit -ais, alors qu’il est affiché dans toutes les gares -ay ? Comment peut-on leur apprendre le système métrique, quand, le plus bêtement du monde, la SNCF leur fourgue des s’miles ?

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Les enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs. Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque mal payés.

Ils habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois. Ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme leurs ascendants.

Ils n’ont plus la même tête.

Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous habitions un espace métrique, référé par des distances.

Ils n’habitent plus le même espace.

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare de la Seconde Guerre mondiale.

Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde extérieur, ne vit plus dans la même nature ; né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus la même mort, sous soins palliatifs. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.

Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de dactylo.

Ils ne parlent plus la même langue. Depuis Richelieu, l’Académie française publie, à peu près tous les quarante ans, pour référence, le dictionnaire de la nôtre. Aux siècles précédents, la différence entre deux publications s’établissait autour de quatre à cinq mille mots, chiffres à peu près constants ; entre la précédente et la prochaine, elle sera d’environ trente mille.

À ce rythme linguistique, on peut deviner que, dans peu de générations, nos successeurs pourraient se trouver aussi séparés de nous que nous le sommes de l’ancien français de Chrétien de Troyes ou de Joinville. Ce gradient donne une indication quasi photographique des changements majeurs que je décris.

Cette immense différence, qui touche toutes les langues, tient, en partie, à la rupture entre les métiers des années cinquante et ceux d’aujourd’hui. Petite Poucette et son frère ne s’évertueront plus aux mêmes travaux.

La langue a changé, le travail a muté.

Saône-et-Loire – Préservation du bocage

La haie bocagère haute
La Bresse offre des paysages semi-ouverts à l’habitat dispersé et au bocage haut, qui ne présentent que peu de repères, mis à part les horizons lointains du Revermont à l’est et de la côte viticole à l’ouest. Mouthier-en-Bresse

CULTURE – une Diva pour le XXIème siècle

Comment ne pas en être fou ? Chanteuse exceptionnelle, cheffe d’orchestre, danseuse et actrice de premier plan ; inventorier chacune des qualités de Barbara Hannigan serait une gageure. Apparue sur nos scènes il y a une dizaine d’années, l’artiste canadienne est déjà considérée comme une figure culte de l’art lyrique.

Barbara Hannigan
Soprano, chef d’orchestre, égérie contemporaine


Petite fille élevée dans les contrées reculées de la Nouvelle Ecosse, au Canada, Barbara Hannigan, née en 1971, s’est rapidement trouvé une vocation de chanteuse classique, par le truchement des maigres nourritures musicales dont elle disposait alors : quelques compilations, un Messie de Händel, une neuvième de Beethoven. Arrivée au Conservatoire de Toronto, elle découvre son oreille absolue et son inclinaison évidente pour les musiques d’aujourd’hui. Si elle refuse l’étiquette de spécialiste, les plus grands compositeurs ont travaillé avec elle : Ligeti, Dutilleux ou Dusapin, Hosokawa, Benjamin et Saariaho. À l’heure où le grand public vient timidement à la musique contemporaine, Barbara Hannigan serait peut-être en train de devenir le porte parole charismatique des musiciens d’aujourd’hui.

Une diva est, en musique classique, une cantatrice de renom disposant d’une voix exceptionnelle. Ce terme signifie « divine » en latin (divus, diva) et en italien (divo, diva). Un terme proche est celui de Prima donna (lit. « première dame »). À la fin du XIXe siècle, le terme de diva se francise et s’étend au théâtre : Sarah Bernhardt est surnommée « la Divine », tant pour son talent que pour sa beauté. Le terme commence à se recouper avec celui de « vedette » et à être remplacé par ce dernier.

Quelques sopranos qui sont souvent considérées comme étant des divas :

  • Isabella Colbran (1785 – 1845)
  • Adelina Patti (1843 – 1919)
  • Rosa Ponselle (1897 – 1981)
  • Maria Malibran (1808 – 1836)
  • Elisabeth Schwarzkopf (1915 – 2006)
  • Renata Tebaldi (1922 – 2004)
  • Maria Callas (1923 – 1977)
  • Joan Sutherland (1926 – 2010)
  • Christa Ludwig ( 1928 – )
  • Montserrat Caballé (1933 – 2018)
  • Margaret Price (1942 – 2011)
  • Bianca Castafiore ( 1942 – 1983)
  • Kiri Te Kanawa (1944 – )
  • Jessye Norman (1945 – )
  • Edita Gruberova (1946 – )
  • Dame Felicity Lott (1947 – )
  • Barbara Hendricks (1948 – )
  • Renée Fleming (1959 – )
  • Anna Caterina Antonacci (1961 – )
  • Sumi Jo (1962 – )
  • Nathalie Dessay (1965 – )
  • Angela Gheorghiu (1965 – )
  • Cecilia Bartoli (1966 – )
  • Sondra Radvanosky (1969 – )
  • Joyce DiDonato (1969 – )
  • Anna Netrebko (1971 – )
  • Anja Harteros (1972 – )
  • Elīna Garanča (1976 – )
  • Olga Peretyatko (1980 – )
  • Sonia Yoncheva (1981 – )

Les images sont classées selon l’ordre de la liste ci-dessus.

Et Barbara Hannigan une Diva pour le XXIème siècle

‘Sylvie’ de Erik Satie (1886)

« Pelléas et Mélisande » de Claude Debussy (1902)

Pour ce qui est vraisemblablement une prise de rôle, Barbara Hannigan offre à l’œuvre les mille ressources de son talent, ses compétences de danseuse, de contorsionniste pourrait-on dire lorsqu’on la voit mimer le rêve dont elle est l’héroïne, avec des gestes suspendus, d’incroyables mouvements qui donnent l’impression d’assister à la projection d’un film à l’envers, comme dans Orphée ou La Belle et la bête de Cocteau. S’il lui reste par instants une pointe d’accent (comme Mary Garden, du reste), ce n’est là qu’une broutille par rapport à la splendeur théâtrale et musicale de cette incarnation

« Le Rossignol » de Igor Stravinsky (1914)

Les commentaires sur Youtube

  • Barbara Hannigan est le Jan Degaetani du 21ème siècle. Elle peut chanter n’importe quoi! Incroyable!
  • il n’y a pas d’adjectifs pour Barbara: juste INCOMMENSURABILMENTE STRABILIANTE …
  • OH MON DIEU. ce n’est pas de cette planète …
  • Elle est si belle femme.
  • Tout simplement magnifique et tout aussi magnifique que Hannigan et Berlin Phil.
  • Fantastique.
  • Interprétation absolument parfaite
  • Barbara Hannigan est le Jan Degaetani du 21ème siècle. Elle peut chanter n’importe quoi! Incroyable!
  • BARBARA EST JUSTE ABSOLUMENT BRILLANTE 

« Façade » de William Walton » (1923)

En fait, le grotesque de « façade » de Walton, commencé en 1923 et qui s’est poursuivi au cours d’une décennie, est un véritable défi pour un orchestre philharmonique. Les changements infimes de l’humeur de cette musique sensible doivent être bien caractérisés, et pour cela il faut avoir un orateur / chanteur, ou mieux encore une diseuse / chanteuse, ou encore mieux de Barbara Hannigan. La soprano colorature canadienne est l’égérie du moment, quand il s’agit de remettre à plat les difficultés rencontrée par l’interprétation.

Soprano colorature. C’est la voix la plus aiguë, apte à exécuter des aigus très ornés de nombreuses virtuosités. (La soprano colorature chante plus aigu d’une quinte que la soprano léger). 
Elle s’exprime dans le rôle de la Reine de la nuit de La Flûte enchantée et Lucia dans Lucia de Lammermoor par exemple. Crazy Girl Crazy George Gershwin,

« L’album Crazy Girl Crazy » musique de Georges Gershwin (autour de 1920-1930)

On ne compte plus les performances ébouriffantes de Barbara Hannigan. Non contente de se consacrer à la seule création de rôles du répertoire contemporain, ni de reprendre avec brio les joyaux du répertoire du 20e siècle, il lui fallait oser encore un peu plus. Le Web la découvrait ainsi en 2013 cheffe d’orchestre et chanteuse, dans la vidéo maintenant culte de son interprétation des Mystères du Macabre de Ligeti (en tenue SM). La performance fait mouche et la chanteuse réussit son défi : ouvrir les voies de la musique contemporaine au public le plus large. Cette double casquette de cheffe-chanteuse semblant lui plaire de plus en plus, nous la retrouvons  dans son dernier défi en date.

« Lulu » (prononciation : Loulou) d’Alban Berg (1937)

… ceux-là resteront bouche bée à la scène d’ouverture où elle marche sur les pointes, révélée plus qu’habillée par des sous-vêtements (apparemment) translucides, et filant des notes pures comme du cristal. A cette scène d’anthologie succède une présence scénique, un kaléidoscope d’expressions, une incarnation épuisante et fascinante durant 3 heures, de l’ascension sociale à la déchéance finale de l’héroïne. Dans un très beau texte reproduit dans le livret, Barbara Hannigan explique comment le personnage de Lulu a pris possession de son esprit, de son cœur, de son âme, et comment elle a mis près d’un an à s’en remettre.

« Bachianas brasileiras n° 5 » de Villa Lobos (1938)

Le tub des 20 ans du rédacteur!

« Lost in the Stars » de Kurt Weill (1949)

Les commentaires sur Youtube

  • Barbara Hannigan est fantastique !!! Et le Digital Concert Hall est la meilleure invention depuis la roue!
  • Je n’ai jamais su que Rattle était un si bon pianiste! Harrigan est incroyable comme toujours.
  • Belle version. Probablement le meilleur qui soit!
  • moments uniques!

« La Voix humaine » de Francis Poulenc (1958)

Une femme abandonnée ferait-elle aujourd’hui preuve d’une si sotte abnégation ? La silhouette disloquée de Barbara Hannigan redonne aux mots une vérité crue, insoutenable. Les « allos » ravalés par Nabilla au rang d’expression cessent d’être ridicules. Leur brutalité fait froid dans le dos. La prononciation pourtant n’est pas exempte de défaut. La lecture des surtitres s’avère parfois nécessaire. Ce qui d’ordinaire nous parait essentiel s’avère ici secondaire. Le geste et le son prennent valeur de langage. La chair écorchée du timbre évoque Denise Duval, la créatrice du rôle.

« Les Mysteres du Macabre » de György Ligeti. (1977)

Les Mystères du Macabre de Ligeti, partition fétiche de la soprano canadienne, poussent l’engagement scénique et vocal à son comble. Déguisée en écolière mâchant du chewing gum, elle entame avec une facilité déconcertante des vocalises et onomatopées explosives et vertigineuses, parfaitement en place, soutenue par un orchestre et un chef extrêmement complices.

« Correspondances de Henri Dutilleux (2002)

Lui qui pendant très longtemps n’a rien écrit pour la voix livre cette fois une oeuvre où le chant est maître. « Correspondances« , créée en 2003 à Berlin et encore jamais enregistrée, a été révisée plusieurs fois par Henri Dutilleux, qui a notamment écrit une nouvelle fin pour Barbara Hannigan. C’est la soprano canadienne qui interprète l’œuvre dans l’enregistrement fait à l’opéra Bastille en présence de Dutilleux en décembre 2011.

« Passion » de Pascal Dusapin (2008)

… La soprano Barbara Hannigan, à la beauté renversante, est époustouflante. L’aigu est d’une souplesse et d’une facilité confondantes. Il faut une technique en acier pour surmonter de telles épreuves pendant 90 minutes, non stop…

“Written on skin”, de George Benjamin (2012)

Tous les chanteurs sont remarquables, à commencer par la superbe Barbara Hannigan, impressionnante dans le rôle d’Agnès. Si le compositeur George Benjamin affirme avoir voulu donner à sa musique les couleurs d’un manuscrit enluminé, il parvient tout aussi bien à laisser affleurer l’éveil à la sensualité et à la beauté de la jeune femme, parfaitement relayé par une magistrale chanteuse, habitée par le rôle.

Barbara Hannigan dans le rôle d’Agnès parvient à rendre toutes les étapes par lesquelles passe son personnage avec un très large éventail de couleurs, allant de la résignation totale à la révolte la plus violente, et des moyens vocaux illimités qui se révèlent au fil de l’évolution du personnage.

« Let me tell you » de Hans Abrahamsen (2013)

Barbara Hannigan a eu l’excellente idée de commander une œuvre sur mesure, où elle serait Ophélie. Elle s’est pour cela adressée au compositeur danois Hans Abrahamsen, né en 1952, représentant de la « Nouvelle Simplicité », Abrahamsen n’avait jusque-là guère écrit pour la voix. Barbara Hannigan lui a proposé de partir du roman Let me tell you (paru en 2008), pour lequel Paul Griffiths s’était fixé le défi de n’employer que les 481 mots prononcés par Ophélie dans la pièce de Shakespeare. Depuis sa création en décembre 2013, avec le Philharmonique de Berlin dirigé par Andris Nelsons, cette œuvre accumule les succès critiques et les récompenses, en concert comme au disque : Gramophone Award, Diapason d’or, Edison Klassiek, Gravemeyer Award… On a pu l’entendre à Berlin, à New York, à Cleveland ou à Munich.

Le tub d’aujourd’hui du rédacteur!

« Le Silence des Sirènes » de Unsuk Chin (2014)

Le nouveau travail de Chin est viscéral, rapide et palpitant. Elle a été conçue pour garder à l’esprit la sirène d’architecture Barbara Hannigan, qui pourrait facilement détruire une flotte de navires si elle le souhaitait. Elle flotte sur la scène en chantant le texte d’Homère. Cela devient une fugue verbale fragmentée de James Joyce, scintillante comme un point de lumière sur l’eau. L’énergie théâtrale d’Hannigan, sa hauteur sans effort et sa précision surnaturelle font partie d’un ensemble séduisant; et puis il y a un sens de joie et d’émerveillement enfantins dans les explorations soniques de Chin.

« Lessons in Love and Violence » de George Benjamin (2018)

Barbara Hannigan est un peu au monde de l’opéra ce qu’est au cinéma l’actrice britannique Tilda Swinton, qui incarnait la reine Isabelle dans le film de Derek Jarman d’après Marlowe : même goût pour les personnages extrêmes, même volonté de donner le maximum d’elle-même. En dehors de quelques aigus planants et d’un ou deux passages un peu vocalisants, c’est surtout par son jeu théâtral, là aussi, que la soprano canadienne impressionne, tantôt inquiétante et perverse, tantôt bouleversante victime.

« Bérénice » de Michael Jarrell (2018)

En déshabillé rouge, puis bleu, Barbara Hannigan, pour qui le rôle a été écrit, incarne une Bérénice tout à la fois libre, aimante et explosive (elle saute au cou de Titus ou lui envoie ses chaussures en pleine figure), séduisante toujours et émouvante via le timbre même de sa voix. Sa partie est la plus ciselée, Jarrell sollicitant souvent le registre très aigu de sa tessiture. Le chant garde néanmoins sa souplesse et son extraordinaire flexibilité. On ne peut oublier son lamento final, sur la trame flottante d’un orchestre éthéré.

Société – une reconnaissance de mariage champêtre à Montjay

Après les formalités légales de leur mariage aux Pays-Bas , le dix août,

Rogier Adriaan VAN MARLE, fils de Rigo et Diana

et

Lisa Maria NAAFS, fille de Erich et Maria

ont confirmé vouloir se prendre pour époux et ils ont été unis par le mariage.

Societé – Une femme gagne la Transcontinental Race

La course mixte de cyclisme longue distance est partie de Bourgas, en Bulgarie, le 27 juillet. Il a fallu dix jours et un peu plus de deux heures à l’Allemande Fiona Kolbinger pour rallier Brest, en France, et devancer les 264 autres concurrents.

Elle porte le numéro 66 et, sur les images, toujours elle sourit. Fiona Kolbinger peut être contente car, depuis 7h48 mardi matin, l’Allemande de 24 ans est la première femme de l’histoire à passer la ligne d’arrivée de la Transcontinental Race devant tous les concurrents, hommes et femmes confondus.

Il lui a fallu dix jours, deux heures et 48 minutes pour parcourir les 4000 kilomètres qui séparent Bourgas, en Bulgarie, de Brest, en France. Selon les observateurs qui ont suivi les pérégrinations de chaque concurrent grâce aux émissions de leur balise GPS, elle aurait roulé entre 17 et 20 heures par jour, parcouru quotidiennement quelque 350 kilomètres et dormi environ quatre heures par nuit.

«Raviver l’âge d’or du cyclisme»

Cette année sur les rives de la mer Noire, pour la septième édition de la course, ils étaient 265, dont 40 femmes, à prendre le départ en autonomie totale le 27 juillet. La Transcontinental Race a pour ambition de «raviver l’âge d’or du cyclisme, avec les moyens du XXIe siècle». Elle n’impose qu’un point de départ, un point d’arrivée, quatre check-points et quelques tronçons obligatoires, notamment pendant la traversée des Alpes. Sinon, les concurrents sont libres d’emprunter l’itinéraire qui leur sied le mieux pour traverser le continent au plus vite. Il faut donc de l’endurance, mais aussi de la stratégie. Et c’est précisément dans ce domaine que la gagnante a excellé cette année.

Le Timmelsjoch (2474 mètres), dans le Sud-Tyrol à la frontière entre l’Autriche et l’Italie, ainsi que le col du Galibier (2645 mètres) font partie des passages obligés du parcours. Certains ont toutefois choisi de gravir d’autres cols encore en traversant les Alpes. Ce ne fut pas le cas de la cycliste, par ailleurs chercheuse en oncologie. Elle a opté pour la vitesse, avec un itinéraire plus plat le long des lacs suisses. Une tactique que Ben Davies, le concurrent qui la talonnait de près, n’a pas suivi, préférant s’élever régulièrement au risque d’être plus lent. Dossard numéro 10, le Britannique a d’ailleurs rallié Brest dans la soirée de mardi.

Gérer son sommeil

Comme la plupart des participants, l’Allemande a traversé six pays: la Bulgarie, la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Suisse et la France, avec des incursions en Autriche et en Italie. Au-delà de l’effort intense que requiert une course d’ultra-cyclisme, c’est la gestion de la privation de sommeil qui s’avère être le plus grand défi dans ce genre d’épreuve. Lorsque les cyclistes posent pied à terre, c’est normalement pour s’alimenter, prendre soin d’eux et ensuite dormir. Mais, à en croire les réseaux sociaux, Fiona Kolbinger profitait, elle, par moments, de se mettre au piano pour s’adonner à la musique classique, son autre passion.

Meilleure que les autres

A l’issue de sa première expérience d’ultra-distance, Fiona Kolbinger ne croyait toujours pas en sa performance. Elle avouait cependant qu’elle aurait pu avancer encore plus rapidement et dormir moins.

En attendant, sa victoire devant tous les hommes ne laisse pas le public indifférent. Pour mieux comprendre cette performance féminine devant plus de 400 cuisses masculines, certains journalistes de la radio belge RTBF sont allés chercher des explications auprès du corps médical. Il s’avérerait que les représentantes du sexe féminin ont de meilleures prédispositions à l’endurance et métabolisent mieux les graisses. Ce seraient ensuite leurs hormones et leur opiniâtreté plus prononcée qui viendraient agrémenter la recette de ce succès. Mais, au-delà de toute explication anatomique, le constat est plutôt simple: Fiona Kolbinger a juste été meilleure que tous les autres.

Source: Caroline Christinaz

COMITE DES FÊTES – Puy du Fou

100ème anniversaire au Puy du Fou®


Explosion d’émotions fortes !

Du 13 au 15 Mai 2020

1er jour Votre région – Puy du Fou

Départ en matinée en autocar. Autoroute en direction de Bourges. Saumur. Déjeuner libre. Les Epesses. Accueil personnalisé et installation à votre hôtel situé au coeur de la Cité Nocturne, à proximité du Grand Parc. Dîner logement.

2ème jour Puy du Fou – Grand Parc et Orgues de Feu

Remise d’un plan détaillé récapitulant les horaires des spectacles et animations Voyages Girardot » spéciales 100ème anniversaire ». Journée libre au Grand Parc du Puy du Fou.
Le Grand Parc : il y a des mondes et des époques que l’on croyait à jamais disparus. Pourtant, la forêt centenaire du Puy du Fou est devenue leur refuge et l’Histoire continue. Venez percer le mystère de ce lieu hors du temps et vivez une expérience inoubliable chargée en émotions fortes et en grand spectacle pour toute la famille ! Puy du Fou, L’Histoire n’attend que vous !
Déjeuner sous forme de coupons repas pour une totale liberté.
Apéritif  » spécial anniversaire » rien que pour les clients Voyages Girardot dans la cour du château.
Dîner réservé rien que pour les clients Voyages Girardot au Café de la Madelon à deux pas du « Bourg 1900 ». L’équipe voyages Girardot vous souhaite la Bienvenue dans une ambiance chaleureuse de la Belle-Epoque… 
A la tombée de la nuit prenez place et assistez au spectacle nocturne « Les Orgues de Feu rien que pour les clients Voyages Girardot. Sur le vieil étang, dansez avec les musiciens dans une symphonie d’eau et de feu puis assistez au spectacle pyrotechnique « spécial 100ème anniversaire ». Emotions au rendez-vous! Retour à l’hôtel. Logement.

3ème jour Puy du Fou – Votre région

Journée libre au Grand Parc du Puy du Fou. Remise d’un plan détaillé récapitulant les horaires des spectacles. Temps libre sur le Grand Parc pour profiter des spectacles et animations. Déjeuner sous forme de coupon repas. Eh oui, il est déjà l’heure, du retour en soirée dans votre région.

Hôtel aux Iles de Clovis.
Cet hôtel au bord de l’eau entièrement construit sur pilotis en pleine nature vous transporte à l’époque Mérovingienne. 50 huttes bâties sur pilotis, couvertes de toits de chaume et de colombages, ont été éco-conçues pour restituer l’ambiance authentique des villages du 1er millénaire.

Hôtel au Camp du Drap d’Or
Le Camp du Drap d’Or invite ses hôtes à vivre un séjour sur les traces de François 1er et d’Henry VIII d’Angleterre dans une des 100 « logeries » flamboyantes aux armes de chaque couronne.
Lits à baldaquins, colonnes tournées en chêne massif, tapisseries brodées, vasques en métal martelé et salle de bain en céramique dorée offrent un véritable séjour royal

Renseignement dès maintenant auprès de:

Jean-Pierre Bretin 03 85 72 33 65

Emile Chaufray 03 85 72 30 60

  • Un encadrement Voyages Girardot.
  • Un séjour rythmé de moments forts en émotions.
  • Un pass privilégié offert aux 100 premiers inscrits pour accéder aux Grands spectacles, le jour 3.
  • Le logement sur des hôtels privatisés, insolites de la Cité Nocturne du Puy du Fou.
  • Une journée « spécial anniversaire » rien que pour vous avec:
    • L’apéritif dans la cour du château Renaissance.
    • Un dîner de gala.
    • Le spectacle des Orgues de feu privatisé avec un spectacle pyrotechnique.
  • Des surprises au cours de votre séjour.

Promotion du COMITE DES FÊTES de MONTJAY pour

COMITE DES FÊTES – Fête du village

Samedi:

à l’Aube
La déco
Montage des chapiteaux par les Moutchatchous
Sortie de secours ?
Montage du rabat
Pose
La cuisine d’été
Le repas

Rôti de porc, haricots verts et tomate

Le trou

Dimanche, jour J

à l’Aube
Mise en place des tables
Les jeux pour les petits (et grands) enfants
« l’abus d’alcool est dangereux pour la santé »
Montjay s’engage dans la protection de l’environnement
Les coulisses de l’exploit
Et c’est parti !
L’ apéro
L’animation musicale
en solo
et en duo
une fan
Le service
Les cuisses de grenouilles tant attendues
Le rabat
Les vainqueurs 2019

Lundi, jour Z

Toute la journée
19 heures

Un président heureux, merci et à l’année prochaine !

Mairie de MONTJAY – Boulodrome suite

Jeudi 1° Août, des volontaires ont procédé à la pose des bastaings, dans le cadre de la réhabilitation du double boulodrome de la commune.

Galerie d’images

Le repas

Tarte écarlate

Terrine campagnarde au marc de Bourgogne

Fricassée de porc

Gratin dauphinois

Ile rose au thé vert

Et voila le travail!

Gastronomie – Cuisses de grenouilles sautées aux fines herbes

CUISSES DE GRENOUILLES SAUTÉES aux fines herbes

Pour 4 personnes
Ingrédients
  • 800 g de cuisses de grenouilles fraîche pas trop grosses de préférence (environ 7 à 10 bêtes par personnes)
  • 40 g de beurre
  • 2 cuillères à potage de persils et ail, hachés finement

Préparation  

Bien laver a l’eau claire 800 g de cuisses et les éponger.

Les passer légèrement dans la farine au dernier moment comme pour un poisson façon meunière.

Faire fondre dans une ou deux grandes poêles minces sur feu très vif la valeur de 80 g de beurre par portion

Disposer immédiatement les cuisses en remplissant bien la poêle.

Assaisonner suffisamment avec du sel et du poivre.

Des qu’elles commencent a dorer légèrement, les retourner une par une avec une fourchette a rôti. Ralentir la flamme et conduire la cuisson afin qu’elles dorent doucement sans se dessécher et sans que le beurre ne prenne une couleur trop foncée.

Dresser dans un plat à poisson en fonte émaillée très chaud, verser dessus le beurre frais afin d’obtenir une mousse abondante.

Saupoudrer avec les fines herbes et l’ail hachés finement. Servir aussitôt.

Conseil.

La cuisson des grenouilles au beurre est une opération délicate. Évaluer et conduire la cuisson avec beaucoup d’attention. Rajouter un peu de beurre si le beurre de cuisson a tendance à trop colorer. On peut aussi clarifier le beurre avant la cuisson.

  

Source:

LE BAROMÈTRE – La grenouille qui était sourde

L’histoire de la grenouille qui était sourde

Une bande de grenouilles décida d’organiser une course. L’enjeu était d’être la première à arriver tout en haut d’une très grande tour.

Dès que la nouvelle de la course se répandit dans le village, des tas de grenouilles curieuses se rassemblèrent pour voir et soutenir les concurrentes.

Pleines de courage et de motivation, les candidates se placèrent sur la ligne de départ et commencèrent à grimper.

Mais très vite, les villageoises se mirent à faire des commentaires désobligeants : “Elles n’y arriveront jamais !”, “Elles sont bien trop lentes !”

Au bout de quelques minutes, certaines grimpeuses se sentirent démotivées et quittèrent la course. D’autres succombèrent à la fatigue et préférèrent s’asseoir pour regarder celles qui continuaient.

Les commentaires des villageoises reprirent de plus belle : “Pour qui se prennent-elles, si c’était possible, nous l’aurions déjà fait !” dirent certaines. “On n’a jamais vu pareille sottise, les grenouilles ne sont pas faites pour grimper !” dirent d’autres.

Les petites concurrentes malgré leur courage, commencèrent à mesurer les difficultés de leur projet. Elles quittèrent la course l’une après l’autre.

Toutes. Sauf une.

Elle grimpait lentement, sans relâche, tandis qu’autour d’elle les commentaires se faisaient de plus en plus insistants : « Descends, tu n’y arriveras jamais ! ». « Ce que tu es ridicule ! ».

Pourtant, inlassablement, la petite grenouille continua à avancer.

Après un énorme effort, elle finit par gagner le sommet. Toutes se précipitèrent autour d’elle pour savoir comment elle avait fait pour réaliser ce que personne au monde n’avait encore jamais fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander sa recette.

C’est alors qu’elle découvrit que la petite championne était sourde…         

 Auteur inconnu

Ce conte fait partie des histoires que les élèves aiment écouter. Avec cette parabole on comprend qu’une parole peu encourageante voire destructrice envers quelqu’un est susceptible d’avoir un effet négatif. L’enseignement à en tirer est clair : Quand on prend une décision et que l’on souhaite agir, il est préférable de rester sourd aux paroles négatives des uns et des autres. Car le doute peut nous empêcher d’avancer. Les mots entendus ou lus ont un pouvoir incommensurable.