MAIRIE de MONTJAY – CONSEIL MUNICIPAL

Rappel:

Article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales Créé par Loi 96-142 1996-02-21 jorf 24 février 1996

Les séances des conseils municipaux sont publiques.

Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu’il se réunit à huis clos.

Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l’article L. 2121-16, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle.

Source: Légifrance

Société – La sous-préfète visite MONTJAY

Pascaline Boulay, sous-préfète de Louhans, poursuit les visites des communes de l’arrondissement et a été reçue, jeudi 12 après-midi, par des élus de Montjay.

Après une rencontre en mairie, une visite a permis de lui présenter les équipements de la commune (salle des fêtes, hangar communal, local associatif et logements communaux), et des réalisations récentes ou en cours (extension du hangar communal pour création d’un local associatif, réfection du boulodrome, ouverture de 3 chemins ruraux dans le cadre du PDIPR, réfection et transformation de la maison 63 rue du Bourg).

Société – Marie-José et Thibault se sont dit oui !

Vendredi six septembre deux mille dix-neuf à dix-sept heures, Thibault DOUCET et Marie-José HAENNEL, se sont unis par le mariage devant Didier FICHET, Maire, Officier de l’Etat-Civil de la commune de MONTJAY.

Marie S et Jennifer: « La recette du bonheur »
Ammandine et Maud: « Hymne à l’amour »
Timothé J et Vincent: « Les copains d’abord »
Brigitte, Françoise et Didier: « La parole aux parents »
Adeline, Marie S et Marie M: « My beloved one »
Christophe et Julien: « Mots des frangins »
Marie D et Claire:  » Le message de Marie »
Yann and family: « On ira tous chez les DOUCET »
Apothéose

vin d’honneur partagé à la salle des fêtes

LE BAROMETRE – Les cigales bientôt au tribunal ?

Il y a quelque temps un coq a été à l’origine d’un procès initié par un couple de citadins fraîchement installés à la campagne dans un petit village français. Procès très médiatisé, qui a suscité levées de boucliers et force signatures de pétitions en faveur du Sieur Coq répondant au doux prénom de Maurice. Sous les cieux helvétiques, je me souviens d’avoir lu également des situations similaires, mais pour des vaches qui (quelle surprise n’est-ce pas?) avaient commis le crime de meugler, ou pour des cloches qui sonnaient à l’église du village ….

Plus récemment, la Provence et le Périgord ont hésité entre le rire, l’indignation et la consternation devant la demande à une entreprise spécialisée de certains habitants d’une maison de Dordogne d’éliminer purement et simplement les cigales des arbres environnants, par trop bruyantes à leur oreilles urbaines.

Le maire de Le Beausset, dans le Var, a reçu deux plaintes de vacanciers pour le bruit des cigales.

Il pensait d’abord à une blague, mais la demande était bien sérieuse. Dérangés par le chant des cigales, des vacanciers ont demandé au maire de Le Beausset, dans le Var, de traiter les arbres pour s’en débarrasser. Georges Ferrero a même reçu deux plaintes pour faire taire ces insectes emblématiques de la Provence. Dérangés pendant leur apéritif par le bruit incessant des cigales qui couvrait leurs paroles, ces vacanciers ont interpellé le maire, Georges Ferrero. « Il disaient ne pas comprendre les méridionaux qui appellent ce bruit « le chant des cigales », car c’est un bruit de « cra-cra » selon eux », raconte M. Ferrero au micro de RTL. « J’étais choqué. […] Les cigales restent les cigales. » Le maire de Le Beausset a ainsi suggéré à ces passants de partir en vacances dans des régions où ils ne seraient pas dérangés par ces insectes, comme la Bretagne ou le Nord. Malgré l’insistance de ces personnes, dont l’origine n’est pas connue, aucune suite n’a été donnée à leur demande. « Ici, on ne traite pas les arbres avec des pesticides », a rétorqué Georges Ferrero.

Enfin, d’autres ont accusé les abeilles de « souiller » des infrastructures par des dépôts de pollen …

Ces histoires, aussi grotesques qu’affligeantes, nous rappellent que l’opposition ville-campagne qui inspira tant d’écrivains (Maupassant, Balzac, Flaubert, pour ne citer qu’eux) est, pour quelques-uns, plus vivace que jamais.

A toutes les époques, le citadin s’est cru supérieur au campagnard, incarnant (pensait-il fièrement) le progrès, l’essor vers plus de civilisation. Le campagnard, autrefois souvent contraint à l’exode vers les villes pour y chercher du travail, a dû s’adapter (sans protester, lui !) à ces lieux souvent gris, sales, bruyants de cliquetis et de vrombissements de toutes sortes.

Or, certains citadins qui, aujourd’hui, migrent vers la campagne pour une vie plus plaisante, exigent sans vergogne que leur nouvel environnement soit soumis à leur sensibilité, sous prétexte qu’ils n’y sont pas habitués, dans une attitude de colonisateurs conquérants. Ils sont ignorants (et comptent manifestement le rester) de tout ce qui caractérise les territoires ruraux mais trouvent parfaitement normal de vouloir soumettre cet espace à leur seule loi, celle du  prétendu « dominant » qui débarque.

Ce sont les mêmes probablement qui s’extasieront devant des reconstitutions de jardins paradisiaques, artificiels ou virtuels, dans des films ou des parcs d’attractions bétonnés, à la faune et à la flore plastifiées et outrageusement colorées .

Pourtant ils seront bien aise, le moment venu, sur le coup de midi au clocher du village, de manger une bonne salade et des fruits juteux, en buvant un verre de vin ou un frappé au lait de vache ou d’amandes. Comme tout colonisateur, le citadin irascible sait ce qui est bon et compte bien en profiter au maximum.

Mais il n’a toujours pas compris, le pauvre, que son œuf provient d’une poule!

Et Ciel ! c’est sûr, elle va caqueter demain à l’aube! Mais que fait la police?

Source: Véronique Dreyfuss-Pagano

Société – Petite Poucette, une fable de Michel Serres -IV-

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales

Trois questions, par exemple : Que transmettre ? À qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

Que transmettre ? Le savoir !

Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps même du savant, de l’aède ou du griot. Une bibliothèque vivante… voilà le corps enseignant du pédagogue.

Peu à peu, le savoir s’objectiva d’abord dans des rouleaux, vélins ou parchemins, support d’écriture, puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d’imprimerie, enfin, aujourd’hui, sur la toile, support de messages et d’information.

L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

En grec ancien, le mot paedeia ou paideia (παιδεία) signifie « éducation » ou « élevage d’enfant ». Historiquement, il fait référence à un système d’instruction de l’ancienne Athènes dans lequel on enseignait une culture vaste. Étaient enseignées la grammaire, la rhétorique, les mathématiques, la musique, la philosophie, la géographie, l’histoire naturelle et la gymnastique. La paideia désignait alors le processus d’éducation des hommes, une éducation comprise comme modelage ou élévation, par laquelle les étudiants s’élevaient à leur « vraie » forme, celle de l’authentique nature humaine. Selon les Définitions de Platon, la paideia, l’éducation, ce sont les « soins que l’on dispense à l’âme ».

Isocrates, présenté ici dans une copie d’un buste de la Villa Albani à Rome, était l’un des plus grands penseurs de la paideia.

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait.

Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis. Objectivé, certes, mais, de plus, distribué. Non concentré. Nous vivions dans un espace métrique, dis-je, référé à des centres, à des concentrations. Une école, une classe, un campus, un amphi, voilà des concentrations de personnes, étudiants et professeurs, de livres, en bibliothèques, très grande dit-on parfois, d’instruments dans les laboratoires… ce savoir, ces références, ces livres, ces dictionnaires… les voilà distribués partout et, en particulier, chez vous ; mieux, en tous les lieux où vous vous déplacez ; de là étant, vous pouvez toucher vos collègues, vos élèves, où qu’ils passent ; ils vous répondent aisément.

L’ancien espace des concentrations – celui-là même où je parle et où vous m’écoutez, que faisons-nous ici ? – se dilue, se répand ; nous vivons, je viens de le dire, dans un espace de voisinages immédiats, mais, de plus, distributif. – Je pourrai vous parler de chez moi ou d’ailleurs, et vous m’entendriez ailleurs ou chez vous.

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête a muté.

De même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies.

Vers 1454, l’allemand Johannes Gutenberg invente les caractères mobiles. S’inscrivant comme un événement majeur dans l’époque de la Renaissance, son travail marquera un tournant dans l’histoire de l’imprimerie et de l’humanité. Jusqu’alors réservé aux moines, le savoir va alors se diffuser largement et la Bible va laisser place à des écrits d’un genre nouveau : la littérature.

Vers 1454, l’allemand Johannes Gutenberg invente les caractères mobiles. S’inscrivant comme un événement majeur dans l’époque de la Renaissance, son travail marquera un tournant dans l’histoire de l’imprimerie et de l’humanité. Jusqu’alors réservé aux moines, le savoir va alors se diffuser largement et la Bible va laisser place à des écrits d’un genre nouveau : la littérature.

Et, je le répète, elles ne sont qu’une variable quelconque parmi la dizaine ou la vingtaine que j’ai citées ou pourrais énumérer.

Ce changement si décisif de l’enseignement, – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais sans doute le travail, la politique et l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin ; probablement, parce que ceux qui traînent encore dans la transition entre les derniers états n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps évanouis.

Enseignant pendant quarante ans sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia comme les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider.

Oui, nous vivons une période comparable à l’aurore de la paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; comparable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, l’être-au-monde lui-même, les métiers, l’espace et l’habitat.

LE BAROMÈTRE – La promotion politique de l’inculture

Le premier et le plus indispensable des vecteurs d’une culture est la langue. Alors que le français a servi depuis près d’un millénaire de support à une civilisation brillante, sous nos yeux, dans nos oreilles, il se délite et se mue en franglais.

La pression vient évidemment des Etats-Unis, économie dominante, et de son facteur le plus intrusif la numérisation. Et pas la « digitalisation », utilisation erronée de la racine digit qui veut dire nombre en anglais, alors que digital se rapporte aux doigts en français.

Ce n’est qu’un début. Dans le langage le plus courant, le français défi disparait au bénéfice de challenge, prononcé tchallènege, qui peut aussi remplacer compétition ; une occasion devient une opportunité (opportunity) ; le verbe réaliser, qui signifiait originellement se rendre compte, signifie maintenant exécuter (realize) ; impact (heurt) a donné impacter qui ne veut pas dire cogner mais influencer, alors que impact se traduit par encastrer ; alternative, qui voulait dire alternance, choix, est devenu solution de remplacement (alternative), etc…Ces nouvelles acceptions de mots souvent français d’origine (challenge signifiait chicane en vieux français) proviennent de la consanguinité entre les deux langues et ne créent point de tort, sinon de créer un halo d’incertitude sur leur sens.

Mais que dire de « sale » à la place de solde, qui s’affiche sur tant de vitrines en France, en Suisse et même en Italie, et qui est tout simplement grotesque : cela ne dit rien de plus mais cela s’efforce de faire plus chic, moins vulgaire, moins attaché à la bonne affaire recherchée par les gagnepetits. L’abomination des abominations est sans doute « booster », qui se prononce « bouster » et qui ne dit rien de plus que des verbes bien ordinaires comme relancer, augmenter,  promouvoir. Il fait partie de ces mots (boom, booléen, boomerang), comportant un double oo, avalé tout cru dans sa prononciation « ou » anglaise, alors que coopération se prononce légitimement en français avec deux o.

Il est normal et sain qu’une langue évolue, pourvu qu’elle incorpore les apports plutôt que de les laisser flotter comme des parasites : ces mots anglais, prononcés à l’anglaise, donnent l’impression à ceux qui ignorent cette langue qu’ils en possèdent tout de même une teinture. Depuis plus d’un siècle, supporter  comme substantif signifie celui qui soutient : il suffit de l’orthographier comme il se prononce « supporteur » pour l’incorporer, le distinguer du verbe supporter qui signifie soutenir et qui ne pouvait manifestement pas engendrer « souteneur » déjà utilisé dans un tout autre contexte. Si l’on tient absolument à « hacker, qu’au moins on l’écrive hackeur, hackeuse, comme il se prononce, parce que le substitut proposé officiellement fouineur n’a jamais pris. En revanche, email donne le verbe abominable emailer, qui se prononce imayer, alors que les Québecois utilisent depuis 1990 le très beau terme courriel.

L’évolution (souhaitable ou non) de la langue est tellement importante et rapide que d’ores et déjà le français des siècles antérieurs est devenu incompréhensible pour la jeune génération. Il ne sert plus à grand-chose d’organiser des représentations théâtrales de classiques pour les élèves des collèges car que peuvent-ils comprendre à des phrases raciniennes du style.

Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui

la bassesse et la malice

Qu’il ne sent point en lui .

Cette pensée qui se replie sur elle-même leur est devenue étrangère. Ils n’en soupçonnent même plus l’existence et ne peuvent donc concevoir ce qu’ils ne peuvent exprimer. C’est cela qui définit l’inculture, l’incapacité de formuler ce que l’on ressent au point de ne plus le ressentir.

Dans les théâtres, les textes classiques n’ont plus la cote, parce que les troupes savent que les spectateurs ne les comprennent plus. Depuis dix ans, j’ai eu le bonheur exceptionnel de voir un seul Racine, où Etéocle et Polynice paradaient en tenues camouflées en brandissant des mitraillettes. Aucun Claudel, Montherlant, Sartre, Anouilh, Beaumarchais, Marivaux, etc.

Les metteurs en scène sont à ce point imbus de leurs personnes et démunis de culture classique, qu’ils se prennent pour des écrivains et composent eux-mêmes le texte de leurs succédanés de pièces. J’ai subi le sommet de la stupidité avec un prétendu « Roi Lear », joué par un seul comédien d’origine kazakhe dans sa langue maternelle, sous-titrée en français, sans aucun rapport avec le texte de Shakespeare. Comme attraction ultime, il se déshabillait lors de la dernière scène, ce qui est devenu un poncif des mises en scène actuelle. Les « théâtres » dûment subventionnés en viennent à concurrencer les boites de nuit.

Les éditeurs de littérature publient de plus en plus de titres (500 romans pour la rentrée) dont la vente diminue à proportion. Selon une formule célèbre,

« les lecteurs entrent au cimetière, tandis que les illettrés sortent des universités ».

Mémorial de Micha Ullman sur la Bebelplatz à Berlin, une chambre souterraine meublée d’étagères vides

Il existe une origine politique à cette promotion de l’inculture. Pour les partis extrémistes, la masse inculte constitue une réserve de recrutement. Ainsi, j’ai surpris l’aveu d’une personnalité dont le parti contrôle l’enseignement obligatoire : « Le véritable but de l’enseignement n’est pas d’apprendre, mais de socialiser ». Moins les élèves en savent, plus ils sont malléables. Et c’est bien juste que la culture classique apprenne à se déterminer par la réflexion personnelle et non par le formatage à des slogans. La promotion de l’inculture explique donc le présent désamour de la démocratie, qui entraine tant de pays européens vers des formes de dictature. Il faut se souvenir des autodafés de livres par les nazis et de l’interdiction de publier les meilleurs écrivains en Union Soviétique. La promotion de l’inculture et le mépris de la langue procèdent de la même volonté.

Source: Jacques Neyrinck d’origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse.

Histoire – Triste anniversaire

1er septembre 1939 La Wehrmacht envahit la Pologne

L’armée allemande franchit la frontière polonaise le 1er septembre 1939 sur ordre de Hitler. Pour l’opinion mondiale, il ne fait guère de doute que cette agression sans déclaration de guerre préalable marque le début de la Seconde Guerre mondiale.
Allemands détruisant un poste frontière à Sopot en septembre 1939

La montée des tensions

Hitler a brutalement occupé Prague et annexé la Bohême-Moravie le 15 mars 1939, peu après les accords de Munich. 

Fort de ses premiers succès sur la scène internationale, il a aussitôt commencé à émettre des revendications sur Dantzig (Gdansk en polonais), dont la population est majoritairement allemande. Il s’agit d’une « ville libre » instaurée par le traité de Versailles de 1919 pour ménager à la Pologne un accès portuaire sur la mer Baltique. À côté de Dantzig, la Pologne bénéficie aussi d’un étroit « corridor » qui lui offre une ouverture directe sur la mer et à l’extrémité duquel elle a créé le port de Gdynia. Ce corridor a l’inconvénient de séparer la Prusse orientale (et Dantzig) du reste de l’Allemagne.

Mais pour Londres comme pour Paris, il n’est plus question de reculer face à Hitler comme à Munich à propos de la question sudète. Qu’à cela ne tienne, le 27 avril, Hitler adresse un mémorandum à la Pologne par lequel il réclame la cession de Dantzig et des droits d’extraterritorialité à travers le « corridor de Dantzig ».

La « guerre éclair »

L’affaire s’enlise jusqu’à la fin de l’été 1939. Enfin, le Führer prend prétexte d’une prétendue attaque polonaise survenue dans la nuit sur la frontière orientale de l’Allemagne pour attaquer son voisin sans s’embarrasser d’une déclaration de guerre. En fait d’attaque, il s’agit d’une macabre machination montée par l’armée allemande avec des cadavres de détenus revêtus d’uniformes polonais.

L’Angleterre se résigne à déclarer la guerre à l’Allemagne le 3 septembre après avoir jusqu’au dernier moment espéré une paix de compromis. La France agit de même cinq heures après et lance une dérisoire offensive sur quelques kilomètres en Sarre. Mais pendant les mois qui suivent, les deux alliés restent l’arme au pied, derrière la ligne Maginot, un ensemble de fortifications qui protègent la France sur sa frontière avec l’Allemagne. C’est la « drôle de guerre »

Pendant ce temps, les bombardiers allemands clouent au sol l’aviation polonaise et détruisent les infrastructures, ponts, casernes et gares, entravant ainsi la mobilisation de l’armée polonaise, réputée être la cinquième d’Europe. La moitié de ses 42 divisions sont empêchées d’atteindre le front !

Présumant de ses forces, le maréchal Rydz-Smigly, inspecteur général de l’armée polonaise, concentre ses troupes à l’entrée du corridor de Dantzig en vue d’une marche sur Berlin ! Il escompte qu’à la frontière nord et sud, les marais et les crêtes suffiront à arrêter les troupes allemandes.

Or, c’est précisément à ces endroits-là que la Wehrmacht va porter ses efforts en s’appuyant sur ses divisions blindées, les fameuses Panzerdivisionen. Par une percée au nord à partir de la Prusse orientale et au sud à partir de la Slovaquie et de la Silésie, elle prend l’armée polonaise en tenaille…

Le coup de grâce

Dès le 14 septembre 1939, la IIIe armée allemande de von Küchler, venue du nord, rejoint à l’est de Varsovie la Xe armée de von Reichenau venue de Silésie. La capitale polonaise est dès lors assiégée. Le sort de la guerre est joué.

Trois jours plus tard, l’Armée rouge de Staline s’invite au festin sans s’embarrasser non plus d’une déclaration de guerre. Elle pénètre en Pologne orientale en vertu du pacte de non-agression conclu avec Hitler le 24 août précédent et qui prévoit un partage du malheureux pays. Le gouvernement polonais se réfugie en Roumanie et Varsovie capitule le 27 septembre après une courte mais héroïque résistance…

La guerre devient générale

Dans la foulée de leur victoire sur la Pologne, Hitler attaque le Danemark et la Norvège et Staline la Finlande. En dépit d’une résistance héroïque, cette dernière doit finalement se soumettre comme les autres pays et signer un armistice le 12 mars 1940. Déçus par la Finlande, les Français et les Anglais le sont aussi par la Norvège. Dans ce pays, leur corps expéditionnaire doit en mars 1940 se replier en catastrophe et laisser aux nazis le contrôle du pays ainsi que l’accès aux très riches mines de fer de Suède.

Ces premiers échecs causent la chute des deux chefs de gouvernement temporisateurs, qui furent aussi les signataires des accords de Munich. Le Français Édouard Daladier est remplacé par Paul Reynaud le 21 mars. Une semaine plus tard, celui-ci signe avec le Premier ministre britannique Neville Chamberlain un engagement mutuel à ne pas conclure d’armistice ou de traité de paix séparé.

Le 10 mai 1940, le Führer met fin à la « drôle de guerre » sur le front occidental en envahissant la Belgique. Le même jour, en soirée, Winston Churchill succède à Chamberlain au 10, Downing Street avec la ferme volonté de résister au nazisme et de le vaincre…

Source: André Larané

CULTURE – Enluminure

MINIATURES DE POL DE LIMBOURG ET JEAN COLOMBE DU CALENDRIER DES « TRÈS RICHES HEURES DU DUC DE BERRY »

Musée Condé, Chantilly

Photographiées sur le manuscrit original par M. André POPULU, du Service Photographique de la Bibliothèque Nationale.

Les Très Riches Heures du Duc de Berry représente le livre des heures, tel qu’il a existé dans la plus pure tradition médiévale. Il s’agissait en fait d’une collection de textes pour chaque heure liturgique de la journée -d’où le nom de cette œuvre-, qui incluait également des textes et écrits supplémentaires. Calendriers, prières, psaumes et messes y étaient d’ailleurs fréquemment inclus.
Les Très Riches Heures est une pièce absolument unique et merveilleuse, archétype véritable de l’Art Gothique. C’est une des premières fois dans l’histoire artistique, que le calendrier sert de base à un ornement et à un raffinement aussi poussé dans les détails. Les miniatures sont remarquables dans leur disposition dans l’enluminure, ce qui laisse penser, d’après le style, que l’un des auteurs de ces enluminures avait visité l’Italie, tout en donnant une place importante aux peintures descriptives des paysages du Nord.
Les images que nous avons mises sur ce site internet sont issues de la partie qui concerne le calendrier des Très Riches Heures. Les douzes enluminures ont été peintes entre 1412 et 1416, et constituent indiscutablement un chef œuvre de la culture française du Moyen-âge. En terme d’importance culturelle ou historique, on pourrait sans doute comparer les Très Riches Heures au chef d’œuvre de Leonardo Da Vinci, La Joconde, représentant ainsi un travail d’enluminure tout à fait exceptionnel.

SEPTEMBRE

Le Château de Saumur – La vendange.

Le château est peint avec une exactitude minutieuse : ce qui en subsiste le prouve et nous donne toute confiance dans la reproduction par les Limbourg, d’autres monuments disparus au cours des âges. Une rangée de fleurs de lys couronne les tours et les créneaux des courtines et ce sont aussi des fleurs de lys que s’élancent les hautes girouettes. A gauche, une énorme cheminée pyramidale indique l’emplacement des cuisines.

Des vendangeurs cueillent le raisin du cru célèbre de Saumur.

CULTURE – Lady Netrebko, prima donna assoluta !

Macbeth, un manifeste théâtral de William Shakespeare

Le Chandos reconnaissable à la boucle d’oreille en or.

Ce portrait est attribué à John Taylor et daté d’environ 1610. En 2006, la National Portrait Gallery publia un rapport où Tarnya Cooper, conservatrice des collections du XVIe siècle à la National Portrait Gallery, disait que c’était la seule peinture qui pouvait vraiment passer pour avoir été faite du vivant de Shakespeare (Le portrait Cobbe n’avait pas encore été découvert, mais Cooper a confirmé son opinion depuis). Le nom du portrait découle du fait qu’il a jadis appartenu au duc de Chandos

Macbeth est une tragédie de William Shakespeare, écrite en 1605 et publiée en 1623. Le sujet est inspiré d’un personnage réel – Macbeth, roi d’Écosse – mais la tragédie, quant à elle, est complètement fictive et n’a pas grand chose à voir avec la vie et le règne du roi picte, qui régna en Écosse de 1040 à 1057.

Lady Macbeth est considérée par beaucoup comme l’un des rôles les plus difficiles pour une femme dans le théâtre occidental. Elle devient folle en raison de sa participation au meurtre du roi, et meurt hors de scène à l’acte final.

Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu’il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s’empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie…

Les perversions du pouvoir : Macbeth, opera de Giuseppe Verdi

Macbeth appartient à cette période de création intense que Giuseppe Verdi a lui-même appelée « ses années de galère ». Après le formidable succès de Nabucco en 1842, le maestro va créer seize opéras en dix ans, travaillant sans relâche pour satisfaire les nombreuses commandes des directeurs d’opéra, désireux de répondre aux attentes d’un public enthousiaste. Au milieu de cette abondante production où se côtoient des œuvres de qualité très inégale, Macbeth occupe une place tout à fait privilégiée : c’est un des projets les plus audacieux du maestro qui se lance pour la première fois dans l’adaptation d’un drame de William Shakespeare, ce fameux Macbeth, qu’il considère comme « une des plus grandes créations de l’homme ».

Comme dans la plupart de ses opéras, ce sont donc les choix et les intuitions  de Giuseppe Verdi qui façonnent le livret de Macbeth. L’action est resserrée, le nombre de personnages est considérablement réduit et l’attention se concentre sur Macbeth et Lady Macbeth dont le parcours criminel s’apparente à une inéluctable descente aux enfers. Giuseppe Verdi veut atteindre l’épure d’une tragédie en retenant ce qui lui semble essentiel : il réduit le récit au projet criminel et à son exécution qui s’accompagne des horribles tourments du remords. La soif de pouvoir conduit à la résolution de tuer et, le crime accompli, à la déchéance morale et à la folie.

Les contemporains de la première sous la direction du Maestro Giuseppe Verdi lui-même, (Scala 1847), s’étaient montrés choqués par l’âpreté sur expressive des airs de la monstresse, comme l’absence concertée de tout duo d’amour. Mais c’est que Giuseppe Verdi connaît et aime son Shakespeare jusqu’au bout des ongles : pas une seconde ni une mesure qui ne soit taillée à vif dans l’écoulement d’un tragique sans dilution. La coupe, l’architecture de ce Macbeth foudroie littéralement le spectateur, et jamais après lui, Giuseppe Verdi n’aura à ce point mieux exprimer la laideur cynique d’un couple d’ambitieux politique, devenus dictateurs. Mais aussi fracassante est la chute que l’ascension est fulgurante. Monter pour mieux redescendre…

Lady Netrebko, prima donna assoluta

Dès les premières représentations (mi ocotobre 2014) et malgré les mises en garde de ses proches, Anna Netrebko s’empare du rôle dont elle exprime toutes les facettes avec cette intelligence émotionnelle qui a fait la réussite de ses rôles antérieur sans un doute outre la beauté d’une voix corsée et suprêmement sensuelle, la chanteuse sait aussi construire un personnage sur la durée, révélant dans leur finesse singulière, le portrait d’une femme, dévoilant une intelligence psychologique qui se révèle passionnante au disque comme sur scène. Avec des moyens vocaux moins impressionnants que certaines autres cantatrices familières du personnage verdien, Anna Netrebko éclaire la noirceur de Lady Macbeth avec une épaisseur rare, finement caractérisée. Sa plasticité naturelle tend à basculer la réalisation new yorkaise vers le cinéma. Sous l’œil des caméras, la formidable photogénie de l’actrice chanteuse perce l’écran et la propulse au rang de ‘prima donna assoluta’: superstar incontestée.

D’emblée, ce qui fait la valeur de cette nouvelle production new-yorkaise, c’est le splendide couple vocal doué de tout le tempérament nécessaire pour brosser le portrait du duo criminel halluciné, assoiffé de pouvoir et qui se délecte véritablement du sang qu’il verse : Macbeth feint une fausse retenue (que sa femme tient pour lâcheté : elle le dit à plusieurs reprises au point que l’on doute qu’elle l’aime vraiment) ; Lady Macbeth, elle est à chaque nouveau défi, gorgée de haine arrogante.

Dernière représentation cette nuit du Macbeth de Giuseppe Verdi au Metropolitan Opera de New York qui aura vu triompher une fois encore la Lady Macbeth d’ Anna Netrebko, en blonde incendiaire qui incarne une Lady Macbeth d’anthologie autant pour la voix que pour le jeu d’actrice, allant jusqu’à égaler voire dépasser dans le rôle l’immense Shirley Verrett. . La soprano est époustouflante dans un rôle dont elle maitrise tant les codes belcantistes, que l’amplitude de la tessiture ou les accents voulus par Giuseppe Verdi : trilles et vocalises du brindisi, souffle dans son air d’entrée et toujours cette opulence du timbre qu’elle utilise ainsi à merveille pour incarner la noirceur du personnage…

On en redemande ! 

Et si parmi nos lecteurs il y a des intéressé(e) la rédaction se fait un réel plaisir de les inviter à une projection complète (145 min.) Hors apéro !