Le Duc de Berry à table.

Le Duc d’Aumale a décrit cette miniature dans les termes suivants :
« Le Duc de Berry est assis, suivant la tradition, le dos au feu, le ventre à table ; il est coiffé d’un bonnet de fourrure ; sa robe est longue et bleue, fourrée et brodée d’or. Le dais qui abrite sa tête est d’étoffe rouge, chargé d’écussons semés de France.à la bordure engrelée de gueules et parsemé d’ours et de cygnes blessés (souvenir d’une dame, dit-on URSINE). Armes et emblèmes sont répétés dans la bordures des tapisseries qui décorent la salle et qui présentent, elles-mêmes, des tableaux complets, sujets de guerre traités avec le plus grand soin, château-fort, rencontres d’hommes d’armes à cheval ou à pied, boucliers et bannières armoriés, etc… Au premier plan, écuyers tranchants, valets du gobelet, lévriers. Tous les costumes sont pittoresques et l’harmonie des couleurs charmante. Au bout de l’estrade où siège le Duc, un personnage qu’à son manteau rouge et son costume ecclésiastique on prendrait pour un cardinal, s’assoit humblement et semble remercier le prince de l’honneur qui lui est fait. Cette figure très étudiée et pleine d’expression, est certainement un portrait qui fait pendant à celui du Duc. Est-ce à ce prêtre, pèlerin ou cardinal, que s’adresse le chambellan qui, se promenant avec sa chaîne et son bâton d’office, jette ces mots écrits : « Approche, approche » ? Encore une figure qui peut bien être peinte d’après nature. Au second plan, des seigneurs ou écuyers se chauffent au feu qui pétille dans une cheminée de pierre et se protègent contre son ardeur en tournant la tête et en étendant les bras. Un écran circulaire en jonc abrite le dos du duc ».

Comme complément à ces indications, il y aurait encore tout un ample commentaire à consacrer à cette page très vivante, nous montrant de si nombreux personnages et où l’image du Duc de Berry est un portrait pris sur le vif, dont nous sommes à même de contrôler l’absolue ressemblance.

Parmi les acteurs de la scène figurent, sur le devant, têtes nues, en habits d’intérieur, des serviteurs du duc, tels que deux écuyers tranchants vus de dos, l’un en robe verte damassée, l’autre en costume mi-partie de deux tons verdâtres, un échanson habillé de bleu, et, près du bout de la table, occupé à tailler des parts, un panetier en surtout rouge recouvrant un vêtement noir. Echanson et panetier portent des feuilles d’oranger brodées sur leurs habits. Les branches d’oranger constituaient un des emblèmes des livrées de la Maison Ducale. On en voit aussi sur le dais qui surmonte la cheminée, où elles accompagnent les armoiries, les ours et les cygnes.

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