Historique

De l’époque romaine au Haut-Moyen-Âge :

Au IIème siècle, St Valérien, qui a fui les persécutions de chrétiens à Lyon, évangélise les habitants de Tournus. Il est décapité en 178

Saint Valérien Martyr à Tournus en Bourgogne (✝ 178)

Il avait été arrêté lors de la persécution qui décima l’Église de Lyon au temps de l’évêque saint Pothin. Il réussit à s’enfuir et s’installa à Tournus où se trouvaient de grands entrepôts marchands. Il s’y bâtit une simple cabane et rencontrait tous ces gens venant de contrées lointaines pour le négoce. Il leur parlait de Jésus-Christ. Découvert, il est à nouveau arrêté et amené devant le juge qui avait condamné les martyrs de Lyon et qui était alors à Tournus. Torturé par des ongles de fer, saint Valérien fut ensuite décapité.

Inhumé à l’emplacement actuel de la crypte. Un oratoire est érigé à l’emplacement de son tombeau au IVème siècle.

Au VIème siècle, Gontran, roi de Bourgogne, y crée un monastère.

Saint Gontran (545-592),

est un petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Il fut, à 16 ans, roi d’Orléans, de Bourgogne, du Berry. Il connut cette époque féroce et cruelle où la reine Frédégonde fit assassiner sa sœur, son beau-frère, son mari et l’évêque Prétextat… Clotaire II faisait périr Brunehaut, reine d’Austrasie, en l’attachant à un cheval au galop. Gontran lui-même fit bien quelques écarts dans la fidélité conjugale, il répudia sa femme, crime qu’il ajoutait à bien d’autres… Et puis, soudain, le roi se convertit, il se mit à pleurer ses péchés pendant le reste de sa vie, et racheta ses fautes par ses grandes libéralités envers les pauvres, lesquels le surnommèrent alors « le bon roi Gontran » ! Ce dernier essaya toujours de réconcilier ses frères et fit fonder de nombreux monastères. Vers la fin de sa vie, il choisi d’entrer au monastère Saint-Marcel à Chalon-sur-Saône. Peu après sa mort, il fut proclamé saint par son peuple. On le fête chaque année le 28 mars…

Sept siècles après le martyre de Valérien, en 875, l’abbaye, ses dépendances ainsi que la ville de Tournus et son castrum sont donnés par l’empereur Charles II le Chauve à la communauté des moines de Nourmoutier. En effet, ces moines qui gardaient les reliques de St Philibert (ou Filibert), fondateur du monastère de Noirmoutier, ont été obligés de fuir les attaques viking et sont venus se réfugier à Tournus avec les reliques du saint. La date du 19 avril 875 est donc retenue comme étant celle de la fondation de l’abbaye.

Charles II dit « le Chauve »

, né le 13 juin 823 à Francfort-sur-le-Main – mort le 6 octobre 877 à Avrieux, est un des petits-fils de Charlemagne qui se partagent l’Empire en 843. Roi d’Aquitaine durant le règne de son père Louis le Pieux, il est roi de Francie occidentale de 843 à 877 et est couronné empereur d’Occident en 875.

Saint Philibert ou Philbert Abbé à Noirmoutier (✝ 685)

collection privée - Saint Philbert co-patron avec Saint Ismier de la paroisse Saint Martin du Manival 38330

ou saint Filibert, abbé de Jumièges en Normandie, puis de Noirmoutier en Vendée.
Il avait quitté la cour du roi Dagobert pour se faire moine d’abord à Rebais dans la Brie française. Plus tard il fonda un monastère à Jumièges près de Rouen. Quand il apprit que Ebroïn, le maire du palais, avait fait assassiner saint Léger d’Autun, il alla reprocher son crime au maire de Neustrie. Ebroïn chargea saint Ouen de le faire disparaître. L’évêque de Rouen obéit, le fit emprisonner, mais la captivité fut douce et dura peu, car Ebroïn fut assassiné à son tour.
Saint Philibert remercia saint Ouen de son hospitalité, l’assura de sa parfaite amitié et prit le chemin du monastère de Noirmoutier.
Lors des invasions normandes, ses reliques furent transportées à Tournus en Bourgogne, où lui fut bâtie une magnifique abbatiale.

En 937, les bâtiments sont endommagés lors des invasions hongroises.

Au Moyen-Âge :

La (re)construction de l’abbaye débute à la fin du premier millénaire et se poursuivra jusqu’au XIIème siècle.

Après quelques dissensions entre la communauté de Valérien et celle de Philibert, les deux communautés fusionnent : en 979, les reliques de St Valérien sont déposées dans la crypte, tandis que celles de St Philibert seront placées dans le chœur de l’abbaye. Désormais, c’est principalement St Philibert qui sera vénéré à Tournus, même si Philibert et Valérien sont les deux patrons de la nouvelle église, achevée à la fin du millénaire.


Les statues des deux saint patrons de l’église se dressaient jadis entre les fenêtres du clocher —»»»
À gauche, Philibert portant la crosse et bénissant. À droite, Valérien tenant le livre de la Parole et la palme du martyre.

Au tout début du XIème siècle, un incendie oblige à reprendre une partie de la construction. Le chevet, les cinq chapelles rayonnantes et le transept avec absides semi-circulaires, datent de cette époque.

Le chœur de l’église est consacré en 1019.

La construction de l’avant-nef (narthex) et de la chapelle St-Michel est ensuite entreprise, puis celle des voûtes de la nef centrale (celle-ci étant auparavant couverte d’une simple couverture en bois).

L’église abbatiale est définitivement consacrée en 1120. Deux tours, une sur la croisée et l’autre au nord de la façade, sont ensuite ajoutées. Les bâtiments conventuels (cellier, réfectoire, salle capitulaire) datent également des XIème et XIIème siècles. D’autres chapelles sont construites aux XIVème et XVème siècle, ainsi que l’actuel palais abbatial.

Ainsi, l’église abbatiale, le cloître, la salle capitulaire, le réfectoire et le cellier constituent

le seul ensemble monastique roman du XIIème siècle conservé dans le monde.

Après le Moyen-Âge :

En 1627, l’abbatiale devient collégiale (elle accueille des chanoines). Donnée à la vie civile à la Révolution, elle sera rétablie comme église paroissiale en 1802.

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