Cette année 2019 est une année Berlioz. Hector est en effet décédé en 1869, il y a donc tout juste 150 ans. C’est donc l’occasion de célébrer un des plus grands artistes français et une figure majeure de la vie musicale française au XIXème siècle.

Vérone

« Roméo et Juliette » Symphonie dramatique avec chœurs

inspirée à Berlioz par la tragédie des amants de Vérone et dédiée à Paganini. À la reconnaissance du compositeur pour le virtuose et mécène italien, et à son admiration éperdue pour Shakespeare, s’allie le souvenir de son séjour, consécutif à l’obtention en 1830 du Prix de Rome, au cours duquel il a eu l’occasion d’entendre, à Florence, l’opéra de Bellini, I Capuleti ed i Montecchi. Dans ses Mémoires, Berlioz note (chapitre 35) :

« je vais donc, après tant de misérables essais lyriques sur ce beau drame, entendre un véritable opéra de Roméo, digne du génie de Shakespeare ! Quel sujet ! Comme tout y est dessiné pour la musique ! ».

Résumé

Avant la rencontre (acte I, sc. 1 – acte I, sc. 4) – La scène est à Vérone, où les familles Montaigu et Capulet ne cessent de s’affronter. Roméo (un Montaigu) confie à son cousin Benvolio et à son ami Mercutio son amour pour Rosaline (une Capulet). Pendant ce temps, Paris demande au chef du clan Capulet la main de sa fille Juliette. Capulet organise une grande fête chez lui pour que sa fille y rencontre son prétendant. Roméo décide de s’y rendre, masqué, avec Mercutio et Benvolio.

Du coup de foudre aux noces (acte I, sc. 5 – acte II). – Roméo croise Juliette. Coup de foudre réciproque. Roméo, ne pouvant se résoudre à s’éloigner, se cache dans le verger des Capulet, et entend Juliette confier son amour à la nuit. Entretien passionné des deux amants. Dès le matin, Roméo se rend chez frère Laurent, qui accepte d’unir le jeune couple dans l’espoir de réconcilier leurs familles ; et dans l’après-midi, Juliette rejoint son bien-aimé au rendez- vous qu’il lui a fixé pour l’épouser.

Le balcon de Juliette à Verona ???

Des noces à la séparation (acte III). – Mercutio rencontre Tybalt, le belliqueux cousin de Juliette ; les deux hommes tirent l’épée. Roméo, en tentant de s’interposer, provoque la mort de Mercutio et tue Tybalt pour venger son ami. Réfugié chez frère Laurent, il apprend qu’il est condamné à l’exil. Il gagnera Mantoue après avoir passé la nuit avec son épouse. Juliette est accablée par la mort de son cousin et le malheur de Roméo ; la voyant si abattue, son père décide de la marier au comte Paris dès le jeudi suivant. Au matin, les amants prennent congé l’un de l’autre. Juliette apprend les intentions de son père : nouvel accès de désespoir et refus, qui provoque la colère sauvage du vieux Capulet.

L’union finale (actes IV et V). – Frère Laurent élabore un plan pour aider les amants. Il confie un narcotique à Juliette qui la fera passer pour morte ; pendant ce temps, Roméo, averti par ses soins, reviendra de Mantoue pour enlever sa femme. Juliette annonce à son père qu’elle consent à épouser Paris : Capulet décide aussitôt d’avancer le mariage de 24 heures. Juliette boit donc le narcotique et est ensevelie dans le caveau familial. – A Mantoue, le serviteur de Roméo, ignorant tout du plan de frère Laurent, lui annonce la mort de Juliette. Roméo, résolu à rejoindre sa bien-aimée dans la mort, se procure du poison et retourne à Vérone. Frère Laurent apprend trop tard que son message n’est jamais parvenu à Roméo. Il se précipite au cimetière, mais arrive trop tard : Roméo, après avoir tué Paris qui l’a surpris auprès du caveau, a déjà bu le poison. Juliette se réveille, découvre le corps de son bien-aimé et se poignarde. Capulet et Montaigu se réconcilient dans un deuil commun.

Roméo et Juliette puise ses origines dans une série d’histoires d’amour tragiques remontant à l’Antiquité, comme le mythe de Pyrame et Thisbé relaté dans les Métamorphoses d’Ovide : comme chez Shakespeare, les parents des deux amants se haïssent, et Pyrame croit à tort sa bien-aimée morte. La pièce présente également des points communs avec les Éphésiaques de Xénophon d’Éphèse, rédigées au IIIe siècle, comme la séparation des amants et la présence d’une potion induisant un sommeil ressemblant à la mort

Dont: en 1957 : West Side Story de Leonard Bernstein (musique) et Arthur Laurents (livret)

Laisser un commentaire