22 août 1864

Le 22 août 1864, douze États signent la Convention de Genève et mettent en place la Croix-Rouge à l’initiative d’un homme d’affaires et philanthrope genevois, Henri Dunant.

Henri Dunant
( 8 mai 1828 – 30 octobre 1910)

Biographie Henri Dunant

Philanthrope suisse. Né le 8 mai 1828 à Genève, Henry Dunant voue son temps aux pauvres et aux infirmes. Fondateur de la « Réunion du jeudi » (dont le but est le partage d’un idéal de foi entre jeunes), puis de l’ « Union de Genève » qui devient l’Union chrétienne de jeunes gens » (UCJG) en 1852, le jeune Henry fait déjà preuve d’une rare conviction dans l’action charitable. Il recrute des adhérents, organise des conférences, ouvre un club de lecture et ne tarde pas à étendre son réseau de contacts dans toute l’Europe.

Parallèlement, le jeune homme poursuit ses écoles et notamment au collège Calvin non sans quelques soucis. Piètre collégien, il est placé en 1849 en apprentissage chez les banquiers MM. Paul-Elysée Lullin et François-Auguste Sautter de Beauregard.

Devenu commis, il entre en 1853 au service de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif en Algérie où il fait ses premières armes. Ses initiatives – construction de villages, paiement des ouvriers, etc – illustrent à nouveau son engagement et sa créativité.


Conquis par l’Algérie et la Tunisie que ses voyages lui font découvrir, Henry Dunant acquiert en concession dans la province de Constantine une terre qu’il met en valeur dès 1858 en construisant des moulins à blé, en irriguant les terres et en les cultivant. Cependant la Société des moulins du Mons-Djémila sera quelque peu mise en péril par l’administration française qui tarde à lui octroyer l’autorisation d’exploiter la chute d’eau nécessaire au bon fonctionnement des moulins. Henry Dunant décide donc d’obtenir une audience auprès de l’empereur des Français, Napoléon III. C’est ainsi qu’il rejoint l’Italie du nord où l’empereur des Français conduit, avec son allié le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II, ses troupes contre l’Autriche.

À l’occasion de ce voyage, Henri Dunant visite en juin 1859 le champ de bataille de Solferino. Ce banquier genevois de 31 ans s’indigne alors du sort fait aux blessés et organise de premiers secours.

De retour à Genève, il lance un appel à l’opinion européenne dans un livre intitulé : Un souvenir de Solferino. Lui-même s’entretient avec l’empereur Napoléon III.

Avec quatre amis genevois, il crée le 17 juillet 1863 une organisation internationale et neutre destinée à secourir les victimes de guerre, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Son nom lui vient de son symbole, le drapeau de la Suisse inversé, soit une croix rouge sur fond blanc.

Le comité réunit le 26 octobre 1863 une conférence internationale qui aboutit le 22 août 1864 à la signature de la première Convention de Genève «pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne».

La suite est plus triste. Ruiné en 1867 par de mauvaises affaires en Algérie, Henry Dunant est chassé de la Croix-Rouge et renié par ses anciens amis. En 1895, alors que chacun l’a oublié et le croit mort, un journaliste recueille et publie ses souvenir

Le voilà si brusquement réhabilité qu’il reçoit en 1901 le premier Prix Nobel de la Paix. Meurtri, il ne daigne pas aller le chercher et s’éteint quelques années plus tard dans la solitude et une relative pauvreté.

La « boucherie » de Solferino

Le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II et son allié, l’empereur des Français Napoléon III, font face à l’empereur d’Autriche, François-Joseph Ier.

Napoléon III à la bataille de Solferino (Adolphe Yvon, vers 1860)
La Bataille de Solférino.
YVON Adolphe (1817 – 1893)

Le 24 juin 1859, les armées franco-sardes se heurtent à l’armée autrichienne à Solferino, en Lombardie, dans une mêlée sanglante et désordonnée qui fait suite à celle de Magenta, le 4 juin.

Le conflit entre l’empire autrichien et la coalition franco-sarde est né de la promesse faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l’aider à faire autour de lui l’unité de l’Italie en échange de la Savoie et Nice.

Bousculée à Magenta, l’armée autrichienne fait une retraite ordonnée vers le « quadrilatère » des quatre forteresses de Legagno, Mantoue, Peschiera et Vérone, au sud du lac de Garde et sur le Mincio, aux confins de la Vénétie. Revigorée et  forte de 180 000 hommes, elle est placée sous le commandement direct du jeune empereur François-Joseph Ier

De son côté, l’armée franco-piémontaise, qui compte 150 000 hommes, remonte lentement vers le lac de Garde, à la rencontre de l’ennemi. 

Là-dessus, les avant-gardes alliées rencontrent avec surprise les avant-gardes autrichiennes qui ont franchi le Mincio. Les Franco-Piémontais se voient contraints au combat qu’ils n’attendaient pas si tôt. Le front s’étire sur une douzaine de kilomètres et donne lieu à quatre batailles séparées, décousues et épuisantes. Au bout de quelques heures, l’empereur Napoléon III décide de provoquer une rupture par une attaque massive au centre, sur le village de Solferino

Pour éviter l’encerclement, François-Joseph ordonne la retraite. Il bénéficie du concours inopiné d’un violent ouragan qui entraîne l’arrêt des combats.

Au terme de cette bataille désordonnée et sans envergure stratégique, près de 40 000 soldats restent sur le champ de bataille (morts, blessés ou disparus) dont 12 000 Français, 6 000 Piémontais et 22 000 Autrichiens. Le total des morts s’élève à environ 6 000.

Malgré les réticences des Piémontais qui ont tout lieu d’être satisfaits de cette guerre par procuration, Napoléon III profite de son avantage pour signer un armistice avec l’empereur d’Autriche François-Joseph 1er à Villafranca le 11 juillet 1859. La guerre entre la coalition franco-piémontaise et l’Autriche n’aura duré que deux mois, du 10 mai au 8 juillet 1859.

Son plus mémorable souvenir demeure la création de la Croix-Rouge.

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