Robert Fichet en 2015, lorsqu’il fut élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur. Photo d’archives JSL /Didier POIROT

Un enfant de troupe dans la résistance louhannaise

Robert Fichet, dans un récit intitulé Un enfant de troupe dans la résistance louhannaise (L’Harmattan, 2001), relate comment il a participé très tôt, dès novembre 1942, à la Résistance avec le réseau SOE-Buckmaster « Grand-Père » dirigé par Alfred Gross l’horloger de Bellevesvre, après avoir essayé de rejoindre la France libre à Londres en 1940.

Il participa à de nombreuses actions de déraillement de trains en Bresse, il créa en octobre 1943 à Devrouze l’un des premiers maquis de Bresse affilié à l’Armée secrète. Il existait déjà en juillet 1943 « le camp Gambetta », maquis FTP dirigé par le paysan André Guipet à Fontainebrux (à la limite du Jura et de la Saône-et-Loire) avec qui Robert Fichet avait la liaison.

Robert Fichet parle aussi d’Henri Vincent dit « capitaine Vic » de l’Armée secrète, « un homme modeste », l’instituteur de Montcony qui organisa une grande manifestation patriotique le 28 octobre 1942, lors des funérailles des aviateurs alliés tombés à proximité du village.

Il nous parle d’une réalité complexe, de la difficulté d’organiser des maquis, des rapports avec la population, des imbrications entre groupes de résistants de différentes obédiences. Il nous parle de gens dans les villages où, au début « nombreux étaient pétainistes », puis qui ont changé : « il y avait des sympathisants de la résistance sinon nous n’aurions pas pu vivre ». Il évoque aussi de « certains gendarmes de Vichy qui arrêtaient des résistants en 1943 puis deviennent résistants en 1944 », et des miliciens, « les traîtres » au service de l’occupant.

Et puis, il est capturé par les Allemands et des miliciens le 27 novembre 1943 en allant récupérer un autre groupe de maquisards.

Il est emprisonné à Montluc, puis transféré à Compiègne, déporté en Allemagne dans le camp de Buchenwald où il arrive le 14 mai 1944. Il est affecté au Kommando d’Ellrich, puis de Günzerode (à 8 km de Dora) pour faire du terrassement afin de construire une voie ferrée par le travail forcé.

Dans l’épreuve terrible de la déportation, à bout de forces, à l’article de la mort, un chat errant dans le camp va lui sauver la vie, écrit-il. L’animal subrepticement occis fut mangé cru.

Après s’être évadé le 7 avril 1945 lors d’un transport d’évacuation bombardé par les Alliés, il retrouve des prisonniers de guerre français puis les troupes américaines. Il est rapatrié par avion à Paris le 3 mai 1945.

Il ne quittera pas les voies ferrées puisqu’il travaillera après-guerre au service des voies de la SNCF jusqu’à sa retraite et il reviendra en Bresse dans la ferme de ses beaux-parents à Montjay.

Robert Fichet a voulu témoigner dans son ouvrage. Il s’est beaucoup préoccupé de défendre la mémoire de ses camarades et il tient beaucoup à l’exactitude des témoignages.

Source: Laurent GUILLAUMÉ

Une cérémonie civile aura lieu au crématorium de Crissey le vendredi 17 janvier à 9 h et inhumation au cimetière de Montjay à 15 h.

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1 commentaire

  1. Avec ma famille, je remercie très chaleureusement celles et ceux qui nous ont accompagné lors du décès de mon père Robert FICHET.
    Merci également à Claude pour l’ hommage de cet homme peu ordinaire dont il ne sera pas simple d’accepter le départ.

    Didier Fichet