1er septembre 1939 La Wehrmacht envahit la Pologne

L’armée allemande franchit la frontière polonaise le 1er septembre 1939 sur ordre de Hitler. Pour l’opinion mondiale, il ne fait guère de doute que cette agression sans déclaration de guerre préalable marque le début de la Seconde Guerre mondiale.
Allemands détruisant un poste frontière à Sopot en septembre 1939

La montée des tensions

Hitler a brutalement occupé Prague et annexé la Bohême-Moravie le 15 mars 1939, peu après les accords de Munich. 

Fort de ses premiers succès sur la scène internationale, il a aussitôt commencé à émettre des revendications sur Dantzig (Gdansk en polonais), dont la population est majoritairement allemande. Il s’agit d’une « ville libre » instaurée par le traité de Versailles de 1919 pour ménager à la Pologne un accès portuaire sur la mer Baltique. À côté de Dantzig, la Pologne bénéficie aussi d’un étroit « corridor » qui lui offre une ouverture directe sur la mer et à l’extrémité duquel elle a créé le port de Gdynia. Ce corridor a l’inconvénient de séparer la Prusse orientale (et Dantzig) du reste de l’Allemagne.

Mais pour Londres comme pour Paris, il n’est plus question de reculer face à Hitler comme à Munich à propos de la question sudète. Qu’à cela ne tienne, le 27 avril, Hitler adresse un mémorandum à la Pologne par lequel il réclame la cession de Dantzig et des droits d’extraterritorialité à travers le « corridor de Dantzig ».

La « guerre éclair »

L’affaire s’enlise jusqu’à la fin de l’été 1939. Enfin, le Führer prend prétexte d’une prétendue attaque polonaise survenue dans la nuit sur la frontière orientale de l’Allemagne pour attaquer son voisin sans s’embarrasser d’une déclaration de guerre. En fait d’attaque, il s’agit d’une macabre machination montée par l’armée allemande avec des cadavres de détenus revêtus d’uniformes polonais.

L’Angleterre se résigne à déclarer la guerre à l’Allemagne le 3 septembre après avoir jusqu’au dernier moment espéré une paix de compromis. La France agit de même cinq heures après et lance une dérisoire offensive sur quelques kilomètres en Sarre. Mais pendant les mois qui suivent, les deux alliés restent l’arme au pied, derrière la ligne Maginot, un ensemble de fortifications qui protègent la France sur sa frontière avec l’Allemagne. C’est la « drôle de guerre »

Pendant ce temps, les bombardiers allemands clouent au sol l’aviation polonaise et détruisent les infrastructures, ponts, casernes et gares, entravant ainsi la mobilisation de l’armée polonaise, réputée être la cinquième d’Europe. La moitié de ses 42 divisions sont empêchées d’atteindre le front !

Présumant de ses forces, le maréchal Rydz-Smigly, inspecteur général de l’armée polonaise, concentre ses troupes à l’entrée du corridor de Dantzig en vue d’une marche sur Berlin ! Il escompte qu’à la frontière nord et sud, les marais et les crêtes suffiront à arrêter les troupes allemandes.

Or, c’est précisément à ces endroits-là que la Wehrmacht va porter ses efforts en s’appuyant sur ses divisions blindées, les fameuses Panzerdivisionen. Par une percée au nord à partir de la Prusse orientale et au sud à partir de la Slovaquie et de la Silésie, elle prend l’armée polonaise en tenaille…

Le coup de grâce

Dès le 14 septembre 1939, la IIIe armée allemande de von Küchler, venue du nord, rejoint à l’est de Varsovie la Xe armée de von Reichenau venue de Silésie. La capitale polonaise est dès lors assiégée. Le sort de la guerre est joué.

Trois jours plus tard, l’Armée rouge de Staline s’invite au festin sans s’embarrasser non plus d’une déclaration de guerre. Elle pénètre en Pologne orientale en vertu du pacte de non-agression conclu avec Hitler le 24 août précédent et qui prévoit un partage du malheureux pays. Le gouvernement polonais se réfugie en Roumanie et Varsovie capitule le 27 septembre après une courte mais héroïque résistance…

La guerre devient générale

Dans la foulée de leur victoire sur la Pologne, Hitler attaque le Danemark et la Norvège et Staline la Finlande. En dépit d’une résistance héroïque, cette dernière doit finalement se soumettre comme les autres pays et signer un armistice le 12 mars 1940. Déçus par la Finlande, les Français et les Anglais le sont aussi par la Norvège. Dans ce pays, leur corps expéditionnaire doit en mars 1940 se replier en catastrophe et laisser aux nazis le contrôle du pays ainsi que l’accès aux très riches mines de fer de Suède.

Ces premiers échecs causent la chute des deux chefs de gouvernement temporisateurs, qui furent aussi les signataires des accords de Munich. Le Français Édouard Daladier est remplacé par Paul Reynaud le 21 mars. Une semaine plus tard, celui-ci signe avec le Premier ministre britannique Neville Chamberlain un engagement mutuel à ne pas conclure d’armistice ou de traité de paix séparé.

Le 10 mai 1940, le Führer met fin à la « drôle de guerre » sur le front occidental en envahissant la Belgique. Le même jour, en soirée, Winston Churchill succède à Chamberlain au 10, Downing Street avec la ferme volonté de résister au nazisme et de le vaincre…

Source: André Larané

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