La Bresse – « Le Rabat »

Jeunesse sous l’Occupation

« Vers les deux heures de l’après-midi, nous nous rejoignons dans le bourg six à huit copains et là c’est la question : que fait-on ce tantôt ? Les uns vont à Louhans ; nous, nous sommes trois copains : nous décidons de faire une partie de « rabat ». A ce moment, pas un bourg, pas un bistrot de hameau qui n’ait son « rabat ». Le « rabat » est un jeu de quilles, mais au lieu de lancer la boule droit sur les quilles, celle-ci fait un demi-cercle pour revenir sur le jeu qui se trouve à peu près à la hauteur du joueur. Les coups de sept sont de beaux coups, six c’est bon, cinq c’est courant. Ce jeu se joue aussi à l’argent : je n’ai jamais connu les règles. Avant guerre, les adultes étaient nombreux à le pratiquer et jouaient même de grosses sommes.
Nous voilà partis sur le jeu. Nous trouvons d’autres copains et nous faisons une partie trois contre trois. Le camp qui fait le moins de quilles paie la tournée. Nous perdons donc nous payons un verre de limonade. Quand nous retournons sur le jeu, il est pris : d’autres copains font aussi une partie.


Après quelques minutes, nous décidons d’aller dans un hameau d’une commune voisine, assez loin, où parait-il on danse. Effectivement, arrivés dans la cour, nous entendons la musique. Nous entrons. Il y a plusieurs couples qui dansent. Nous ne connaissons personne : nous voyons tout de suite que notre arrivée n’était ni prévue ni souhaitée. La musique s’est arrêtée. Les gens nous regardent avec méfiance. Nous buvons notre rouge limé. Nous reprenons nos vélos et la route…
Arrivés à quelques kilomètres de chez nous, nous rencontrons plusieurs copines, qui, comme nous, ne savent pas trop quoi faire. Nous nous arrêtons, chahutons un moment histoire de leur voler un « bisou » puis nous nous asseyons sur un tas de pierres (les routes n’étaient pas goudronnées en ce temps là !). Nous parlons de ce que nous avons entendu à la TSF dans la semaine, les chansons de Tino Rossi, Ray Ventura, Rina Ketty : parfois, nous fredonnons les refrains… Le temps passe… Voilà l’heure de rentrer. Après un petit « bisou » (parfois un gros !…) nous nous séparons…
Arrivés au bourg, nous retrouvons un copain qui avait rendez-vous avec une « bonne amie » et maintenant il vient avec nous. Nous trouvons que c’est trop tôt pour rentrer : si Madame Jeanne voulait nous faire une omelette, nous avons des tickets de pain ? Nous lui demandons. Elle est d’accord. Nous buvons une Suze-Cassis que nous appelons « un fond de culotte ». Le patron vient nous dire qu’il y a un petit saucisson : si nous le voulons en attendant que l’omelette se fasse. Evidemment, nous sommes contents. Avec l’omelette, un bol de fromage vieux assaisonné au poivre rouge, deux bouteilles de vin rouge : nous faisons un souper du tonnerre !… Cela fini, nous discutons comme des « grands » de la guerre, de De Gaulle, de Pétain, et le temps passe. Il est temps de rentrer à la maison. C’est bien loin, la vie a bien changée… en bien ou en mal, je ne sais pas !…

Source:

Société – Réouverture de la baignade naturelle de la Chapelle Saint Sauveur (71 310)

Par Claire Giardelli

Pétition adressée à Madame la Sous-Préfète de Saône et Loire

Nous demandons la réouverture de la baignade naturelle de La Chapelle Saint Sauveur.

Partout en France, alors que la température dépasse les 40°, chaque municipalité imagine des solutions pour limiter les risques de cette canicule : comme par exemple des bouches d’incendie qui ont été équipées de jets pour les piétons.

Pascaline Boulay, Sous-préfète de Saône et Loire, maintient son interdiction d’ouverture de la baignade naturelle de La Chapelle Saint Sauveur suite à un malaise cardiaque d’un baigneur alors qu’aucun incident n’avait été à déplorer depuis son ouverture.

Ce sont des valeurs fondamentales telles que l’écologie, l’économie, la santé publique et le lien social qui sont attaquées par des politiques inconséquentes et anti-sécuritaire.
Nous pouvons donc aller mourir tranquillement dans nos rivières et remplir nos piscines en plastique…!

Nous accusons la Sous-préfète de faire du zèle en appliquant la loi à la lettre sans prendre en considération les conditions climatiques exceptionnelles et l’accusons pendant les alertes nationales ROUGES de NON ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER !
Nous demandons la réouverture de la baignade naturelle de La Chapelle Saint Sauveur dans les conditions identiques que celles appliquées depuis son ouverture qui en font son succès, laissant chaque citoyen responsable.

COMITE DES FÊTES – GRENOUILLES A VOLONTÉ

La collection phare du Musée d’Estavayer-le-lac (Suisse) est constituée de 108 grenouilles naturalisées au milieu du XIXème siècle, par François Perrier d’où son appellation populaire de Musée des grenouilles.

François Perrier, ancien officier au service du royaume de Naples jusqu’en 1848, s’est appliqué à reproduire des scènes de la vie quotidienne d’Estavayer-le-Lac à cette époque. On y découvre un banquet électoral, une classe d’école, un dîner de famille, des soldats à l’exercice ou encore l’écritoire du notaire et bien d’autres saynètes. François Perrier a mis un soin tout particulier à la reproduction fidèle du mobilier et des accessoires de ses saynètes, ce qui donne à cette collection un caractère unique.
Véritable œuvre d’art en terme de taxidermie, de représentation anthropomorphique et sociale, cette collection vient d’être entièrement restaurée, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Source:

Gastronomie – Poulet de Bresse à la crème de Georges Blanc

Afin de contenter les multiples demandes, MONTJAY FORUM a décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique sous la catégorie « Gastronomie ». « À tout seigneur, tout honneur. » notre première publication est consacrée au Poulet, emblème de notre pays de Bressse et le logo de la catégorie devrait rester celui ci-dessus.

Il est bien entendu que MONTJAY FORUM est à l’écoute, selon sa profession de foi, et que nous serions heureux de publier les recettes des mères Jaymontoises, qu’elles gardent en secret dans leurs livres de cuisine.

Poulet de Bresse à la crème de Georges Blanc

Poulet de Bresse à la crème de Georges Blanc, une recette imaginée par la grand-mère du chef triplement étoilé. Il nous dévoile les ingrédients de cette succulente recette qui ravi les palais des plus gourmands, elle fait sensation au moment des fêtes. Elle est facile à préparer et tout simplement sublime.

Ingrédients pour le Poulet de Bresse à la crème de Georges Blanc pour 4 personnes :

  • 1 Poulet de Bresse de 2 kg environ coupé en morceaux
  • 1 litre de crème fraîche (AOC de Bresse, encore mieux !)
  • 100 g de beurre
  • 10 champignons de Paris, (vous pouvez aussi ajouter quelques morilles !)
  • 2 gousses d’ail
  • 1 oignon
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • 20 cl de vin blanc sec
  • sel, poivre

Préparation du Poulet de Bresse à la crème de Georges Blanc

Temps : 15 minutes
Cuisson : environ 30 minutes

Peler et couper l’oignon en quatre. Retirer le bout terreux et laver les champignons de Paris, puis les couper en quartiers.
Écraser les gousses d’ail non pelées avec la lame d’un couteau.
Mettre le beurre à chauffer dans une sauteuse sur le vif, y déposer les cuisses de poulet séparées du pilon, saler et poivrer, faire dorer côté peau, ajouter l’oignon, les champignons et l’ail.
Singer, puis déglacer avec le vin blanc et laisser réduire tout en grattant pour détacher les sucs caramélisés.
Ajouter la crème fraîche. Laisser mijoter de 25 à 30 minutes.

Réserver puis décanter les morceaux, passer la sauce au chinois étamine, rectifier l’assaisonnement, porter à ébullition, mixer et réserver.
Dresser les morceaux de poulet dans un plat avec la sauce et les accompagner de riz pilaf ou de Crêpes Vonnassiennes .

Sources:

Culture – Retable de l’Église de Bosjean

Un peu d’histoire
L’église de Bosjean, située au cœur du village, est citée pour la première fois dans le compte de Décimes du Diocèse de Besançon en 1275. Nous ne connaissons pas sa date de construction.
En 1636, elle fut saccagée par les Comtois lors de la guerre de 10 ans. L’ancien clocher se situait, comme beaucoup d’édifices, côté Ouest. Il a été démoli en 1868 et reconstruit sur la façade Est en 1869, ce qui en fait sa particularité.
La commue de Le Planois n’ayant ni église ni cimetière, bénéficie depuis la Révolution des services religieux au sein de l’église et participe à l’entretien de celle-ci et du cimetière.
Cette église fait partie de la vie quotidienne de nos villages depuis plusieurs siècles. Soucieux de préserver ce patrimoine et de le transmettre, nous avions organisé une première souscription en 2009 pour permettre un ensemble de restaurations extérieures : la charpente et toiture, des enduits et de l’assainissement ; et intérieures : les enduits et le maitre autel du retable datant du XVIIe siècle.
Grâce au soutien de nombreux donateurs, nous avons pu mener à bien ces travaux et nous vous en remercions.

Charte REMPART

REMPART doit œuvrer de façon égale : – en faveur du patrimoine bâti et naturel ; – pour la satisfaction des individus sensibles à ses objectifs. REMPART doit œuvrer en faveur du patrimoine bâti et naturel qui est notre capital commun de beauté. Cela a été la raison de sa fondation et reste un élément fondamental de ses réalisations. REMPART existe pour empêcher la disparition ou la dégradation de ce patrimoine. C’est pourquoi REMPART s’emploie à sa sauvegarde par le moyen des chantiers et contribue à sa connaissance par des publications, des expositions et des entretiens sur ce sujet dans le cadre des chantiers (exposés, visites, etc.). REMPART existe aussi pour promouvoir l’adaptation de ce patrimoine au monde contemporain et assurer ainsi sa pérennité dans l’avenir. C’est pourquoi il s’applique à favoriser l’animation des lieux pris en charge et contribue à la prise de conscience locale en faveur de ce patrimoine. L’action que propose REMPART vise, au-delà des motivations générales que nous venons d’évoquer, à réaliser des activités enrichissantes pour tous. Enrichissantes, elles le sont sur le plan : des connaissances, des techniques, de la vie en commun. Elles doivent l’être pour ceux qui les pratiquent et, en même temps, pour ceux qui les accueillent. L’enrichissement des connaissances se réalise par l’apprentissage de l’histoire du lieu et de la région où se déroule le chantier. L’enrichissement des techniques se réalise sur le tas en maniant truelles et moellons, lauzes ou charpente, au lieu de stylos ou de théories. L’enrichissement de la vie en commun se réalise dans la vie même de l’équipe de chantier et par les relations qui se nouent ou doivent se nouer avec la population locale. Bien compris et bien exercés, ces enrichissements profitent aux bénévoles en même temps qu’à la population locale. Nombre d’exemples réussis le prouvent ; ceux qui n’y sont pas encore parvenus trouvent là des voies de concrétisations de leurs espoirs. Rappelons encore que les objectifs du Mouvement REMPART sont poursuivis dans un esprit totalement désintéressé, sinon pour l’enrichissement spirituel de chacun. Ils sont poursuivis dans un but d’intérêt public : la sauvegarde du patrimoine commun, même lorsque les éléments de ce patrimoine sont dans le domaine privé. Ceci nécessite alors des contrats de longue durée garantissant le labeur bénévole, l’aide de l’Etat et des collectivités locales. Enfin, en agissant ainsi, ceux qui œuvrent dans le cadre de REMPART font un acte politique, puisqu’ils contribuent, à leur façon, à la vie et à l’organisation de la société. Mais cet acte politique n’est à confondre avec aucun engagement partisan qui en limiterait la portée. REMPART doit œuvrer pour la satisfaction des individus sensibles à ses objectifs en se gardant de favoriser l’amour de la pierre pour la pierre ou de l’ancien pour l’ancien. Les vieilles pierres peuvent apporter des satisfactions aux individus et les aider à se réaliser. Elles ne peuvent en elles-mêmes être le sens de leur démarche ni un idéal auquel on aspire. C’est un environnement de qualité qui est recherché. Il se trouve que l’image que l’on se fait à REMPART de cet environnement passe par la réhabilitation de ce que les hommes jadis ont composé dans nos sites et par leurs gestes de bâtisseurs. Nous aimons ce qu’ils ont fait lorsque c’est beau et lorsque c’est empreint de qualité Association REMPART – Texte de référence – Charte humaine ou évocateur de leurs passions ou de leur sueur, non parce que c’est vieux ou irremplaçable. REMPART ne professe aucune exclusive d’époque ou d’origine sociale : des bâtiments industriels du siècle dernier, un modeste lavoir de campagne ou la courbe libre d’une rivière peuvent émouvoir à l’égal d’une abbaye où ne se forge plus la prière, ou bien d’un château-fort où ne s’entrechoquent plus les pertuisanes. Cette volonté d’un environnement de qualité est partagée par tous à REMPART, quel que soit leur âge. Ecartant toute exclusivité de générations, jeunes et adultes sont accueillis sur nos chantiers, sans discrimination et ceux qui plus âgés peuvent communiquer leur estimable expérience en la faisant partager avec le pain sont particulièrement appréciés. Il se trouve que c’est dans les classes d’âge les plus jeunes que se rencontre le plus souvent la volonté d’agir dans le sens de ces objectifs, car la jeunesse a peut-être le privilège de la disponibilité et de la volonté d’un monde plus beau. C’est pourquoi la jeunesse fleurit sur les chantiers REMPART C’est un ferment d’espoir qui doit réjouir. Et puis, un chantier est certainement un lieu privilégié de mise en commun des bonnes volontés et un point de rencontre aisé qui répond bien au désir des jeunes de se trouver dans un monde qu’ils bâtissent ensemble. Les chantiers REMPART doivent être un lieu d’apprentissage de la convivialité. Ceux qui font REMPART sont convaincus que tout reste à faire et que le Mouvement est en perpétuel chantier car personne n’est arrivé encore à remplir la totalité du contrat proposé. Du reste, il est toujours besoin d’étendre l’action de REMPART : Pour que REMPART ne soit pas seulement un point de convergence de jeunes, une société de services ou un bureau d’entraide pour associations, ou encore une formule agréable et originale de vacances. Mais pour que REMPART soit aussi un Mouvement d’idées en marche, favorisant un environnement de qualité qui plonge ses racines dans la richesse de notre passé et pousse ses branches dans le ciel du présent et de l’avenir. Pour que REMPART soit un des vecteurs d’une telle éthique, il faut que chacun en ressente le besoin et affirme en ses gestes sa volonté dans le même sens. Que chacun soit à son poste, chaque jour, et pas seulement dans le cadre de son association et manifeste sa volonté d’un environnement humain et matériel de qualité. Que chaque association se sente globalement orientée vers cet objectif collectif, aux côtés des associations ayant des buts similaires. Que l’Union soit au cœur de la société d’aujourd’hui la concrétisation massive d’une action permanente et efficace en faveur d’un mode de vie et d’un cadre de vie qui répondent à nos aspirations.

Texte proposé par André Châtelain et adopté par l’assemblée générale de Soissons, le 19 mai 1979

LE BAROMÈTRE – Canicule

Quels sont les publics les plus sensibles ?

Les personnes fragiles en cas de fortes chaleurs sont les personnes âgées, les enfants et les nourrissons, les personnes souffrant de pathologies chroniques, les personnes traitées par certains médicaments, les personnes souffrant de troubles mentaux et les publics spécifiques (sportifs, travailleurs effectuant des efforts importants, et personnes sans-abri ou en habitat non protégé de la chaleur, etc.).

Quelles précautions faut-il prendre en cas de fortes chaleurs ?

Les conseils simples à adopter par tous, mais surtout par les personnes fragiles les plus à risques (personnes âgées de plus de 65 ans, personnes handicapées ou malades à domicile, personnes dépendantes, femmes enceintes…) afin de lutter au mieux contre les conséquences de la chaleur :

  • Buvez régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif ;
  • Rafraîchissez-vous et mouillez-vous le corps (au moins le visage et les avants bras) plusieurs fois par jour ;
  • Mangez en quantité suffisante et ne buvez pas d’alcool ;
  • Évitez de sortir aux heures les plus chaudes et passez plusieurs heures par jour dans un lieu frais (cinéma, bibliothèque municipale, supermarché, musée…) ;
  • Évitez les efforts physiques ;
  • Maintenez votre logement frais (fermez fenêtres et volets la journée, ouvrez-les le soir et la nuit s’il fait plus frais) ;
  • Pensez à donner régulièrement de vos nouvelles à vos proches et, dès que nécessaire, osez demander de l’aide ;
  • Consultez régulièrement le site de Météo-France pour vous informer.

En amont des fortes chaleurs, les personnes fragiles peuvent par ailleurs, en lien avec leur entourage :

  • – Prévoir le matériel nécessaire pour lutter contre la chaleur : brumisateur, ventilateur….
  • – Faire une liste des lieux climatisés (ou frais) où se rafraîchir près de chez elles : grande surface, commerce, cinéma, musée…
  • -Ne pas hésiter à demander conseil à leur médecin traitant, tout particulièrement en cas de problème de santé ou de traitement médicamenteux régulier (adaptation de doses par exemple).

Si vous connaissez des personnes âgées, handicapées ou fragiles qui sont isolées, incitez les à s’inscrire sur la liste mise à leur disposition par chaque mairie afin de recevoir de l’aide de bénévoles, et, pendant une vague de chaleur, prenez de leurs nouvelles régulièrement

Gastronomie-Peperonata, la poivronnade italienne

Peperonata, la poivronnade italienne

Peperonata, la poivronnade ou poivronade italienne (pour 4 à 6 personnes)

  • 3 beaux poivrons bien gros, fermes (deux rouges et un jaune ou un rouge, un jaune et un vert)
  • 3 tomates allongées (San Marzano, olivettes) ou 3 tomates en grappe mûres et parfumées
  • 2 oignons rouges allongés de Tropea (dans l’idéal) ou un oignon rouge moyen ou un oignon jaune doux
  • 2 gousses d’ail
  • 1 piment oiseau (facultatif)
  • quelques feuilles de basilic
  • quelques olives (facultatif)
  • huile d’olive vierge extra
  • sel (et poivre si pas de piment)

1. Laver et essuyer les poivrons. Retirer le pédoncule et les couper en lanière de 1 cm de largeur en ayant soin de retirer les pépin et la partie blanche interne.

2. Dans une large poêle, faire revenir 3 càs d’huile puis ajouter l’oignon émincé. Laisser colorer une minute puis baisser le feu et faire cuire 2 à 3 minutes (le temps que l’oignon devienne légèrement plus moelleux). Ajouter, l’ail coupé en deux ou émincé, le piment et les poivrons. 

3. Laisser mijoter à feu très doux pendant 30 minutes environ (voire 40*) sans ajouter d’eau mais en ajoutant 1 à 2 càs d’huile après 20 minutes et ne mélangeant de temps à autre. Les poivrons doivent presque confire, devenir plus tendres sans se défaire ni perdre leur peau (presque à la limite). Saler.

4. Pendant ce temps couper les tomates en dés ou en tranches ou en petits quartiers. Les ajouter ensuite aux poivrons (quand ils sont cuits c’est à dire après les 30 min) et laisser mijoter une dizaine de minutes (pas trop de manière à ce que les tomates se défassent un peu mais les poivrons gardent leur texture). Ajouter du basilic, les olives et rectifier l’assaisonnement.Déguster tiède ou à température ambiante.

Conseils :

– La peperonata se conserve bien jusqu’au lendemain, voire le surlendemain (s’il fait chaud, optez pour le frigo), c’est encore meilleur car les parfums auront le temps de diffuser. Toutefois les légumes auront moins de texture et ont aussi beaucoup de charme tout juste cuits. On peut les réchauffer légèrement ou les déguster à température comme cela se fait la plupart du temps en Italie.

– Les temps de cuisson sont indicatifs car il dépendent de beaucoup de paramètres (feu, poêle mais surtout des poivrons plus ou moins charnus) et des goûts personnels. Cela reste quand même un recette slow– Ce type de cuisson en deux temps, lente, est idéale car il permet de concentrer les saveurs du poivron, sentir leur note sucrée, avant d’ajouter les tomates.

La peperonata peut être servie en entrée ou en plat léger avec du fromage par exemple ou même dans un sandwich ou en accompagnement de viande ou de poisson. Certains en mangeant aussi au petit déjeuner . Il s’agit d’un plat frugal du sud et de campagne très savoureux dont il existe nombre de variantes selon les familles et les régions. Les ingrédients repère sont les poivrons et l’oignon (enfin dans presque toutes les versions). Après on y ajoute la plupart du temps aussi des tomates. Cette variante est celle de Calabre (d’où la prédominance des poivrons et ces oignons magnifiques de Tropea), très essentielle, « poivronneuse » et où les légumes ne sont pas trop cuits. Mais on peut trouver aussi des versions avec des légumes très cuits (un peu comme une ratatouille), plus de tomates ou sans…– Dans une des variantes siciliennes on ajoute aussi des olives et des anchois

Le basilic s’y marie à merveille et est utilisé la plupart du temps. Sachez quand même que c’est un plat simple à garder ou à emporter et donc les herbes fraîches étaient beaucoup moins de mise. Vous pouvez remplacer le basilic par du thym ou de l’origan frais.

Sources:

Edda

La Bresse – Anne-Charlotte de Chanlecy, dame de Sainte-Croix, épouse d’Artagnan

Alexandre Dumas nous l’a caché

Le contrat de mariage

Charlotte Anne de Chanlecy, dame de Sainte-Croix, est entrée dans l’Histoire le 5 mars 1659, au palais du Louvre, lorsque dans l’après-midi de ce jour-là, elle signa son contrat de mariage, qui l’unissait à un personnage déjà connu à la cour sous le nom de d’Artagnan: Charles de Batz de Castelmore, sous-lieutenant de la compagnie des mousquetaires de la garde du roi, la seule existant alors, et capitaine au régiment des gardes de Sa Majesté.

Portrait de d’Artagnan en frontispice de la deuxième édition des Mémoires de Monsieur d’Artagnan de Gatien de Courtilz de Sandras.

Deux notaires royaux du Châtelet de Paris, Maîtres Levasseur et Boindin se sont déplacés pour rédiger le contrat et le faire signer par les futurs époux et leurs témoins respectifs.

Le marié est âgé d’environ 45 ans. Il est depuis un peu moins d’une année dans la compagnie des mousquetaires nouvellement reconstituée, puisqu’il y a été reçu en mai 1658.

En fait, d’Artagnan est au service du roi depuis plus de 25 ans. Grâce à un rôle de la compagnie, on sait qu’en 1633 il était déjà mousquetaire. On sait également, par les témoignages de son frère aîné Paul, qu’il a quitté la Gascogne pour «monter à Paris» au plus tard en 1632. Il a servi pendant une dizaine d’années le feu roi Louis XIII, puis le jeune Louis XIV et sa mère, la régente Anne d’Autriche; il a connu le cardinal de Richelieu. Il a eu pour «patron» le nouveau premier ministre Mazarin, lors qu’après le licenciement de la compagnie des mousquetaires en 1646, il est devenu «gentilhomme de Son Éminence» et même, pendant la Fronde, l’un de ses agents secrets.

En mai 1658, d’Artagnan a donc réintégré, en tant que sous-lieutenant, la compagnie des mousquetaires de la garde du roi, reconstituée l’année précédente au profit du jeune duc de Nevers, neveu de Mazarin. Comme ce dernier n’avait que 14 ans et qu’il se désintéressait totalement de sa charge, c’est d’Artagnan qui était, de fait, le véritable capitaine-lieutenant, même s’il n’en avait encore ni le titre ni les appointements. Il habitait le quartier Saint-Germain-des-Prés, rue du Bac, du côté de la Seine. L’hôtel dont il était locataire faisait l’angle de la rue du Bac et du quai Malaquais. Quant à la promise, Charlotte Anne(ou Anne Charlotte) de Chanlecy, elle est née au château de Champlecy, en Charolais.

Le château actuel a été reconstruit au début du 17ème siècle sur l’emplacement de l’ancien château fort pillé et détruit pendant les guerres de religion (1562 – 1572).

De dix ans la cadette de d’Artagnan, elle est veuve depuis cinq ans de Jean Eléonor Damas, de son vivant chevalier, seigneur de la Clayette, Clessy, Besme et Tresmont, en Bourgogne (actuel département de Saône et Loire).

La famille de Damas est une famille subsistante de la noblesse française, d’extraction chevaleresque, originaire du Forez et répandue en Bourgogne, Nivernais, et Bresse.

C’est précisément en Bourgogne qu’Anne Charlotte demeure habituellement, dans l’hôtel qu’elle possède à Chalon sur Saône, rue aux Fèvres, ou dans son château de Sainte-Croix.

Pendant son séjour à Paris, elle loge à l’hôtel de Lion, rue Saint-André des Arts; il s’agit de l’un de ces hôtels meublés, qui étaient nombreux à Paris.

Comment les futurs époux se sont-ils rencontrés?

Plusieurs hypothèses ont été proposées par les historiens: Était-ce à la Cour? Dans un salon du Marais? Ou lors du passage du roi et de la cour à Chalon sur Saône au cours de l’automne 1658, quand Louis XIV est allé rencontrer Marguerite de Savoie à Lyon, en vue d’un éventuel mariage? Cette dernière hypothèse paraît la plus probable.

Les témoins

Le contrat de mariage de d’Artagnan et de la dame de Sainte Croix a été établi sous l’autorité de «très puissant monarque: Louis de Bourbon, Roy de France et de Navarre, et de illustrissime et éminentissime Monseigneur Julles cardinal Mazarini, duc de Mayenne et de Nevers, pair de France, premier ministre d’Estat», qui ont tous deux signé au bas du contrat.

En figurant parmi les signataires, le roi Louis XIV et son ministre tenaient à honorer d’Artagnan, qui était l’un de leurs plus fidèles serviteurs. Le contrat est signé également «en la présence et du consentement de hault et puissant seigneur. Messire Antoine de Grandmont (en réalité Gramont), duc, pair et mareschal de France, colonel général de l’Infanterie françaiseet gouverneur pour le roy des pays de Bar et ville de Bayonne; dame Françoise de Chivré, mareschale de Grandmont, son espouze; dame Charlotte-Catherine de Grandmont; Messire Louis de Bezemaux, gouverneur pour le roi du château de la Bastille».

Parmi les quatre témoins du futur marié, il y a donc trois membres de la famille de Gramont, Antoine III, son épouse Françoise et leur fille Catherine Charlotte.

Le maréchal duc de Gramont, l’un des personnages alors les plus en vue à la cour, a été le principal protecteur de d’Artagnan à la cour. Les Gramont sont originaires du Pays Basque, de Bidache, où se trouve leur château familial. Antoine III de Gramont est né en 1604. En 1634, il a épousé une nièce du cardinal de Richelieu, Françoise-Marguerite du Plessis Chivré. Tallemant des Réaux lui fait dire dans ses Historiettes: «C’est Son Éminence que j’épouse»…C’est un gentilhomme et un homme de guerre lettré, amateur d’art, mécène. Il est l’un des rares personnages qui arrivait à décider Lulli à prendre son violon depuis qu’il avait été nommé surintendant de la musique royale..Il possède une importante bibliothèque, fréquente gens de lettres et artistes, correspond avec des scientifiques. Dans sa jeunesse il a été un hôte assidu de l’Hôtel de Rambouillet et il a été amoureux de Julie d’Angennes, fille de la marquise de Rambouillet et future duchesse de Montausier. Proche du roi, de la reine Anne d’Autriche et de Mazarin, le duc de Gramont est toujours resté fidèle à la famille royale, même pendant la Fronde. Grâce à lui, d’Artagnan a obtenu une charge de capitaine au régiment des gardes françaises.

Antoine III de Gramont, duc de Gramont (1648), pair et maréchal de France, né en 1604 et mort le 12 juillet 1678 à Bayonne, est un militaire et diplomate français d’origine gasconne du XVIIe siècle.

Catherine Charlotte, dont les aventures galantes étaient nombreuses, a été l’une des maîtresses du jeune Louis XIV; par ailleurs, elle était fort amoureuse de son cousin, le comte (futur duc) de Lauzun, un autre Gascon. Finalement, sur décision de son père, elle épousera, quelques mois plus tard, un Grimaldi, duc de Valentinois et prince de Monaco.

Le fils cadet du duc de Gramont, le comte de Louvigny, figure parmi les signataires du contrat. C’est le frère du fameux comte de Guiche, qui a défrayé la chronique du Grand Siècle par sa conduite jugée souvent scandaleuse.

Le quatrième témoin de d’Artagnan, celui qui dans le contrat porte le nom de Louis de Besmaux, est un gentilhomme gascon natif des environs d’Auch; il s’appelle en réalité François de Monlezun, sieur de Besmaux. Compagnon de jeunesse de d’Artagnan, il a lui aussi été mousquetaire, du temps de MM. de Vieilchastel et de Tréville, dans les années 1634 -1646. Capitaine au régiment des Gardes après le licenciement de la compagnie, il a été nommé en 1658 gouverneur de la Bastille, fonction qu’il exercera jusqu’à sa mort.

Il est à noter qu’aucun membre de la famille de d’Artagnan n’a fait le voyage jusqu’à Paris pour l’événement.

Du côté d’Anne Charlotte de Chanlecy, en revanche, deux au moins de ses trois témoins appartiennent à sa famille: Gabriel de Hénin Liétard ; François de Prugne, et Jean-François de Chanlecy Pleuvaux.

Gabriel de Hénin Liétard est le frère utérin d’Anne Charlotte. La mère de celle-ci, Claude de Rymon, fille de Louis de Rymon, seigneur de la Rochette, s’étant retrouvée veuve très tôt de son premier mari, Charles Boyer de Chanlecy, elle s’est remariée avec Charles de Hénin –Liétard, capitaine gouverneur de Châlon sur Saône, dont elle a eu six enfants; l’un d’entre eux, Gabriel, seigneur de Roche, La Rochette et Saulle, a été gouverneur de la citadelle de Châlon.

François de Prugne, est un gentilhomme au service du prince de Savoie Carignan. Quant à Jean-François de Chanlecy, marquis de Pleuvault, cousin germain d’Anne Charlotte, il est grand maître de la garde–robe de Monsieur, frère du roi; son fils aura la survivance de sa charge et jusqu’à sa mort en 1719, il sera premier gentilhomme de la chambre du duc d’Orléans, le Régent.

Le contenu du contrat

Le contrat se réfère à la coutume de Paris, selon laquelle la future épouse se réservait en propre ses biens immeubles et apportait à la communauté la totalité de ses biens meubles.En fait, elle ne se conforme qu’en partie à cette coutume. Si Charlotte Anne se réserve effectivement ses biens immeubles, qui consistaient en domaines et terres en Bourgogne( terre et baronnie de Sainte-Croix, situées dans le baillage de Chalon sur Saône, proche Louhans en Bresse), en revanche, elle déroge à la coutume de Paris, en n’apportant à la communauté ses biens meubles (mobilier et créances) qu’à concurrence de 30000 livres tournois, soit un tiers seulement de leur valeur: «Le surplus desdits biens et droits sera et demeurera propre à ladite dame future épouse et aux siens de son côté et ligne»,«comme aussi les charges que ledit sieur futur époux procède à présent, et les deniers qui procèderont des ventes ou récompenses d’icelles, lui seront et demeureront aussi propres et à ceux de son côté et ligne».

Autrement dit, les dettes que d’Artagnan avait pu contracter avant son mariage, n’entraient pas dans la communauté, pas plus que les revenus de sa charge.

Les biens de la future épouse, qui entrent dans la communauté, consistent en 60 000 livres «qui lui sont dues par les héritiers dudit feu sieur de la Clayette son premier mari, contenues en la transaction du 7 mai 1657 passée par devant Gabriel Colas, notaire royal à Mâcon»;

18000 livres provenant d’un legs de son oncle Chanlecy;

6000 livres de principal dues à titre de rente constituée par M. d’Elbeuf;

Meubles meublants appartenant à la future épouse, estimés à 6000 livres, après expertise.

A titre de comparaison, au milieu du XVIIe siècle, la dot des filles de la bonne bourgeoisie de province, s’élevait à environ 5000 livres. Dans la grand noblesse, on allait jusqu’à 100000 livres. A la même époque, Mazarin dote ses nièces de 600000 livres.

Le douaire qui devait être attribué à Madame d’Artagnan au jour du décès de son époux, était de 4000 livres de rente; le versement en était garanti par les biens du mari. De plus, la veuve, tant qu’elle ne se remariait pas, avait le droit d’habiter dans l’une des demeures appartenant à son mari lors du décès de ce dernier, demeure meublée pour une valeur de 6000 livres.

En fait, ces dispositions étaient plutôt conventionnelles, car d’Artagnan, cadet de la famille de Batz de Castelmore, ne possédait en propre que ses charges de sous-lieutenant dans la compagnie des mousquetaires et de capitaine aux Gardes françaises , dont il n’apportait pas les revenus à la communauté. Concernant son habitation, il était locataire de l’hôtel particulier où il logeait; le propriétaire, Nicolas Hulot, étant un spéculateur immobilier» qui possédait plusieurs maisons du quartier.

Le mariage religieux

Le 3 avril 1659, à six heures du matin, en l’église Saint-André des Arcs (ou Arts) a été célébrée la cérémonie religieuse du mariage de d’Artagnan et de Charlotte Anne de Chanlecy. Il était d’usage parmi les membres de l’aristocratie de se marier à des heures incongrues. Madame de Sévigné s’est mariée à 2 h du matin! Cette pratique était réputée assurer le bonheur des couples.

«Le 3 avril sur les 6 (heures) du matin. Mge(mariage)De Mre Charles Ogier de Castelmore, fils de Mre Antoine (il s’agit en réalité de Bertrand) de Castelmore Et de Françoise d’Artaignan, avec Anne-Charlotte de Chanlecy, vve Mre Jean Léonor de Damas, chevalier sgr de la Clette, en présence de Mr de Besemot capitaine des gardes de Mr le Cardinal et gouverneur de la Bastille»

(L’église Saint-André des Arcs (ou des Arts), située sur la rive gauche, existait depuis le XIIe siècle. En 1659, elle ne devait pas être en très bon état, puisqu’elle a été démolie l’année suivante pour faire place à un nouvel édifice, qui sera à son tour démoli au début du XIXe siècle. Cette église était voisine de l’hôtel où logeait Anne Charlotte, rue Saint André des Arts précisément. C’était une église qui attirait «du beau monde». Parmi les personnalités inhumées là, se trouvaient entre autres personnalités, le médecin Ambroise Paré, le prévôt des marchands de Paris Christophe de Thou, etc… A noter qu’en 1694, le jeune Jean Marie Arouet, plus connu sous le nom de Voltaire, y sera baptisé

Eglise Saint-André-des-Arts (Disparue)

La famille de d’Artagnan

En 1659, le père de d’Artagnan, Bertrand de Batz, est mort depuis près de 24 ans. Sa veuve, Françoise de Montesquiou, la mère de d’Artagnan, est morte depuis 3 ans, en 1656. Son frère aîné, Paul de Castelmore, s’est retiré en Gascogne depuis maintenant 13 années. Son frère Arnaud, le benjamin, est devenu prêtre. Il est curé de Lupiac. Son autre frère, Jean, est certainement mort depuis le 26 mars 1646, date à laquelle, cet écuyer, lieutenant au régiment de Persan, s’est retrouvé dans sa chambre de la rue des Petits Champs, «en danger de mort», et a fait alors don de tous ses biens à son frère aîné Paul, absent, peut-être de retour en Gascogne, ou sur le point de partir. Les trois sœurs de d’Artagnan, Claude, Henrie et Jeanne sont toutes restées en Gascogne, mariées avec des seigneurs de la région.

Le château de Castelmore, dans le Gers, ou naquit d’Artagnan

La famille d’Anne Charlotte de Chanlecy

La famille de Chanlecy est une très ancienne famille du Charolais. On trouve trace des seigneurs de Chanlecy dès le XIVe siècle. Les armes de la famille sont «D’or à la colonne d’azur semée de larmes d’argent», comme on peut les voir encor aujourd’hui au château de Champlecy. Charles de Chanlecy, le père d‘Anne Charlotte, était seigneur de Communes, de Versailleux et de la Rochette. Il était également héritier de la baronnie de Sainte–Croix, située en Bresse, non loin de Louhans. Ce domaine avait été acheté par le grand-père d’Anne Charlotte, Jean de Chanlecy, en 1623, à Henri d’Orléans, duc de Longueville. Orpheline de père, Anne Charlotte a eu pour curateur, son oncle, Ponthus de Chanlecy qui, à la mort de son frère Charles, s’est occupé de la seigneurie de Sainte-Croix, qui est devenue l’une des résidences principales de Madame d’Artagnan et de ses descendants.

Par ailleurs, elle a racheté à son cousin, Jean-François de Chanlecy, héritier de la famille, le domaine de Champlecy, pour 20000 écus. Jean-François de Chanlecy, marquis de Pleuvault, son cousin germain, est celui qui se trouvait parmi les témoins lors du contrat de mariage d’Anne-Charlotte et de d’Artagnan.

Grand-maître de la garde-robe de monsieur, mais également homme de guerre, il se distingua en 1678, à la bataille de Cassel. De son mariage avec Renée de Serent (?) il a eu au moins 4 enfants, dont Louis Joseph de Chanlecy, marquis de Pleuvault, qui aura en survivance de son père, la charge de grand maître de la garde –robe de S.A.R. en 698. Colonel dans un régiment, il sera blessé au siège de Charleroi, le 2 octobre 1693. Il mourra au début de l’année 1719, étant premier gentilhomme de la Chambre du duc d’Orléans. Gabrielde Hénin-Liétard, plus tard seigneur de Roche, La Rochette et Saulle, et gouverneur de la citadelle de Chalon, décéda en 1666 en ce lieu. Parmi les sœurs utérines de Charlotte, trois étaient religieuses dans des couvents de la ville.

Le premier époux d’Anne Charlotte de Chanlecy

Le contrat du premier mariage d’Anne Charlotte a été établi le 10 août 1642 par maître François Narboud, notaire à Saint Gengoux (Saône et Loire), selon la coutume de Bourgogne, sous le régime de la communauté de biens.

Le futur époux, Messire Jean Eléonor Damas, seigneur de la Clayette, Clessy, Besme et Tresmont, en Bourgogne, était fils de Paul de Damas, seigneur de Clessy, baron de la Clayette, et d’Elisabeth de Grandvie, dame de Bennes et de Chevannes.

Il était capitaine de cavalerie au régiment d’Uxelles.

Il apportait 400 livres, une chambre garnie d’une valeur de 2000 livres, son carrosse et ses chevaux, ainsi que ses habits.

La future épouse apportait une dot de 4000 livres. Le douaire est fixé à 1500 livres par an, rachetable pour la somme de 12000 livres et assigné sur la tour de Clessy. Ils ont fait une donation mutuelle au dernier survivant.

Leur lieu de résidence était le château de Clessy (situé en Saône et Loire, près de Paray le Monial, non loin du château familial des Chanlecy). Le château de Clessy était la propriété de la famille de Damas depuis le XVe siècle. Le domaine était entouré d’une vaste enceinte pourvue de tours.

Jean Eléonor de Damas a trouvé la mort douze ans plus tard, en 1654, au siège d’Arras, laissant son épouse veuve à 30 ans et sans enfants

L’hôtel du quai Malaquais, domicile conjugal de d’Artagnan et d’Anne Charlotte de Chanlecy

D’Artagnan, nous l’avons vu dans son contrat de mariage, habitait le quartier de Saint-Germain-des-Prés, sur la paroisse Saint Sulpice, rue du Bac. Ce quartier était celui dans lequel le roi Louis XIII, puis Louis XIV, cantonnaient les mousquetaires pour les besoins du service, car situé non loin du Louvre. Jusqu’à la construction de la caserne de la première compagnie, rue du Bac précisément, les mousquetaires devaient loger chez l’habitant, ou s’ils en avaient les moyens, louer un logement à leurs frais.

C’était le cas de d’Artagnan.

L’hôtel dont il était locataire sis au bord de la Seine, idéalement situé, face au palais du Louvre où séjournait le roi quand il était à Paris. Pour les besoins du service, d’Artagnan devait s’y rendre quotidiennement. Une passerelle en bois, peinte en rouge, d’où son nom de «Pont Rouge», qui avait remplacé le bac initial, lui permettait de se rendre rapidement à pied de son domicile au palais; mais s’il était à cheval ou en carrosse, il devait emprunter le Pont Neuf, où les embouteillages étaient fréquents.

Démolition de la partie occidentale de l’hôtel de Nesles en vue de l’élargissement de la rue du Bac. No 1 : emplacement de la partie occidentale de l’ancien hôtel de Mailly-Nesle. À cet emplacement s’élevait l’hôtel particulier de Charles de Batz de Castelmore, comte d’Artagnan. Une plaque sur l’immeuble le rappelle

Description de l’hôtel du quai Malaquais

D’après les plans et gravures que nous connaissons, l’hôtel où habitait le couple d’Artagnan, avait une élévation de trois étages; il se composait d’un corps de logis parallèle à la Seine et au quai Malaquais, sur lesquels donnaient la plupart des fenêtres.

Comment se présentait–il alors?

On entrait dans une cour d’honneur ouvrant sur le quai Malaquais. Là étaient garés les carrosses et les chevaux. Au rez-de-chaussée de la maison se trouvaient la cuisine et l’office.

Une chambre de parade, son antichambre, la pièce où attendaient les visiteurs avant d’être reçus par le maitre de maison, et une garde-robe occupaient le premier étage.

Au second étage se trouvait la chambre à coucher de d’Artagnan, précédée de son antichambre et complétée par une seconde petite chambre et un cabinet.

Le troisième étage, qui présentait un plan quasiment identique à celui des étages inférieurs, comptait une chambre et deux greniers.

Les deux fils de d’Artagnan et d’Anne Charlotte de Chanlecy.

Sur la naissance du fils aîné de d’Artagnan, nous n’avons pas d’informations.

Il est vraisemblablement né à Paris entre décembre 1659 et avril 1660, période au cours de laquelle d’Artagnan était absent de la capitale, puisqu’il accompagnait le roi et la cour lors du long voyage qui a précédé le mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie Thérèse, à Saint Jean de Luz, en juin 1660.

En ce qui concerne son frère, nous savons grâce à son acte d’ondoiement, que le fils cadet du couple d’Artagnan est né le 5 juillet 1661, à Chalon sur Saône. Comme le précise cet acte, l’ondoiement a eu lieu à l’église Saint-Vincent de Chalon, paroisse de la mère:

«Le mardi 5 juillet 1661, j’ai baptisé sur les fonts baptismaux un enfant mâle de madame d’Artagnan. Il naquit «rière» (sur le territoire de) notre paroisse le mesme jour, environ une heure après minuit, en l’année 1661. Il a été baptisé sans nom et sans aucune cérémonie.»)

La rédaction maladroite de cet acte a donné lieu à bien des interprétations, notamment à l’hypothèse d’un enfant adultérin…Comme nous allons le voir, tout cela est faux.

Quelques mois plus tard, au début du mois de septembre 1661, d’Artagnan fut chargé par le roi d’arrêter le surintendant des finances Nicolas Fouquet, dont il a été le geôlier pendant près de 4 ans, désertant une nouvelle fois le domicile conjugal.

L’acte de renonciation à la communauté de biens

Le 16 avril 1665, Charlotte Anne décidait, par acte signé devant les greffiers du Châtelet de Paris, de renoncer à la communauté de biens existant entre elle et son mari:

«Est comparue dame Charlotte-Anne de Chanlecy, ezpouse de messire Charles de Castelmore, chevalier seigneur d’Artagnian, lieutenant de la compagnie des mousquetaires du roi, authorisée par justice, laquelle a dict et déclaré qu’elle a renoncé, comme par ces présentes elle renonce, à la communauté de biens qui estoit entre elle et le sieur d’Artagnan, affirmant n’avoir pris ny appréhendé aucune chose de la dite communauté, se tient à ses conventions matrimoniales et à ce qu’il luy est escheu et advenu depuis son contract de mariage, dont lettres à maistre Collin, procureur de la dite dame de Champlessy, et a signé.(Signature autographe)Anne CharlottedeChanlecy»

Le retour en Bourgogne de Madame d’Artagnan

Compte-tenu des fréquentes et longues absences de son mari, quoi d’étonnant à ce que Madame d’Artagnan soit retournée dans sa Bourgogne natale, où elle pouvait plus aisément gérer ses domaines.

Les actes notariés révèlent les nombreuses transactions, qu’en femme d’affaires avisée elle a multipliées.

Par ailleurs, comme bon nombre de ses contemporains, elle était très procédurière. Elle a intenté plusieurs procès à ses proches, aux membres de sa famille, même à son cousin Chanlecy.

Il est important de noter, que dans tous ces actes officiels, Madame d’Artagnan se présente toujours comme «épouse et compagne de haut et puissant seigneur, Messire Charles de Castelmore, comte d’Artagnan…»

Comme le prouvent des documents manuscrits conservés à la bibliothèque municipale de Dijon, d’Artagnan est venu plusieurs fois en Bourgogne pour participer en tant que membre de la noblesse aux réunions des États de la province.

De son côté, Charlotte Anne de Chanlecy étant revenue sur ses terres y est restée.

Travail de Portrait  » Charlotte Anne de Chanlecy « 

Cet abandon définitif du domicile conjugal par l’épouse, la maladresse de la rédaction de l’acte d’ondoiement du fils cadet, l’acte de séparation de biens entre les époux, ont donné lieu à bien des rumeurs et à quelques anecdotes. «Son mariage avec une vieille et riche veuve, Charlotte de Chanlecy, dame de Sainte-Croix (1659), avec laquelle il ne parvint pas à s’entendre, lui attiora mille moqueries dont il se fâchait beaucou» rapporte Dominique Labarre de Raillicourt, dans son Nouveau dictionnaire des Biographies françaises et étrangères, à l’article consacré à «Charles de Batz de Castelmore, dit le comte d’Artagnan».

Cette affirmation rappelle un peu trop les écrits de Courtils de Sandras, auteur des «Mémoires de Monsieur d’Artagnan», mémoires apocryphes comme on le sait.

Courtils s’est montré trop prolixe sur la vie amoureuse de d’Artagnan et en particulier sur son mariage, pour être crédible.

Il fait dire, notamment, à son héros: «Je m’étais marié, comme les autres, parce qu’il semble que si c’est une folie, comme en effet j’estime que c’en est une, et même très grande, de se marier, c’est du moins une folie qu’il semble permis de faire une fois.»

Le témoignage de Pierre Quarré d’Aligny

Qu’en est-il de la réalité, si dans ce domaine quelque témoignage authentique peut éclairer l’historien.

Ce témoignage, un mousquetaire contemporain de d’Artagnan, très proche de lui puisqu’il a servi sous ses ordres pendant douze ans, nous l’apporte.

Il s’agit de celui de Pierre Quarré d’Aligny, un mousquetaire bourguignon (de l’Yonne et de la Côte d’Or), auteur de mémoires historiques sur sa vie, sa carrière et le règne de Louis XIV.

D’Aligny est un militaire qui écrit, il le dit lui-même en préambule de son ouvrage, non pas pour faire œuvre d’écrivain, ce dont il n’a que faire, mais pour laisser un témoignage le plus véridique possible à ses proches, et tout d’abord à ses enfants, sur les différents événements qu’il a vécu au cours de sa longue carrière d’homme de guerre au service du plus puissant monarque de son temps et sur les principaux personnages qu’il a côtoyés, ceux du moins qui ont le plus compté pour lui.

D’Artagnan est de ceux-là.

C’est grâce à d’Aligny que nous connaissons dans tous ses détails les conditions exactes de la mort de d’Artagnan, le dimanche 25 juin 1673, lors du siège de Maastricht. Il combattait à ses côtés. Le témoignage de d’Aligny correspond d’ailleurs à celui d’un «life guard» de la troupe du duc de Monmouth, et de l’un de ses hommes appelé à un brillant avenir, John Churchill, futur duc de Malborough.

Arrivée de Louis XIV au camp devant Maastricht (détail) par Adam François van der Meulen

D’Aligny qui avait 20 ans lors de son entrée dans la première compagnie des mousquetaires, malgré une carrière militaire, longue et intense, a survécu à ses innombrables blessures. Suite à la parution en 1700, à Cologne, des Mémoires de M. d’Artagnan, il n’hésite à pourfendre leur auteur (alors anonyme) :

«Au reste, ceux qui croiraient trouver la véritable histoire de M. d’Artagnan dans un livre intitulé Les Mémoires d’Artagnan, seraient bien trompés, l’auteur de ces mémoires ne l’a jamais connu et il mériterait une punition exemplaire d’imputer à un homme d’une si grand importance toutes les aventures romanesques qu’il lui plaît d’en conter, aventures pour la plupart indignes des gens les plus ordinaires: en voilà assez pour discréditer ce menteur.»

Si l’on va plus avant dans le texte des mémoires de d’Aligny, qui vient d’être publié pour la première fois dans sa version d’origine, on découvre quelques informations intéressantes et en particulier, la suivante: si Madame d’Artagnan a quitté Paris et le domicile conjugal ce n’est pas de son choix. En effet, c’est en raison d’une lettre de cachet signée par le roi Louis XIV qu’elle a été assignée à résidence sur ses terres de Bourgogne. Et cette lettre de cachet, ce n’est pas le souverain qui en avait pris la décision,

Alors, quelle en est la raison?

Celui d’avoir été une femme trop amoureuse de son poux! En effet, elle l’aimait tellement qu’elle le suivait partout! A tel point, que n’en pouvant plus, d’Artagnan lui-même avait demandé au roi qu’il connaissait bien et voyait quasi quotidiennement en raison de ses fonctions, de signer une lettre de cachet à l’encontre de son épouse…

Madame d’Artagnan a-t-elle su la vérité?

C’est vraisemblable… D’où la demande de séparation de biens.

Ecoutons Pierre d’Aligny:

(…)Il(l’auteur des mémoires apocryphes de M. d’Artagnan) dit encore que M. d’Artagnan avait fait mettre sa femme dans un couvent, comme si sa conduite n’avait pas été agréable à son mari. Elle n’y a jamais été: c’est un mensonge avéré.C’était une dame de qualité et de vertu, de la maison de Chanlecy en Bourgogne. Elle aimait si passionnément son mari qu’elle le suivait partout, ce qui fit que M. d’Artagnan obtint du Roy, avec qui il était sans cesse depuis qu’il fut à la tête de ses Mousquetaires, une lettre de cachet pour l’envoyer dans ses terres de Clessy ou de Ste Croix, où elle était quand nous retournâmes de Pignerol mener prisonnier M. de Lauzun, parce que ce favori avait manqué de respect à Sa Majesté, qui lui vait permis d’épouser Mlle de Montpensier, mais qui, plus réfléchi sur le représentation des Princes du sang, lui avait dit de n’y plus penser. M. de Maupertuis n’oubliera pas, non plus que moi, la mauvaise nuit que cette dame nous fit passer à Roanne, laquelle y était venue pour voir son cher époux, et cet impudent auteur la met dans un couvent pour ses galanteries, elle qui chérissait uniquement son mari, et qui avait la réputation d’une femme vertueuse.»

Après la mort de d’Artagnan

L’inventaire après décès des biens de d’Artagnan a étédressé du 22 au 29 décembre 1673, par maîtres Lefranc et Bélanger, notaires du roi au Châtelet de Paris.

Pour l’occasion, Paul de Castelmore est venu de Gascogne.

La veuve du capitaine lieutenant est venue elle aussi à Paris depuis la Bourgogne. Elle logeait dans un hôtel meublé de luxe du quartier, «La Marguerite couronnée», installé sur l’ancien domaine de la reine Marguerite (la reine Margot). Le 13 janvier 1674, Madame veuve d’Artagnan renonçait à la succession de son défunt mari, la jugeant «plus onéreuse que profitable», avec un actif de 4500 livres.

Le baptême des deux fils d’Artagnan

Désormais libre de ses déplacements, Madame veuve d’Artagnan profita de sa venue à Paris pour prolonger son séjour et se rendre à la cour de Versailles, où ses deux fils furent officiellement baptisés.

Les cérémonies eurent lieu dans la chapelle du château, qui dépendait de l’église Saint-Julien, paroisse du village de Versailles. Consacrée à Saint Julien de Brioude, cette église fut démolie en 1681 et reconstruite un peu plus loin; mais ce nouvel édifice fut à son tour détruit sur ordre de Louis XIV, pour faire place à l’actuelle église Notre-Dame. Quant à l’emplacement d’origine de l’église Saint Julien celle qui existait encore en 1674, il fut occupé parle grand commun du château.

Le 3 mars 1674, fut célébré le baptême du fils aîné des d’Artagnan; son parrain et sa marraine étaient le roi Louis XIV et la reine Marie-Thérèse, son épouse. C’est Bossuet en personne, qui officiait.

Portrait de Bossuet par Hyacinthe Rigaud.
Paris, Musée du Louvre.

Le garçon, alors âgé de 14 ans, reçut le prénom de Louis.

Le mois suivant, le 5 avril 1674, ce fut au tour du fils cadet, âgé de 12 ans et demi, de recevoir le baptême des mains du même prélat. Son parrain était le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, et sa marraine, Mademoiselle de Montpensier, cousine du roi, qui avait, on le sait, beaucoup d’estime et d’amitié pour d’Artagnan. Le cadet fut lui aussi prénommé Louis.

Ces deux actes de baptême sont conservés dans les registres de la paroisse Saint Julien de Versailles.

La Gazette de France, comme à son habitude, a relaté ces événements qui se sont déroulés à la cour. Voici ce qui a été publié dans le n° 29:

La Gazette est un périodique créé en 1631 avec l’appui de Richelieu par Théophraste Renaudot, médecin de Louis XIII. Disparu en 1915, c’était un des plus anciens journaux publiés en France. Son ancêtre est le Mercure françois qui parut de 1611 à 1648.

«De Versailles, le 9 mars 1674 Le 3 du courant, le Roy fit l’honneur au fils aîné du défunt Sieur d’Artaignan, Lieutenant des mousquetaires, de le tenir sur les Fonts, avec la Reyne, et de lui donner son Nom. Sa Majesté ayant témoigné par toutes sortes de bontez à la Veuve et à ses enfants, la satisfaction qu’Elle a des services dudit Défunt.»

Le mois suivant, dans son numéro 45, la même Gazette publiait cet article:

«De Paris, le 21 avril 1674 Ces jours passez, Monseigneur le Dauphin fit l’honneur au second fils du défunt Sieur d’Artagnan, de le tenir sur les fonts, avec Mademoiselle d’Orléans, ainsi que le Roy avait tenu l’aîné; toute la Famille Royale voulant bien donner aux Enfants, des marques de l’estime qu’Elle a toujours eue pour le Père.»

Après la mort de leur père, les frais d’éducation des deux fils de d’Artagnan furent pris en charge sur le Trésor royal, comme cela se faisait pour les enfants d’officiers tués au service du roi.

Grâce aux registres des dépenses, nous savons que les deux garçons avaient à leur disposition un valet, un précepteur, un maître d’armes, un maître à danser, un maître d’allemand et un maître à dessiner.

Il s’agit là des matières considérées au XVIIe siècle comme importantes à connaître pour de jeunes gentilshommes et futurs officiers.

Testament et inhumation de Madame d’Artagnan

Mais revenons à Madame d’Artagnan

Retirée sur ses terres de Bourgogne, Charlotte Anne de Chanlecy gérait ses domaines au quotidien, avec tout ce que cela implique de procédures multiples. Comme nous l’avons vu, elle était une femme d’affaires très vigilante, soucieuse de préserver ses biens.

Par ailleurs, comme cela était de tradition dans l’aristocratie, elle «s’impliquait» beaucoup dans la vie locale. C’était une femme très pieuse. Très souvent, elle a été sollicitée pour être la marraine d’enfants de son entourage. Par exemple, le 14 novembre 1669, elle était la marraine d’Anne Bouchon Flamchan, baptisée à Bragny

C’est en Bourgogne, dans son château de Sainte Croix, que Madame d’Artagnan mourut le 31 décembre 1683, trois jours après avoir dicté son testament, et dix ans et 6 mois après son illustre époux.

Surprise sans doute par une maladie soudaine, Charlotte Anne de Chanlecy, «veuve de haut et puissant seigneur, Messire Charles de Castelmore, comte d’Artagnan, de son vivant capitaine lieutenant de la première compagnie des Mousquetaires à cheval de la garde du Roy», dicta son testament le 28 décembre1683.

Le lendemain de son décès, le premier janvier de l’an 1674, elle était enterrée dans la chapelle Notre-Dame de Pitié, dépendante du château de Sainte Croix.

Voici son acte de décès:

«Le premier jour de janvier mil six cent huitante quatre a esté inhumée dans le charnié de la chapelle Notre Dame de Pitié dépendante du château, haute et puissante dame Anne Charlotte de Chanlecy, Dame dudit Chanlecy, baronne de Ste Croix et autres places, relicte(veuve)de feu haut et puissant seigneur Charles de Castelmore comte d’Artagnan, capitaine lieutenant de la première compagnie des mousquetaires du Roy, laquelle décéda le 31e décembre dernier, environ les 3 heures du matin, munie des sacrements de pénitence, Eucharistie et extrême onction, le 28e dudit mois de décembre par lesieur Curé soubsigné, et assistée jusqu’à son trépas. Ont assisté à sonconvois, qui fut fait à l’heure des vespres dudit jour premier janvier 1684, Messire Philibet Père prtre curé de Frontenot, Messire Anthoine Janin curé de Bruaille, Messires Pierre Granjan, Claude Cretin prtres familiers en l’eglise St Pierre de Louhans, Messire Claude Masier advocat à la Cour juge au baillage de Ste Croix, Messire Philibert Burtin notaire royal et rocureur doffice audit Sainte Croix, Messire Jean-BaptisteEstiard notaire royal a Louhans et plusieurs autres tous des sujets.»

Par son testament, Anne Charlotte avait institué son fils cadet, héritier universel; cette disposition fut contestée par son fils aîné.

A la suite d’une procédure, les deux frères qui demeuraient alors ensemble à Paris, tous deux officiers au régiment des Gardes françaises, aboutirent à un accord et à un partage, par acte du 28 janvier 1685.

A l’aîné revenait la moitié de la terre de Champlecy, plus un legs de 33000 livres.

Que sont devenus par la suite les deux fils d’Artagnan?

Louis l’aîné, né en 1660, qui portait le titre de comte d’Artagnan, a été élevé comme page à la Grande Ecurie du roi. Officier au régiment des Gardes françaises, d’abord enseigne, puis lieutenant, il se distingua par sa conduite toute de bravoure et d’honneur.

Blessé à la bataille de Saint-Denis en 1678, puis à Valcourt, en 1689, il quitta le service en raison de ses blessures. Héritier universel de son oncle Paul de Castelmore, il se retira au château de Castelmore, où il mourut à la fin de l’année 1709, sans descendance.

Louis le cadet, né le 5 juillet 1661, «jeune garçon très bien fait de sa personne», a été menin (c’est-à-dire gentilhomme) du Grand Dauphin, son parrain. Il reprit le titre de comte d’Artagnan à la mort de son frère, Sa carrière militaire commencée au régiment des Gardes françaises, comme sous-lieutenant, se poursuivit en tant que maître de camp d’un régiment de cavalerie.

Après la mort de son frère aîné, il se retrouva seul possesseur des domaines et acquêts de son oncle Paul de Castelmore, en Gascogne, ainsi que des terres et châteaux de Bourgogne, hérités de sa mère.

Il choisit de résider à Sainte-Croix, où il assura la gestion de ses domaines, comme en attestent de nombreux actes notariés.

Avant son mariage, il avait eu avec une demoiselle Marie de Mulaire, une fille naturelle qu’il a reconnue et qui se prénommait Sophie. Sophie d’Artagnan a épousé le 8 octobre 1712 François de Beauchamp praticien à Louhans, procureur d’office de Saint-Croix, dont elle a eu plusieurs enfants.

Par contrat du 21 mai 1707, Louis le cadet a épousé Marie-Anne Amé, fille d’un conseiller au présidial de Reims.

Il ne connut que 7 ans de vie conjugale, puisqu’il mourut dans son château de Sainte-Croix le 7 juin 1714, quatre mois avant son épouse, qui mourut à Chalon le 6 octobre 1704.

A leur mort, le couple laissait deux tout jeunes enfants, Louis Gabriel, né le 23 janvier 1710, et Louis Jean Baptise, né en 1711.

Au terme d’une longue procédure, les deux enfants auront, entre autres personnes, pour tuteurs, Pierre de Montesquiou d’Artagnan, cousin de leur grand-père et maréchal de France.

Ces deux garçons feront eux aussi une carrière militaire et l’aîné reprendra la tradition familiale, en entrant dès l’âge de 15 ans dans cette première compagnie des mousquetaires à cheval de la garde du roi, que son grand-père d’Artagnan avait si brillamment commandée.

Source: Odile Bordaz pour

Société – un mariage à Montjay

Il était une fois il y a bientôt un siècle:

le début des années folles.

Marquée par une très forte croissance économique grâce au développement de l’automobile, du pétrole, de la radio et du matériels électriques. Ainsi que, aux États-Unis, deux phénomènes sociétaux:

La prohibition et le Charleston

C’est dans ce cadre que:

Anne-Sophie, Marguerite, Madeleine OGNIER de Bletterans, épouse FRED, domicilié à Montjay.

Les Tongues Joviales Chaussin
Le boulodrome rentre en service

La première boule en acier aurait été fabriquée en 1927 à Saint-Bonnet-le-Château. La même année, les règles de la pétanque furent codifiées, mais ce n’est qu’en 1930 que les traditionnelles boules en bois cloutées furent remplacées par celles en acier.

Une salle des fêtes transfigurée, d’un caractère éclatant et magnifique! 

CULTURE – Scandale, ma pianiste joue du Rachmaninov en jupe sexy (et alors?)


Depuis quelques années, une poignée de musiciennes s’affranchit des codes vestimentaires du concert de musique classique pour sortir mini jupes, robes sexy et talons hauts. Et ça ne passe pas du tout.

Oui, il existe des codes vestimentaires en musique classique. Non, ne cherchez pas, ces codes ne sont pas écrits noir sur blanc dans des vieux bouquins, ils sont simplement ancrés dans nos mentalités depuis longtemps. Depuis le début de sa carrière, la pianiste star Yuja Wang en fait les frais.

Grâce à sa virtuosité, son jeu exceptionnel et sa sensibilité, cette musicienne chinoise âgée de 30 ans joue avec les orchestres les plus prestigieux du monde, dans les plus belles salles qui affichent complet à chacun de ses passages. Yuja Wang est aussi l’une des artistes classiques les plus critiquées aujourd’hui. Pas vraiment pour son jeu pianistique, elle est surtout critiquée pour ses tenues de concert.

Début décembre, un critique musical britannique, Norman Lebrecht, connu pour son amour des potins et autres faits divers du milieu classique, a publié un article sur son blog: «Now Yuja Wang comes out in her undies» («Maintenant, Yuja Wang vient en sous-vêtements»). Il reprend les termes d’une revue de concert publiée dans le Washington Post, montrant une photo de la pianiste en robe noire courte pendant ce fameux concert, et conclut son billet: «You kinda wonder why» («On se demande pourquoi»).

Maintenant Yuja Wang sort dans ses sous-vêtements

par norman lebrecht, le 1er décembre 2017

Yuja Wang est venue jouer la 5e soirée de Prokofiev hier soir avec l’Orchestre symphonique national à Washington.

Un de nos lecteurs dans le public donne cette description de sa tenue: «tous les noirs, collants, sur-le-genou bottes à talons hauts, soutien-gorge noir et noir très peu et très serré shorts qui ressemblent plus à culottes.

Anne Midgette écrit dans le Washington Post: «La soliste de piano était Yuja Wang, une artiste brillante qui aime à provoquer le public conservateur avec des vêtements de concert étriqués, et qui, le jeudi semblait avoir oublié sa robe tout à fait et regarda comme si elle était jouer dans ses sous-vêtements.

«Je m’habille comme une femme de 26 ans»

Oui, on se demande bien pourquoi. Pourquoi on est obligé, en 2019, de se coltiner ce genre de réflexion sur les tenues des musiciennes classiques. Si Norman Lebrecht était un cas isolé, l’histoire pourrait s’arrêter là. Mais il suffit d’aller voir n’importe quelle vidéo de Yuja Wang sur YouTube pour voir défiler dans les commentaires bon nombre de critiques et insultes envers la pianiste. Il suffit de prononcer son nom en présence de mélomanes pour lancer des débats sans fin sur comment une artiste classique doit s’habiller. Et il suffit de lire quelques revues de concert pour constater que certains critiques donnent autant d’importance à la musique qu’à ses tenues.

D’interviews en interviews, Yuja Wang s’est déjà largement exprimée sur ses choix vestimentaires. En 2014, elle expliquait au Telegraph qu’elle portera des robes plus longues quand elle aura la quarantaine. «J’ai 26 ans, je m’habille comme une femme de 26 ans.» Dans un long portrait publié dans le New Yorker en 2016, le journaliste expliquait qu’au-delà d’une question de mode, ce choix vestimentaire répondait d’abord à des critères très pratiques. Yuja Wang est si petite qu’il lui est difficile de trouver des vêtements adaptés à sa taille qui la mettent en valeur. En 2013, le critique musical du New York Times Zachary Woolfe mettait ainsi en exergue le contraste de son physique menu avec la force qu’elle était capable d’accomplir avec ses mains.

La musique classique, c’est du sérieux

Alors pourquoi jouer Chopin en robe courte provoque autant de remous? Est-ce à dire que le concert classique n’a pas vraiment évolué depuis la fin du XIXe siècle? À certains égards, des codes ont bien traversé le temps, gardiens d’une tradition: salle silencieuse, applaudissements réglementés (toute personne tenté d’applaudir entre deux mouvements d’une symphonie risque sa vie), orchestre uniformisé et public assez bien sapé. Bref, la musique classique, c’est du sérieux. Donc une artiste qui arrive en mini jupe pour jouer le (un des) concerto pour piano de Rachmaninov, c’est un peu comme si quelqu’un débarquait en combinaison jaune fluo à un enterrement.

L’artiste doit-il s’effacer pour la musique?

C’est aussi un conflit idéologique. En musique classique, l’artiste sert la musique. Il ou elle se fait l’interprète d’une œuvre composée par un ou une autre. Il s’efface au profit du son. Pourquoi se mettre en avant dans des habits affriolants si le plus important c’est de faire honneur à l’œuvre de Frédéric Chopin ou Fanny Mendelssohn? Cet argument oublie que l’interprète n’est pas un robot qui exécute un morceau à la perfection. L’artiste classique, pour briller, doit mettre toute son âme dans la musique. Si les Vladimir Horowitz, Glenn Gould, Clara Haskil (pour ne rester que dans les pianistes), n’avaient pas mis toute leur personnalité dans la musique, l’histoire ne les aurait pas retenus.

Khatia Buniatishivili, talentueuse pianiste georgienne, passe ses journées sur des talons de 12 cm. Elle ne va pas changer son look en arrivant sur scène, juste pour respecter un soi-disant code du concert. Non, elle débarque en talons, robe à paillette, décolleté dans le dos parce que c’est elle, tout simplement. Ce qui ne veut pas dire que toutes les artistes aujourd’hui doivent suivre cet exemple et se mettre à la mode Yuja/Khatia. Au contraire. Pour bien servir la musique, il faut se sentir en accord avec soi-même.

Y a plus d’respect

Je rêve du jour où on débarquera en jean/baskets pour jouer du Bach. J’entends déjà les «Où est le respect?!» s’élever. Mais quel respect? Pour l’artiste qui a composé l’œuvre? Quand l’interprète répète, il ou elle ne se met pas en smoking ou robe longue. Respect pour le lieu? En 2017, il est fini le temps où aller au concert est un acte purement mondain. Il est grand temps de se détendre et d’accepter diversité, décontraction et bienveillance, avant, pendant, et après le concert. Enfin respect pour le public? Là, c’est plus compliqué. Chaque personne dans la salle a ses envies, ses goûts, ses attente et son avis. Un concert ce n’est pas simplement de la musique.

Là aussi, il y a deux écoles. Ceux qui sont là pour écouter l’œuvre et ceux qui sont là pour apprécier la performance. Les premiers voient dans les tenues sexys des interprètes une forme de distraction qui n’est pas la bienvenue. C’est un peu le sens du court message de Norman Lebrecht: «On se demande bien pourquoi.» Comme si le spectacle n’avait pas sa place en dehors de la musique et son interprétation.

En 2010, pourtant, le Telegraph avertissait déjà: «Malheureusement, les tenues que portent les interprètent comptent aussi». «L’élégance inspire la confiance», écrivait le journal britannique qui se félicitait de l’amélioration du nouveau moyen en terme de style sur les dernières décennies. D’autres vont encore plus loin, faisant du plaisir visuel des tenues une partie à part entière du spectacle. Toujours dans son texte sur le concert de Yuja Wang au Carnegie Hall, Zachary Woolfe confessait que 90% de son attention était concentrée sur son jeu et 10% –qu’il qualifiait de crucial– sur sa courte robe couleur flamme.

Un fond de sexisme

Le problème, c’est que cette critique sur la tenue des interprètes de musique classique vise surtout les femmes. Simon Ghraichy, mentionné plus haut, est un jeune pianiste français. Cheveux bouclés un peu longs, veste en cuir, chaussures à paillettes et barbe naissante, il casse à sa manière l’image de la musique classique. Dans la presse, les échos à ce personnage sont unanimes: c’est LA rock star du classique. On parle de son look de manière positive: il remue les tripes de l’auditoire dans Paris Match, il rajeunit le festival de la Chaise Dieu dans CultureBox, il secoue le classique dans Le Figaro.

Un traitement médiatique tout autre quand on regarde ce qui est publié sur Khatia Buniatishvili (pourtant plus connue que Simon Ghraichy) dans la presse française. Elle devient la Betty Boop du piano dans Madame Figaro, a une «trop forte personnalité» pour Le Monde qui souligne «la profondeur de décolletés plus que suggestifs» et «une plastique superbe et généreuse» et dans Paris Match elle éblouit «par son génie musical autant que par un sex-appeal qu’elle met en valeur».

La tragédie de la Callas

Mais ce phénomène est loin d’être récent. Dans les années 1950, la chanteuse Maria Callas a perdu 30 kilos en moins de deux ans pour paraître «plus belle» selon les critères de beauté de l’époque (qui persistent encore aujourd’hui). La diva voulait ressembler à son idole, Audrey Hepburn. Pari réussi mais risqué. Ce régime drastique a tué non seulement sa voix, mais serait aussi probablement l’origine de son décès. Deux scientifiques ont cherché à déterminer la mort prématurée de la diva. Cette perte de poids soudaine pourrait être à l’origine de la maladie qui a tué la cantatrice.

Juin 1947 : Maria Callas en chemin vers l’Italie, photographiée à bord du transatlantique., © AFP
A gauche : Audrey Hepburn en 1961 dans le film « Breakfast at Tiffany’s ». A droite : Maria Callas à Londres, en 1959., © AFP

L’injonction à être belle et sexy est pesante pour de nombreuses musiciennes et chanteuses. Mais derrière l’apparence, il y a le talent. Personne n’est dupe. On ne peut pas percer dans ce milieu uniquement avec des jolies robes à paillettes et un visage de poupée pour faire le buzz.


Pour se faire accepter dans le monde ultra sélectif de la musique classique, les artistes doivent redoubler d’inventivité, de génie, d’audace. Pour se faire accepter auprès du grand public, ils doivent redoubler de charisme, de répartie, de décontraction. Et cela passe souvent par le physique. Les médias généralistes se font l’écho des artistes extra-ordinaires. Et tant mieux!

La musique classique a besoin de cette exposition-là et si Yuja Wang, Simon Ghraichy ou Khatia Buniatishvili peuvent convaincre n’importe quel néophyte de franchir les portes d’un concert classique ou d’aller regarder une vidéo YouTube d’un concerto pour piano de Schumann en entier, on a tout gagné.

Aliette de Laleu

Saône-et-Loire – restrictions des usages de l’eau

La préfeture de Saône-et-Loire vient de prendre un arrêté, ce mardi 16 juillet, concernant la gestion de la sécheresse et le renforcement des mesures de restrictions des usages de l’eau.

L’ouest du département est particulièrement impacté, étant en situation de « Crise ». La Bresse est en « Alerte renforcée« .

Ce qui est interdit en « Crise »

  • – L’arrosage des pelouses, espaces verts, massifs fleuris ; seul l’arrosage des jardins potagers, en dehors des prélèvements réalisés en cours d’eau et nappe d’accompagnement, reste possible de 20h à 8h.
  • – L’irrigation des cultures ; des dérogations peuvent être accordées au cas par cas pour les cultures maraichères et les pépinières.
  • – Le lavage des véhicules hors des stations professionnelles équipées d’un système de recyclage des eaux.
  • – Le lavage des voiries.
  • – La vidange des plans d’eau. 
  • – Les activités industrielles et commerciales doivent réduire leur consommation au strict nécessaire.

Ce qui est interdit en « Alerte renforcée »

  • – L’arrosage des pelouses et des espaces verts.
  • – L’arrosage des jardins potagers à partir de prélèvement en cours d’eau et nappe d’accompagnement.
  • – L’irrigation entre 8h et 20h, sauf pour les cultures sensibles (interdiction de 17h00 à 12h00).
  • – Le lavage des véhicules hors des stations professionnelles équipées d’un système de recyclage des eaux
  • .- Le lavage des voiries.
  • – La vidange des plans d’eau.

La Bresse – LA LETTRE

de Cécile Untermaier

Députée de la 4ème circonscription de Saône-et-Loire, Bresse, Val de Saône, Tournugeois

Le 11 Juillet 2019

« Les communes nouvelles » : mon intervention en discussion générale

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Rapporteur,

Mes cher.e.s collègues,

I) Le mouvement communal remonte sinon au néolithique, en tout cas au XI-XII ème siècle.

La commune, c’est l’expression d’un besoin d’association pour gérer de façon cohérente des intérêts communs. Elle correspond à la nature profonde de l’humanité. Elle ne résulte pas d’un découpage administratif comme l’ont été par exemple les départements ou dernièrement encore les régions. Elle est avant tout une communauté de vie, une histoire entre les femmes et les hommes et un territoire. La commune revêt une dimension patrimoniale et constitue une identité démocratique par essence différente de tout autre entité administrative. Elle exige que les dispositifs qui lui sont destinés, le soit avec ménagement et en tenant compte de ce qu’elle constitue un lieu de vie avant d’être une structure administrative.

La loi dite « Marcellin » du 16 juillet 1971 ou le traumatisme du regroupement autoritaire des communes est un échec pour avoir ignoré cette réalité.  Depuis les lois de 2010 et surtout du 16 mars 2015 ont offert des perspectives intéressantes aux communes qui souhaitent se regrouper. C’est désormais dans le cadre d’une démarche volontaire, pour aller au bout des logiques de mutualisation ou pour dépasser les fractures territoriales, tout en conservant des liens de proximité, l’histoire et l’identité des communes fondatrices, que cette voie est ouverte aux collectivités, pour lesquelles un tel rapprochement est une évidence.

C’est dans un contexte où la populations voient la fracture territoriale s’aggraver, des écoles fermées et des services publics s’éloigner ou se dématérialiser, que nous devons appréhender ce texte, c’est-à-dire non pas comme une démarche technocratique mais comme la garantie de plus de service public dans la proximité avec une prestation de qualité renforcée.

C’est à l’aune de cette exigence que nous devons avancer dans la voie que vous nous proposez.

II) La création de la commune,

communauté et sa substitution à l’EPCI existant, est une hypothèse de configuration intéressante même si elle ajoute cependant à la complexité de notre système d’organisation territoriale. Le système dans son ensemble n’est pas simple. Certes, il n’y a pas besoin de connaître le principe d’Archimède pour nager mais quand même, gardons à l’esprit la nécessaire lisibilité des dispositifs que nous mettons en place.

Le statut particulier de la métropole de Lyon par exemple vient de faire l’objet d’un correctif à raison d’une lacune juridique de taille, puisque les conseillers communautaires étaient exclus de la compétence de vote pour les sénatoriales. Ainsi, même l’administration la plus compétente se perd dans ses cheminements complexes.

Et s’agissant du volontariat, veillons à ce que les dispositifs financiers ne trahissent pas cette belle idée, en asséchant les ressources propres des communes, et en en proposant des avantages financiers aux regroupements tels que beaucoup d’élus ne pourraient alors et d’abord rechercher.

III) Le citoyen doit être au cœur de nos préoccupations.

Les questions d’existence, de disparition ou de regroupement de communes doivent être abordées avec les citoyens, constitutifs de cette communauté de vie qu’il est proposé de changer.

Le premier gage de réussite d’une commune nouvelle est, sans conteste, une appropriation du projet par les habitants directement concernés. Rappelons à ce propos que la commune est à la démocratie ce que l’école est à la science.

La consultation citoyenne dont dispose le CGCT par une mesure législative qui date de 2010, ne s’impose qu’en cas de désaccord entre les communes. Je trouve regrettable du point de vue de la démocratie locale que cette consultation ne soit pas davantage encouragée par la loi. Il ne s’agit pas d’alourdir la procédure, ni de donner à cette consultation un caractère impératif mais de donner des clés de réussite aux élus locaux, Celle-ci, je parle d’expérience, se niche dans la discussion.  

Nous n’avons pas pu déposer d’amendement en ce sens à raison de l’article 40. Ainsi, d’une manière générale, il est aujourd’hui impossible pour un parlementaire de prévoir un dispositif de consultation des électeurs, peu importe le sujet. Pourtant, il s’agit de démocratie locale dont nous sommes les premiers à ressentir la nécessité sur le terrain. Dans un contexte où les demandes démocratiques sont de plus en plus forte, l’article 40 semble obsolète en ce domaine.

Note: la mise en valeur de parties de texte est du fait de la rédaction de MONTJAY FORUM.

CULTURE – La Damnation de Faust

Cette année 2019 est une année Berlioz. Hector est en effet décédé en 1869, il y a donc tout juste 150 ans. C’est donc l’occasion de célébrer un des plus grands artistes français et une figure majeure de la vie musicale française au XIXème siècle.

« La musique a de grandes ailes que les murs d’un théâtre ne lui permettent pas d’étendre entièrement ».


Faust – Acte IV : Déposons Les Armes. Gloire Immortelle De Nos Aïeux
Michel Plasson – Chœur Capitole Toulouse – Chœur De L’Armée Française – Orchestre Du Capitole De Toulouse

Berlioz était fasciné par la traduction du Faust de Goethe par Gérard de Nerval, mais il avait conscience des difficultés que susciterait la mise en musique d’un chef-d’œuvre aussi complexe. La Damnation deFaust qui prend forme à partir d’une œuvre de jeunesse remaniée, Les Huit Scènes deFaust, demeure inclassable, débordant des cadres habituels d’un livret d’opéra en mêlant le chant et la parole pour  mieux déployer de grandes pages orchestrales. Intitulée légende dramatique, elle se présente comme une succession de tableaux dont la représentation scénique reste malaisée. Elle relève plus d’un théâtre de l’imaginaire reliant entre elles des scènes musicales allant de la méditation solitaire aux emportements  de la foule, en passant par les élans de l’amour ou les fureurs démoniaques, selon l’inspiration du compositeur.  En 1846, à sa création en version concert, l’ouvrage fut un échec. En revanche, la première mise en scène qui date de 1893 rencontra un grand succès. Depuis, les versions concert alternent avec les mises en scène souvent spectaculaires et marquantes comme celle que réalisa Maurice Béjart en 1964. Malgré son caractère hybride renforcé par le manque de cohérence de la composition dramatique, La Damnation s’impose comme une œuvre lyrique majeure représentative de l’esthétique romantique. Faust est l’archétype du héros romantique en proie à  une vive souffrance intérieure, cherchant sa guérison au sein de la Nature « immense, impénétrable et fière » et finalement conduit par amour à choisir les ténèbres de l’enfer où l’entraîne Méphistophélès.   

L’action de situe au Moyen-Age, en Hongrie et en Allemagne. Faust accablé par le dégoût de la vie, veut  mettre fin à ses jours en absorbant du poison. Les chants de Pâques l’arrachent à son désespoir en lui rendant la foi de son enfance, mais cet élan mystique suscite l’apparition soudaine du démon, Méphistophélès, qui lui promet tous les plaisirs de l’existence et l’entraîne dans une taverne au milieu d’une bruyante assemblée. Ces plaisirs vulgaires ne parviennent pas à séduire Faust et Méphistophélès le transporte sur les bords de l’Elbe où il lui fait découvrir la jeune Marguerite dans un rêve enchanteur. Dès que Faust et Marguerite se rencontrent, ils se reconnaissent et se jurent un amour réciproque. Mais les deux amants doivent se séparer car Méphistophélès les avertit qu’ils ont attiré l’attention du voisinage et de la mère de Marguerite. Faust, malgré sa promesse de revenir dès le lendemain, semble avoir oublié Marguerite pour s’abîmer dans la contemplation de la nature. Méphistophélès le rejoint pour lui apprendre que la jeune fille est condamnée à mort pour avoir empoisonné sa mère. Pour la sauver, il exige de Faust qu’il signe un pacte l’engageant à le servir et il l’entraîne avec lui en enfer au terme d’une chevauchée fantastique. Seule Marguerite est sauvée et accueillie au ciel par le chœur des esprits célestes.

La damnation de Faust « D’amour l’ardente flamme » Orchestre Les Siècles, direction François-Xavier Roth et Anna Caterina Antonacci (Marguerite) 2014
L’un des tubes préféré de la rédaction.


D’amour l’ardente flamme,
Consume mes beaux jours.
Ah! la paix de mon âme
A donc fui pour toujours!


Son départ, son absence
Sont pour moi le cercueil,
Et loin de sa présence,
Tout me paraît en deuil.


Alors ma pauvre tête
Se dérange bientôt,
Mon faible cœur s’arrête,
Puis se glace aussitôt.


Sa marche que j’admire,
Son port si gracieux,
Sa bouche au doux sourire,
Le charme de ses yeux,


Sa voix enchanteresse,
Dont il sait m’embrâser,
De sa main, la caresse,
Hélas! et son baiser,


D’une amoureuse flamme,
Consument mes beux jours!
Ah! le paix de mon âme
A donc fui pour toujours!


Je suis à ma fenêtre,
Ou dehors, tout le jour –
C’est pour le voir paraître,
Ou hâter son retour.


Mon cœur bat et se presse
Dès qu’il le sent venir,
Au gré de ma tendresse,
Puis-je le retenir!


O caresses de flamme!
Que je voudrais un jour
Voir s’exhaler mon âme
Dans ses baisers d’amour!

La fête nationale du 14 juillet

Sous la IIIe République, une nouvelle Chambre à majorité républicaine et non plus monarchiste est enfin élue en 1877. Le régime cherche dans la Révolution française une légitimité morale.

Il remet en vigueur les symboles de la Grande Révolution de 1789, en particulier la Marseillaise, hissée au rang d’hymne national, le Panthéon, nécropole des gloires républicaines, enfin la Fête nationale.

En 1878, le Président du Conseil Armand Dufaure organise une première célébration le 30 juin. Elle est immortalisée par le peintre Claude Monet (tableau ci-dessous).

Enfin, le 6 juillet 1880, sur proposition de Benjamin Raspail, la Chambre des députés vote une loi ainsi libellée :

« Article unique. – La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ».

30 juin 1878 : la capitale en liesse célèbre enfin la République, restaurée en 1870. Les immeubles se couvrent de drapeaux bleu-blanc-rouge. C’est une journée historique, un moment exceptionnel pour les Parisiens, qui vivent là leur première grande fête nationale (la date du 14 juillet sera retenue en 1880).

CLAUDE MONNET, La Rue Montorgueil, à Paris. Fête du 30 juin 1878
Paris, musée d’Orsay

Dans les jours qui la précèdent, la Chambre des députés vote l’amnistie pour les condamnés de la Commune de Paris. Le député Victor Hugo déploie tout son talent oratoire au service de leur cause :

« Messieurs, le 14 juillet est une fête ; votre vote aujourd’hui touche à cette fête. Quelle est cette fête ? Cette fête est une fête populaire. Voyez la joie qui rayonne sur tous les visages, écoutez la rumeur qui sort de toutes les bouches. C’est plus qu’une fête populaire, c’est une fête nationale. Regardez ces bannières, entendez ces acclamations. C’est plus qu’une fête nationale, c’est une fête universelle. Constatez sur tous les fronts, anglais, espagnols, italiens, le même enthousiasme ; il n’y a plus d’étrangers. (…)

Eh bien, messieurs, ce jour-là, on vous demande de le célébrer de deux façons, toutes deux augustes. Vous n’y manquerez certainement pas. Vous donnerez à l’armée le drapeau, qui exprime à la fois la guerre glorieuse et la paix puissante, et vous donnerez à la nation l’amnistie, qui signifie concorde, oubli, conciliation, et qui, là-haut, dans la lumière, place au-dessus de la guerre civile la paix civile.

Messieurs, ce sera un double don de paix que vous ferez à ce grand pays : le drapeau, qui exprime la fraternité du peuple et de l’armée ; l’amnistie, qui exprime la fraternité de la France et de l’humanité. »

Victor HUGO
CLAUDE MONET (1840 – 1926) | Rue Saint-Denis, Fête du 30 juin 1878
Musée des Beaux-Arts de Rouen