Mairie de MONTJAY – Boulodrome

Mercredi 10 et jeudi 11 juillet, des volontaires ont procédé à la pose de coffrage et au bétonnage des fondations de bastaings, dans le cadre de la réhabilitation du double boulodrome de la commune.

Galerie d’images

Merci à ces volontaires ! Aux 5 élus, aux 2 chasseurs, aux 3 adhérents du comités des fêtes et au vice-président du Club des Montjoyeux.(Il y a des cumulards).

Melanzane a funghetto (aubergines rissolées à la napolitaine)

Spaghetti à l’amatriciana, typiques de Rome

Vitello Tonato (Veau à la sauce au thon). Plat typique de la cuisine du Piémont

Scamorza fumée typique des régions sud de l’Italie, Pouilles et Campanie. Gorgonzola fromage persillé italien originaire de la région de Milan en Lombardie.

Coviglia al cioccolato: ancien semifreddo napolitain au chocolat

Bourgogne-Franche Comté – Le Doubs

Demain le Tour descend le Doubs de Besançon à Chalon

La rivière, LE DOUBS, prend sa source à Mouthe.  Les pluies de la région de Mouthe sont collectées par un immense réseau souterrain.  La rivière apparaît à Mouthe au fond d’un ruz.  La cavité d’où jaillit l’eau est un lieu de mystère.

La température de l’eau n’excède pas les 6°C et le courant est fort. Le rocher est formé de couches de calcaire, roche friable et sensible à l’érosion de l’eau .Certaines couches se creusent sous l’action du gel. Le site naturel de la Source du Doubs est inscrit à l’Inventaire des sites naturel du Doubs.

La source du Doubs à Mouthe


Jadis, une vouivre hantait la Source du Doubs. Quand l’eau montait et que de longues coulées d’écume blanche sortaient de la grotte, entraînées par un courant rapide et bouillonnant, on pensait que la vouivre s’agitait sous terre comme un démon. Mais le monstre était plus dangereux encore lorsque la Source laissait sourdre une onde claire. L’imprudent qui se penchait sur ce miroir liquide se trouvait comme fasciné par une étrange lumière, il glissait sur le rocher humide et la vouivre l’emportait au fond de son antre. On savait vaguement que la Bête, ainsi qu’on la nommait, avait la forme d’un serpent, des écailles vertes et noires ; on était sûr qu’elle volait dans les airs et que son œil unique resplendissait encore plus la nuit que le jour. Certains soirs, en guise de promenade, elle allait s’ébattre dans le torrent du Bief, qui naissait, à cette époque-là, au pied du rocher de Crève-Cœur. Les gens de Mouthe, lorsque la vouivre se rendait ainsi d’un point à un autre, voyaient dans le ciel une traînée lumineuse qui s’élevait sur les flancs du Noirmont pour aller disparaître du côté des Roches, et ils se signaient, car la redoutable bête leur inspirait une grande frayeur.Mais un jour, cette vouivre, qui avait déjà tant fait mourir de pauvres hères, périt à son tour. Voici comment. Un homme de Cudubief, hameau dont il ne restait plus qu’une maison il y a cinquante ans, coupait du bois dans la forêt. Pour échapper à un orage, il se réfugia dans le creux des Roches et s’y endormit. Quand il se réveilla, la pluie avait cessé, mais il faisait déjà nuit. Comme le ciel était sans lune et sans étoiles, il fut bien étonné de voir que le creux se trouvait illuminé et formait un vaste halo de clarté au milieu de la forêt toute sombre. Il eut bientôt l’explication dece phénomène : sur une pierre plate, à peu de distance, une boule aveuglante rayonnait de tous ses feux. Puis cette lumière s’éleva brusquement au-dessus des grands sapins, et disparut. L’homme pensa aussitôt à la vouivre et à son escarboucle merveilleuse.Rentré chez lui, le bûcheron savait déjà comment il opérait pour s’emparer du trésor de la vouivre. Sans rien dire à personne, il prit un cuvier à lessive, le hérissa à l’extérieur de clous solides et acérés ; puis il le transporta près de la source et le renversa sur le sol, le fond en haut. Combien de nuits l’obstiné paysan passa-t-il sous son cuvier, à surveiller, par quelques fentes, les alentours ? Mais un soir sa patience fut récompensée. Les abords de la source furent inondés de lumière et la vouivre apparut. Elle déposa son escarboucle sur la même pierre plate et commença à s’ébattre dans l’eau.Tapi sous son cuvier, notre homme avait suivi attentivement tous les gestes du monstre. Quand il le vit bien occupé à se baigner, il s’avança sans bruit, comme une tortue sous sa carapace, tout près de la pierre plate. Puis il souleva le bord de son abri, tendit le bras, s’empara prestement du rubis et, laissant retomber sur lui et le trésor le lours cuvier hérissé de pointes, il attendit, plus mort que vif. Bientôt un sifflement lugubre lui déchira le tympan, puis le cuvier, heureusement solide, fut ébranlé par un choc violent. Pendant des heures, la terrible bête s’acharna, grondant, sifflant, se blessant cruellement aux clousContre le cuvier dont la résistance la rendait folle de rage. Enfin, cris et coups s’affaiblirent et finirent par cesser. Craintivement, notre homme osa soulever le bord de son abri. Et comme une large traînée de sang se dirigeait vers le ruisseau, il comprit que la bête était allée mourir dans le bief des Roches, et il sortit de dessous sa carapace.L’escarboucle au fond de sa poche, il regagna sa maison en courant. Puis, sans attendre, et sans avertir quiconque, il s’éloigna en toute hâte. Il s’en alla jusqu’à Dijon, croit-on, et y vendit l’escarboucle pour un nombre respectable de pièces d’or. De retour chez lui, il
conta enfin son aventure à sa femme, qui l’écoutait bouche bée. Quand il voulut étaler son trésor devant elle, il ne put sortir de ses poches que des feuilles sèches, des feuilles de hêtre. Ne comprenant rien à ce qui se passait, il se sentit soudain accablé de fatigue et partit se coucher. On dit que ses cheveux blanchirent à vue d’œil et qu’il trépassa très vite.La vouivre de la source s’était vengée


MOUTHE: surnommé « La petite Sibérie » française…

Le Doubs-Rhin:

En ces temps reculés, la terre et la région du Jura n’était pas ce qu’elle est de nos jours.Le Rhin, ce grand fleuve qui traverse les deux départements du Bas et du Haut Rhin n’avait pas le cours que nous lui connaissons aujourd’hui. En effet, en cette époque, le Rhin recouvrait entièrement le lit du Doubs.
Ce fleuve immense créé par l’union de ces deux rivière venait déposer ses eaux dans le bas du Jura pour disparaitre dans le grand lac formé par la plaine Bressane.
Ce grand lac alimenté principalement par ce Doubs-Rhin, la Saône et la Loue recouvrait totalement la plaine Bressane et la région Doloise n’était que l’immense delta de ce lac : le lac Bressan.

C’est à la suite d’un effondrement géologique que le Rhin prendra vers la fin de l’ère secondaire le cours que nous lui connaissons aujourd’hui, libérant le Doubs en laissant derrière lui ses alluvions aurifères que nous retrouvons principalement aujourd’hui en forêt de Chaux. Le grand lac Bressan insuffisamment alimenté en eau s’assèchera lentement et laissant derrière lui cette plaine fertile que nous voyons et exploitons aujourd’hui entre Dole et Chalon-sur-Saône.

La Haute Vallée du Doubs

Sur les premiers kilomètres de son parcours, le Doubs adopte un tracé singulier en forme de baïonnettes, faisant se succéder tantôt un écoulement dans de larges dépressions synclinales dénommées vals, tantôt des passages dans des gorges étroites découpant les anticlinaux et appelées cluses. Ainsi, après avoir atteint la commune de Rochejean,

Rochejean

il prend la direction nord-ouest en passant par la cluse de Fourperet, qui draine les eaux de la rivière du val de Mouthe vers le val de Saint-Point. Vingt-deux kilomètres en aval de la source, il reprend une direction nord-est et forme alors un vaste lac naturel, le lac de Saint-Point, de près de 7 km de longueur et 800 m de largeur.


Vue de la commune de Saint-Point-Lac avec le lac gelé au premier plan.

Le passage d’une nouvelle cluse au pied du fort de Joux permet au cours d’eau d’atteindre Pontarlier, première ville d’importance à être traversée. Il reçoit un de ses principaux affluents, le Drugeon, avant de s’écouler dans le val du Saugeais. Il s’insère ensuite dans une série de gorges escarpées, le défilé d’Entre-Roches et le défilé du Coin de la Roche, débouchant sur le val de Morteau.

Le fort de Joux – Vue lointaine du château et de la cluse

Le fort fut réparé et renforcé tant par l’amélioration de la seconde et cinquième enceinte que par la construction du fort Mahler entre 1843 et 1851. Le 1erfévrier1871, une fois l’armistice signé, les 100 000 hommes de l’armée de l’Est commandés par Bourbaki se firent attaquer par les 500 hommes prussiens de Manteuffel alors qu’ils se dirigeaient vers la Suisse pour être désarmés (Convention des Verrières). Le fort Mahler et le fort de Joux défendirent la colonne de soldats qui se dirigeait vers la cluse de leurs canons et la bataille furent victorieuse pour les Français. Ce fut aussi la première action d’envergure de la Croix-Rouge qui soigna autant les Prussiens que les Français aux Verrières-de-Joux.

Armée de Bourbaki en Suisse en 1871 –
Edouard Castres (Panorama) — tableau du musée de Lucerne

Au niveau de Villers-le-Lac, il forme le lac de Chaillexon (appellation française) ou lac des Brenets (appellation suisse) se composant de trois bassins dont les deux derniers forment les Gorges du Doubs.


Le Saut du Doubs est une chute de 27 mètres de hauteur sur le Doubs située sur la frontière franco-suisse

Il se termine par un entonnoir débouchant sur une chute de 27 mètres de hauteur, le Saut du Doubs. De Villers-le-Lac à Indevillers, le Doubs constitue une frontière naturelle entre la France et la Suisse sur une cinquantaine de kilomètres, sous forme d’un profond canyon dominé par des corniches et encaissé par endroits de près de 400 m. Cette partie frontalière du cours d’eau, de par sa morphologie, est très sauvage : seuls deux ponts permettent de le traverser et une seule zone habitée s’est établie sur ses berges, le village transfrontalier de Goumois. Peu après, il pénètre franchement sur le territoire suisse en se dirigeant vers l’est jusqu’à la localité de Saint-Ursanne où il forme une épingle pour repartir en direction de l’ouest

Saint-Ursanne et le Doubs. das le canton du Jura « Suisse »

cette région enserrée par la rivière est appelée le Clos du Doubs. Son cours entre à nouveau en France, reçoit les eaux du Dessoubre à Saint-Hippolyte, et à partir de ce point met le cap vers le nord. Il franchit par une cluse la chaîne plissée du Lomont avant d’arroser la ville de Pont-de-Roide

Le Doubs et la mairie de Pont-de-Roide-Vermondans.

et remonte vers le bas pays en direction de la trouée de Belfort. Il atteint une zone très urbanisée, l’agglomération de Montbéliard, à travers laquelle il forme une vaste boucle pour bifurquer à nouveau vers l’ouest.

La Moyenne Vallée du Doubs

Après son passage à deux kilomètres au sud de Montbéliard, le Doubs reçoit à Voujeaucourt son deuxième affluent le plus important, l’Allan, et s’oriente définitivement vers le sud-ouest, en longeant les premiers contreforts du massif du Jura. Son altitude passe alors sous la barre des 300 m avant de s’engouffrer une fois de plus, par la cluse de Clerval qui coupe la Chaîne d’Armont, dans une vallée encaissée de plusieurs centaines de mètres. Il atteint la plus grande ville établie sur son cours, Besançon, où il forme un méandre parfaitement dessiné dénommé la Boucle. Il quitte finalement les formes jurassiennes au niveau de la localité d’Osselle.

Village Gaulois des Séquanes sur le site de la ville de Besançon de -1000 à JC

La Basse Vallée du Doubs

Le Doubs arrive dans le département du Jura où ses eaux serpentent alors dans une plaine alluviale peu profonde insérée entre la forêt de Chaux au sud et le bas plateau de la forêt d’Arne au nord.


Baraques du 14 de la forêt de Chaux

Après avoir traversé Dole, point à partir duquel il passe en-dessous d’une altitude de 200 m, il entame la dernière partie de son parcours en divaguant dans la plaine de la Saône par une succession de méandres et de bras-morts jusqu’à sa Confluent. Il reçoit la Loue, son principal affluent, puis l’Orain.

Dole

Morne plaine nourrissant les hommes depuis plusieurs millénaires.
La plaine du Finage (Jura) est immense. Elle renferme de nombreux sites archéologiques très anciens.


La zone de contact entre Bresse comtoise et Finage se situe entre Longwy-sur-le-Doubs et Chaussin; mais dire à un Chaussinois qu’il est bressan c’est risquer de s’entendre répondre que la limite avec la Bresse « passe toujours dans le jardin du voisin »

Le Doubs se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire, 71) après avoir reçu la Loue, qui n’est autre qu’une résurgence du Doubs. Le Doubs est seulement de 50 km moins long que la Saône dans son parcours total et affiche un débit interannuel de 15 m³/s supérieur à celui de la Saône !

Verdun sur le Doubs

Carrefour fluvial le canton de Verdun est habité depuis la préhistoire, (sites de Bragny, Chauvort, Allerey, Gergy, Verjux, Charnay….).
En 843, par le traité de Verdun, les trois petits fils de Charlemagne se partagent l’Empire Carolingien. La cité devient alors ville frontière et sera le théâtre de nombreuses luttes meurtrières et destructrices : guerres entre les Etats, entre le Duché de Bourgogne et le Royaume de France, entre les catholiques et les protestants, entre les ligueurs et les Partisans du Roi de France.
Après l’annexion de la Franche-Comté, en 1678, la Bourgogne n’est plus province frontière Verdun cesse d’être martyrisé et retrouve enfin le calme qu’on lui connaît aujourd’hui.

Verdun-sur-le-Doubs-confluent du Doubs (à droite) et de la Saône (à gauche)

Société – H(h)istoire(s) de MONTJAY

Est-ce que, selon nous, nos « armoiries » seraient vraiment les bonnes ?


Source 1:

Armoirie DU RAQUET

La même en couleur

DU RAQUET

De Charles- Hubert DU RAQUET , Seigneur DE MONTJAY

A Marie Fernande Rémonde Pauline DU RAQUET de l’Orme DE MONTJAY

Marquisat du Montferrat, partie bleue à l’ouest de la carte.

Entrée en scène de la famille De GREEN de Marsault avec Marie Louise

Sources 2:

Mais pourquoi ces Rachetti(o), devenu Duraquet et Du Raquet, ont il quitté le petit village d’Altare dans le Montferrat ?

Le nom d’Altare est lié, depuis le Moyen Âge, à la manufacture du verre, qui a été au cours des siècles, pour cette bourgade et cette communauté si particulière, pratiquant ni l’agriculture, ni l’élevage, la seule source de revenu et de vie.

C’est qu’à l’instar de l’un des verriers les plus connus et les plus géniaux de son époque, Bernard Perrot qui fut le véritable inventeur du coulage du verre que Saint-Gobain mis ensuite à profit pour réaliser des miroirs de grandes dimensions, qu’ils constituèrent les équipes les plus nombreuses et les plus structurées de l’immigration verrière italienne en France. 

Travailler chez l’autre n’est pas systématiquement le fruit de la misère locale, de même que ce ne sont souvent pas les plus pauvres qui partent, mais d’abord ceux qui ont un capital social, économique ou technique qu’ils peuvent mobiliser dans la migration.

Principales migrations des verriers d’Altare dans la seconde moitié du xvie siècle.

Par contre eux s’installèrent à La Vieille-Loye près de Dole, alors capitale de la Franche-Comté, avec son château comme siège du Comté de Bourgogne des comtes palatins de Bourgogne, entre le Vignoble du Jura et le Vignoble de Bourgogne. Et c’est à la verrerie qu’ils exercent leur art et que

Constantain Duraquet en devient le propriétaire en 1648.

Archives départementales du doubs série B & G

B 758 ou B2987:(1648-1649)

18fev-10mars 1648 (arrêts sur requêtes) informations sur l’état du domaine de Santanset la convenance qu’il y aurait à amodier cette seigneurerie à Constantin Duraquet du Montferrat, désireux d’y établir une verrerie.

B567:(1640-1650)

21 mars 1648 Concession de la tour de Santans et droits d’usage dans la forêt de Chaux, faite pour 12 ans à Constantin Duraguet gentilhomme verrier, originaire du Montferrat, pour y établir une verrerie.(délibération de la chambre des comptes).

AD Cote d’Or E3 2227 F224 Constantin acensitaire des Chartreux à Longchamp en 1645.

Hercule Duraquet de Lorme, frère du précédent, construit la nouvelle verrerie de La Vieille Loye, au Grand Buisson en 1674

Archives départementales du Doubssérie B

B3083 31 janvier1673 Accensement à perpétuité fait par la chambre des comptes à Hercule Duraguet gentilhomme verrier, originaire du Montferrat, d’une place au territoire de la chapelle de la Vieille Loye dite le « Grand Buisson » pour 8 francs comtois afin d’y établir une verrerie, précédement accordée à Constantin Duraguet son frère. arrêt acensement à perpétuité du 24 mai 1674.

AD de Saone et Loire Preuve de noblesse Marie François Jérome Du RAQUET de Montjay né en 1743 à Dole.

Charles-Hubert Duraguet de l’Orme, fils de Hercule Duraquet de Lorme, seigneur de MONTJAY en devient propriétaire


Source 3:

Source 4:

Marie Louise Du RAQUET de l’Orme de Montjay (née De GREEN de st Marsault)

Green de Saint-Marsault

Source 5:

Gréen (De), seigneurs de Montjay.

La seigneurie de Montjay était depuis la fin du XVI* siècle, aux de Gréen, qui avaient un château au lieu-dit la Plate. Ces seigneurs comptaient parmi les gentilshommes reçus sur preuves aux États de Bourgogne. Leurs armes étaient « à trois demi-vols d’or ». Un membre de cette famille, Alexandre de Gréen (Grain) Saint-Marsault, trouva une mort glorieuse, en1766 (1778), en combattant sur la Belle-Poule, contre les anglais. La seigneurie passa alors par le mariage de Jeanne de Gréen, sa sœur et héritiaire, à Marie-François-Jérome du Raquet de Lorme.

Une partie de l’ancienne seigneurie de Montjay appartenait au de Scorailles

Source 6:


Source 7:

Chapitre Noble de Chanoinesses d’Alix

Marie Louise du Mouchet nait le 26 janvier 1733. Elle est baptisée le même jour dans la paroisse Saint Vincent de Chalon sur Saône. Son père, Claude Amable du Mouchet est chevalier, seigneur de Beaumont, major des ville et citadelle de Chalon sur Saône. Il est né le 11 mai 1701 à Gourdon, et décèdera en 1751.

Il avait épousé en 1729 Jeanne Françoise de Green (ou de Grain) de Saint Marsault, dame de Montjay.

Après avoir présenté ses preuves de noblesses, Marie Louise est reçue chanoinesse novice le 17 aout 1756. Elle fait sa profession de foi le 11 juin 1759. Sous la pression de son parent le Comte Claude Louis de Saint Germain, ministre de la guerre, elle est nommée abbesse de Crisenon en 1776. L’Abbaye de Crisenon sort alors d’une période trouble, et est menacée de dissolution. La nomination d’une jeune et jolie abbesse issue de la noblesse, plus mondaine que religieuse, attire d’abord sur elle la défiance. Mais par sa modestie et sa piété, Marie Louise saura se faire apprécier par ses religieuses. Elle sera encore à la tête de l’abbaye quand les biens de celle-ci seront vendus en biens nationaux après la révolution. Elle rejoindra alors en 1790 le domaine familial de Gourdon.

 Elle décèdera le 10 avril 1817 dans la commune de Mont-Saint-Vincent en Saône et Loire à l’âge de 84 ans. Une dalle y est gravée sous le porche de l’église :

« CY GIT

 DAME MARIE LOUISE

 DUMOUCHET ABBESSE

 DE CRISENOM DECEDEE

 LE 10 AVRIL 1817

 A L’AGE DE 84 ANS

 HONOREZ SES VERTUS

 PRIEZ POUR ELLE »

 Elle sera restée chanoinesse honoraire d’Alix jusqu’à la fermeture du chapitre.

Est-ce que, selon nous, nos « armoiries » seraient vraiment les bonnes ? ??????????????????

Hommages – João Gilberto

La voix de la bossa nova, cette musique qui révolutionna la culture populaire brésilienne avant d’inonder la planète dans les années 60, s’est éteinte.

(…) Mais la vie écrit ses propres vers, et avec ses fausses notes« ,

 ‘La fille d’Ipanema’ (‘Garota de Ipanema’) écrit en 1962 par Antonio Carlos Jobim avec les paroles en portugais de Vinicius de Moraes a été enregistré par Astrud Gilberto, João Gilberto et Stan Getz en mars 1963

« Qu’en est-il de ma tristesse infinie? »

La Bresse – LA LETTRE

de Cécile Untermaier

Députée de la 4ème circonscription de Saône-et-Loire, Bresse, Val de Saône, Tournugeois

Le 04 Juillet 2019

L’accord commercial conclu vendredi 28 juin entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) vise à accroître considérablement les échanges entre les deux régions dans certains secteurs, notamment le secteur agricole.

Cette ouverture aux importations impactera fortement les filières françaises, avec près de 100 000 tonnes de viande bovine importées chaque année au taux préférentiel de 7,5 % (au lieu de 20 % auparavant), mais également un quota supplémentaire de 100 000 tonnes de volailles en provenance du marché sud-américain.

Dans ce contexte, les inquiétudes des producteurs français et les interrogations sur le respect des normes tant sociales, environnementales que sanitaires, apparaissent tout à fait légitimes.

Cet accord avec les pays du Mercosur, qui risque de mettre toujours plus en péril l’élevage dans notre pays, contredit les exigences de l’Accord de Paris sur le climat, notamment par l’aggravation de la déforestation de l’Amazonie, poumon vert de la planète.

Il s’agit d’un traité d’arrière-garde discuté à une époque où l’urgence d’agir sur le climat, mais aussi de mettre un terme à la dégradation de la biodiversité, n’était pas admise. Il est impossible d’entendre à la fois l’engagement du Gouvernement en faveur de l’environnement et le voir encore défendre un accord de cette nature.  

Il importe que les plus hautes autorités agissent au niveau européen pour dénoncer le caractère incompatible de ce traité de libre-échange avec les exigences environnementales, auxquelles par ailleurs elles disent vouloir se plier.


Cependant il semblerait que les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire se sont trompé de cible en apposant leur bâche de protestation sur la permanence de notre députée plutôt que sur la préfecture.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire ont orné d’une grande bâche la permanence parlementaire de la députée de la Bresse, Cécile Untermaier. Dessus, on pouvait lire : « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas. Non Mercosur ». Les faits se seraient déroulés entre 2 h 30 et 4 heures du matin, sans témoin. Les gendarmes n’ont en effet pu que constater la présence de la bâche. Ils l’ont immédiatement retirée.

Derrière cette action, les agriculteurs dénoncent l’accord de libre-échange conclu entre l’union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) qui reste à ratifier de part et d’autre. Les agriculteurs craignent notamment l’entrée en masse de productions à des prix défiant toute concurrence.

La députée a souhaité réagir à leur action en rappelant qu’elle ne faisait ni partie de la majorité du gouvernement français, ni du parlement européen. Toutefois, dans un communiqué, elle partage leurs craintes : « Cette ouverture aux importations impactera fortement les filières viande françaises, avec près de 100 000 tonnes de viande bovine importées chaque année au taux préférentiel de 7,5 % (au lieu de 20 % auparavant), mais également les volailles avec un quota supplémentaire de 100 000 tonnes en provenance du marché sud-américain. Dans ce contexte, les inquiétudes des producteurs français et les interrogations quant au respect des normes tant sociales, environnementales que sanitaires, apparaissent tout à fait légitimes ».

Source:

CULTURE – Couples mythiques

Maison Veuve Ambal

Depuis 2011, la Maison Veuve Ambal  participe à l’enrichissement des collections du musée en soutenant sa politique d’acquisition.
Le musée expose trois fois par an des images extraites de son fonds sur des thèmes divers au siège de la société à Montagny-les-Beaune.

Maison Veuve Ambal
Le Pré Neuf
21 200 Montagny les Beaune
03 80 25 90 81
www.veuveambal.com

Ouvert du lundi au samedi toute l’année
et le dimanche du 31/03 au 17/11
Horaires 10 h … 13 h / 14 h … 19 h
Entrée libre

Couples mythiques

Collections du musée Nicéphore Niépce

du 21 juin au 7 septembre 2019
Vernissage : jeudi 20 juin / 19h

Amour et photographie sont intimement liés. Dès la fin du 19e siècle, l’imagerie romantique reproduite sur carte postale et les portraits photographiques de studio servent de support aux échanges épistolaires des amoureux. Lors des fiançailles, des mariages, les photographes professionnels réalisent des clichés pour chroniquer l’événement. Les tirages sont distribués aux proches, encadrés pour rejoindre la décoration du domicile conjugal. La photographie matérialise l’union.

Mais si elle documente, la photographie est aussi source de déploiements narratifs.
Les magazines, peuplés de vedettes, constituent un espace de rêve dans lequel le lecteur est invité à se promener, le temps d’une photographie, d’un reportage. Sur les pages imprimées, le commun des mortels a l’opportunité de partager l’existence dorée et l’intimité d’une élite qui jusque là lui paraissait inaccessible.
Fruit d’un contrat, d’une négociation avec les stars, le portrait photographique couché sur papier glacé est bien souvent une stratégie de valorisation : les célébrités se prêtent au jeu pour se rapprocher d’un public populaire. Il s’agit de créer de la familiarité.
Au-delà de cette célébration négociée, il arrive aussi que l’intimité des stars soit dérobée. Les clichés ont alors tous les signes d’un opérateur embusqué, agissant discrètement au téléobjectif (faible profondeur de champ, autres personnages floutés, etc.). On joue alors avec la mécanique du voyeurisme ; l’œil dans le trou de la serrure, le lecteur profite d’une immersion indiscrète dans une scène privée.

L’amour, sentiment partagé par tous, décuple le phénomène de projection et d’identification du lecteur. Il fait « descendre » de leur piédestal les vedettes, pour rejoindre le monde « normal ». Car la trace d’un regard amoureux, le témoignage d’une émotion transparait même dans l’iconographie médiatique !

La photographie révèle, montre, et arrête le temps. Si certains de ces couples mythiques n’ont pas duré, ils ont pourtant un parfum d’éternité, figés pour toujours par la photographie.

CULTURE – Millénaire de Consécration de l’Abbaye Saint-Philibert à Tournus V

Le Monastère

Le Monastère est resté intact, « la grande église, tous les bâtiments monastiques, cloître, salle capitulaire, cellier, réfectoire, parloir, logis abbatial, l’ensemble dans un enclos fortifié, ceinturé de Tours. La façade, par son aspect de Forteresse, se dresse comme un Donjon, percée de meurtrières et couronnée de Mâchicoulis. Sa sévérité est seulement adoucie par de fines bandes Lombardes et le délicat Clocher de pierre rose ajouté au (XIIème siècle). La Chapelle St Michel à l’étage, témoin du 1er art Roman début (XIème siècle), l’église est précédée d’un imposant Vestibule, ou Narthex avec, à l’étage, une église haute de grande ampleur. A l’opposé, le Chevet plat des chapelles Rayonnantes du Choeur rappelle une époque plus ancienne encore. La Nef surprend par la hardiesse de ses Voûtes, plus de 18 mètres, et sa grande Luminosité. Ce résultat étonnant est dû à une technique de voûtage qui est un cas pratiquement unique, la voûte en berceau Transversal. Chacune des 5 travées est couverte d’une voûte en plein cintre, dans sa largeur, s’appuyant ainsi sur sa voisine au lieu de peser lourdement sur les murs latéraux.

Sous le choeur, l’église souterraine semble primitive avec ses colonnes de récupération de monuments antiques et des coffrages à l’état brut. On peut d’ailleurs encore voir les veines des planches qui ont servi à la construction.

L’orgue Baroque ((1629) splendide instrument de Concert, les Mosaïques du (XIIème siècle) les Fresques, les Animaux Fabuleux sur des vestiges de Fresques des arcs des bas côtés, seuls témoins d’une église entièrement Peinte. Chapiteau sculpté, le mobilier liturgique de Goudgi



Goudji, né le 6 juillet 1941, est un sculpteur et un orfèvre français. Né en Géorgie, à Bordjomi, lui et son frère ainé de deux ans passent leur jeunesse à Batoumi, port important où son père est médecin-chef des hôpitaux, et sa mère professeur de sciences naturelles . Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Tbilissi de 1958 à 1962 en section sculpture, il quitte précipitamment la Géorgie en 1962 suite à la tentative avortée de deux de ses amis de fuir l’URSS à la nage vers la Turquie. Il gagne Moscou où il entame une carrière de sculpteur en rêvant de devenir orfèvre. En 1969, il épouse Katherine Barsacq, fille d’André Barsacq, et qui travaille à l’Ambassade de France à Moscou. Il s’établit en France en janvier 1974 après cinq années de démarches et l’intervention personnelle du Président Georges Pompidou. Il obtient la nationalité française en 1978. Il réaménage par ailleurs plusieurs sanctuaires de cathédrales, abbayes et églises dont l’abbaye de Saint Philibert de Tournus (1999), au profit de laquelle l’artiste a conçu : un maître-autel (en pierre dure de Pontijou), un ambon et un siège de la présidence (surmonté des armes de l’abbaye : une crosse et une épée), complété par une couronne de lumière, un reliquaire renfermant les restes de saint Philibert, un calice… commandés par le père Yves Bachelet, recteur de l’abbatiale, pour le jubilé de l’an 2000.


– l’Abbatiale

Monument complexe, l’Abbatiale de Tournus est constituée d’une crypte, composée de plusieurs espaces, d’un rez de chaussée, comportant un chœur à déambulatoire avec 4 chapelles rayonnantes, un transept à chapelles Orientées, une nef à 3 vaisseaux augmentée de 2 chapelles au Nord, et enfin une avant nef à 3 vaisseaux également. Cette dernière comporte de plus un étage, à 3 vaisseaux se superposant aux précédents. Il y a 3 tours, dont 2 sont du (XIIème siècle), et la 3ème plus ancienne encore. Toute l’église est couverte de tuiles creuses, sauf les 2 tours, qui ont des flèches pyramidales couvertes en tuiles plates. La tuile creuse a régné sur St Philibert dès sa construction. Il en va de même de la plupart des maisons de la ville ancienne de Tournus, c’est là d’ailleurs que s’arrête, vers le Nord, la zone Rhodanienne où ce mode de couverture, à pente très faible, est utilisé. Au Nord de la ville commencent les toits à forte pente couverts en tuile plate.

– la Crypte

L’accès à la crypte se faisait primitivement par 2 escaliers permettant un parcours processionnel à sens unique. Celui du Sud ayant été muré, on n’accède plus actuellement que par celui s’enfonçant dans le sol du bras Nord du transept. La crypte n’est pratiquement pas enterrée, car l’église est établie sur un terrain descendant vers la Saône. Cette crypte est composée de plusieurs espaces contigus et structurés pour la circulation liturgique, c’est une des plus anciennes de ce genre. Extérieurement, les murs de la crypte sont en petits moellons assemblés avec beaucoup de mortier. Ils renferment des pierres de réemploi et des assises en arête de poisson, « opus spicatum ». A l’intérieur, des voûtes couvrent la totalité de l’espace de la crypte. A l’exception des chapelles, ces voûtes sont brutes de décoffrage. Le mortier a conservé l’empreinte du couchis de planchettes qui couvrait les moules, et même quelques fragments de bois. Les blocs de moyen appareil Blanc que l’on observe dans beaucoup de parties du bâtiment, « nef, avant-nef et tous les parements intérieurs de la crypte », pourraient être des remplois d’un état antérieur de l’Abbatiale, état dont la crypte pourrait, par ailleurs, être un vestige.

Au milieu de la crypte se trouve une salle centrale à 3 nefs voûtées de même hauteur, portées par 2 files de 5 colonnes et les murs de pourtour. Ce voûtement supporte le choeur de l’église. A chaque extrémité, les paires de colonnes galbées sont des réemplois Romains de provenance inconnue, retaillés à longueur. Les 3 paires de colonnes centrales, cylindriques, en calcaire blanc, sont par contre Médiévales. Cette salle est largement ouverte sur un déambulatoire, qui la circonscrit, par 5 portes et 2 petites baies. A l’Est, dans l’axe, se trouve une de ces 5 portes, de part et d’autre de laquelle sont 2 petites niches absides concaves, évidées dans l’épaisseur du mur de pourtour et percées chacune par une petite baie donnant dans le déambulatoire.

A l’Ouest de cette salle, empiétant sous la croisée du transept, se trouve un puits assez profond, qui se trouve au centre topologique de l’église.

Le déambulatoire inférieur est éclairé par 4 baies qui prennent jour entre les chapelles rayonnantes. Il donne accès, par 3 ouvertures, à 3 chapelles rayonnantes, à l’Est. Ces chapelles sont de plan rectangulaire, à chevet plat, et voûtées en berceau. Elles sont éclairées chacune par une fenêtre axiale. La chapelle axiale renferme aujourd’hui le Sarcophage attribué à Valérien, martyr du (IIème siècle), dont les reliques ont été détruites par les Protestants au (XVIème siècle). Ce sarcophage ne comporte aucune inscription ni décoration. Le couvercle manque. Dans les sections droites du déambulatoire se trouvent, au Nord comme au Sud, 2 portes donnant accès à un couloir, parallèle au déambulatoire, reliant entre elles 2 chapelles exiguës : celles situées à l’Ouest sont au dessous des chapelles Orientées du transept. Les 2 couloirs et ces 4 chapelles sont éclairés chacun par une petite baie. Au total il y a donc, au niveau de la crypte, 7 chapelles, toutes accessibles par le déambulatoire inférieur.

– le Choeur

Le choeur reprend le plan de la crypte. Il y a donc également, autour du sanctuaire, un déambulatoire, autour duquel rayonnent 5 chapelles. Sauf le cul de four de l’abside et la coupole de croisée, tout ce niveau, transept, choeur, déambulatoire et chapelles, est voûté de berceaux plein cintre. Les chapelles, étant superposées à celles de la crypte, sont donc également à chevet plat. La chapelle axiale, autrefois dédiée à St-Pourçain, est aujourd’hui la chapelle St Philibert. Elle est fermée par de lourdes grilles, qui protégeaient jusqu’à récemment les reliques du Saint Patron. A la fin du (XXème siècle), la tête trépanée de St Philibert a été volée, nous espérons qu’elle sera un jour restituée à sa vénérable sépulture de Tournus. Depuis la dernière restauration de (2000), les reliques subsistant de Philibert ont retrouvé, dans le sanctuaire, la place qui a sans doute été la leur pendant une partie du Moyen Age. Elles sont enfermées dans une châsse moderne. A la gauche de la chapelle axiale est la Chapelle St Joseph. A sa droite, la Chapelle du curé d’Ars, autrefois chapelle St Pierre. La petite chapelle Nord est aujourd’hui la Chapelle de l’Agonie. Sa correspondante, au Sud, sert de sacristie.

Le déambulatoire supérieur est superposé à celui de la crypte, partant du transept, il longe les 2 travées Droites du choeur, décrit un demi tour et retourne au transept. La paroi interne de sa partie courbe est formée d’un muret sur lequel se développe l’arcade du rond point du choeur, la paroi externe comporte une banquette, interrompue par les entrées des chapelles rayonnantes, banquette sur laquelle reposent des colonnes plaquées à la muraille et portant une arcature. Cette arcature encadre alternativement les baies d’éclairage direct du déambulatoire et les ouvertures des chapelles. Cette partie est attribuée au début du (XIème siècle) et les chapiteaux de l’arcature sont d’un style Corinthisant Archaïque. Les chapiteaux du rond point ont été pour leur part restaurés au (XIXème siècle).

Le sol du déambulatoire supérieur était recouvert d’une splendide mosaïque, fin du (XIIème siècle) représentant les signes du Zodiaque et les Mois de l’année en alternance, symbolisés dans des médaillons circulaires. Ce somptueux revêtement du sol a été usé par la Circumambulation des Pèlerins autour des Reliques. Il suit le parcours du Soleil, les médaillons du Printemps étant à l’Est, ceux de l’Eté au Sud, et indique donc le sens de circulation. Son état nécessita, assez tôt, des réparations, puis finalement il disparut sous un dallage de pierre. Cette mosaïque fut signalée une 1ère fois en (1722) lors de la réfection de ce dallage, elle fut redécouverte en (2000) lors de travaux d’électricité. Elle est aujourd’hui mise en valeur et observable à partir d’une passerelle la surplombant. Seule une petite partie des motifs est conservée, 4 médaillons sur les 24 que devait constituer l’ensemble complet.

Le choeur reçoit l’éclairage direct grâce à un étage supérieur (1110)(1120), surplombant le toit du déambulatoire et des chapelles. Cet étage est beaucoup plus travaillé, comportant des frises et des corniches sculptées du début du (XIIème siècle), fortement apparentées à la partie correspondante de l’église St Martin d’Ainay à Lyon. Ce rehaussement du chœur a nécessité l’ajout, à l’extérieur, de grands et larges arcs de contrefortage le long des 2 travées Droites de chœur. Sur l’abside, on note aussi des contreforts colonnes supportant une frise d’arceaux formant corniche.

Voûte du Chœur

A l’extérieur, les parties anciennes des murs, soit du sol jusqu’au haut du 1er niveau du choeur, sont en maçonnerie grossière avec beaucoup de mortier et des assises d' »opus spicatum ». A l’inverse, la partie haute, du (XIIème siècle), est en moyen appareil de pierre de taille blanc comportant un « opus sectile » rouge et blanc formant une frise de carrés sur pointe, apparentée aussi à l’église de St Martin d’Ainay. A l’intérieur, la rénovation récente a rétabli le badigeon, interdisant la lecture des maçonneries sous jacentes, mais une grande partie de celles ci avaient déjà été remplacées au (XIXème siècle) par l’architecte Questel.

– le Transept

Les 4 sobres piles Cruciformes de la croisée ne sont pas originales. Elles ont été presque entièrement reprises, et notamment entre (1846) et (1849), à un moment où la coupole a bien risqué de s’effondrer. Les demi colonnes engagées montant jusqu’aux arcs ont parfois été coupées en partie basse et reprises par des consoles, pour permettre l’installation de grilles ((XVIIème siècle) qui ont aujourd’hui disparu. La croisée est coiffée d’une tour lanterne. L’étage des baies de cette tour lanterne est somptueusement orné d’une quantité de colonnettes en délit. Cet étage est surplombé par une coupole hémisphérique sur trompes qui clôt l’espace intérieur de l’église, tout en ménageant un Oculus prévu pour hisser des cloches au dessus.


Voûte de la Croisée des transepts

La tour de croisée Sud, du (XIIème siècle), aujourd’hui désaffectée et inaccessible, a donc été un clocher, dont les 6 cloches furent volées en (1562) par les Calvinistes. Ses façades expriment le plein épanouissement de l’art Roman. Ses 3 étages ont été construits au cours de chantiers différents, au long du (XIIème siècle). Les 2 du haut, largement ouverts de 3 baies par face, sont finement décorés de frises, chapiteaux etc comportant des motifs antiquisants, palmettes et surtout pilastres cannelés. Le répertoire formel est assez proche et contemporain de Cluny III. Le dernier étage introduit des jeux de bichromie rouge blanc.Le bras Nord du transept est séparé du bas côté Nord de la nef par un mur diaphragme percé d’une arcade modeste au rez de chaussée, surmontée d’un arc légèrement brisé à double rouleau, et de 2 baies géminées en plein cintre au dessus, le tout d’une sobriété totale, sans chapiteaux ni colonnettes, avec de simples impostes. Cette sobriété se prolonge sur le mur Occidental. Un système différent règne du côté Sud. La façade Nord a été remplacée à l’époque Gothique par une immense baie à remplages. La chapelle Orientée du bras Nord du transept, chapelle de St Ardain, donne la liste et les dates d’Abbatiat de tous les Abbés de Tournus depuis (875) jusqu’à la dissolution du monastère.

Le bras Sud du transept a été plusieurs fois modifié et constitue un casse tête Archéologique. Il est empâté dans des constructions adjacentes et possède des ouvertures, aujourd’hui murées, disposées d’une façon étrange. Il est séparé du bas côté Sud de la nef par un très haut arc à double rouleau reposant sur 2 colonnes engagées à socles, bases et chapiteaux. Le socle de celle du Sud porte une inscription se développant sur 2 faces : « RENCO ME FECIT ». La chapelle Orientée du bras Sud du transept est dédiée au Sacré Coeur.

– la Nef

Le plan de la nef ressemble beaucoup à celui de la salle centrale de la crypte. La nef de l’Abbatiale St Philibert est une vaste salle haute, aérée et lumineuse. Elle est subdivisée en 5 travées dans le sens Est-Ouest, et en 3 vaisseaux dans le sens Nord-Sud. Toutes les maçonneries verticales, autrefois enduites d’un mortier de chaux et badigeonnées ou peintes, ont été décapées au début du (XXème siècle par l’architecte Ventre, et les pierres apparentes jointées. Bien qu’inauthentique, ce décapage, conservé encore aujourd’hui, permet à tout le moins une lecture archéologique des murailles. La maçonnerie est surtout composée de petit moellon calcaire, avec, dans une partie des surfaces, des bandes horizontales de moyen appareil blanc ressemblant à celui de la crypte.

Le système structurel adopté, outre les murailles extérieures Nord et Sud, utilise des supports verticaux constitués de colonnes rondes libres ou de demi colonnes engagées. Ces supports sont uniquement montés en petits moellons, et n’ont pour bases et chapiteaux que de modestes débords, simple en bas, double en haut, eux-mêmes réalisés en petite maçonnerie. Il n’y a aucun chapiteau, aucune partie de pierre de taille. Les 3 nefs sont subdivisées entre elles par 2 grandes arcades montant des piliers ronds. Les arcs qui composent ces arcades ne sont pas en plein cintre. Ils sont surhaussés à leur naissance tandis qu’ils sont légèrement déprimés au sommet. Leur courbure se rapproche de l’arc en chaînette. Le choix de ce profil d’arc est unique dans l’art Roman. Ces 2 grandes arcades portent les murs du vaisseau central, percés à chacune des 5 travées d’une baie en plein cintre qui procure beaucoup de lumière, tant par sa dimension que par sa position très élevée. Les murs extérieurs ont de très grandes baies, vraisemblablement élargies après coup, et qui éclairent abondamment les bas côtés. Ces bas côtés sont fort élevés et voûtés d’arêtes. Ces voûtes d’arêtes présentent également un cintre se rapprochant des grandes arcades.

St Philibert nef vers l’Est
Bas côté Sud, vue de la Nef
Voûte de la nef Centrale et du bas côté

Le vaisseau central est surélevé par des murs portés par les grandes arcades. Des impostes des piliers ronds montent en outre des demi colonnes engagées dans ces murs. Ces demi colonnes engagées ont des chapiteaux monolithiques de calcaire blanc, mais ceux ci ne sont pas sculptés, à l’exception d’un seul. Des chapiteaux de ces demi colonnes partent de grands arcs diaphragmes à double rouleau, en moyen appareil soigné et apparent, qui articulent les 5 travées de la nef. Du côté de l’avant nef, le 1er arc diaphragme est remplacé par un simple arc de décharge, alors que du côté du choeur le dernier arc diaphragme est identique aux précédents. Les arcs diaphragmes portent des murs transversaux formant bahut pour 5 berceaux transversaux, lesquels couvrent le haut vaisseau. Les clés de ces berceaux plein cintre culminent à quelque 18 mètres. L’absence de poussées latérales a permis l’ouverture des baies hautes mentionnées plus haut, sans le concours de contreforts extérieurs ou de tirants. Ces 5 berceaux transversaux se contrebutent mutuellement à leur ligne de contact, sauf ceux des extrémités qui poussent au vide et sont contrebutés par la partie sommitale de l’avant nef à l’Ouest, et par la tour lanterne de l’autre côté. Ce système de voûtement singulier a procuré à lui seul une place éminente à l’Abbatiale de Tournus dans l’histoire de l’architecture Médiévale, car il est presque un cas unique, mais, réalisé avec virtuosité et précision, a démontré une très grande stabilité depuis sa construction. Ce système de voûtement nécessite d’être ensuite couvert par un toit soutenu par une charpente, celle ci réduisant la forme complexe constituée par les extrados des berceaux en une simple bâtière. Il y a 9 fermes de charpente, 2 entraits traversant l’édifice de part et d’autre de chaque mur bahut.

Le tracé régulateur de la nef est d’une grande simplicité. On a utilisé un module de 185 cm, correspondant à la taille d’un homme grand, et équivalent à la toise de Besançon. De centre à centre des colonnes rondes, chaque travée de la nef centrale fait 4 toises de large et 3 toises de long. Les bas côtés ont des compartiments de plan carré, de 3 x 3 toises. La hauteur des colonnes rondes, du socle à l’imposte, est de 5 toises. Le triangle dit Egyptien, triangle rectangle de côtés 3 – 4 – 5 forme donc le principe organisateur de la nef, avec probablement des prolongements tant symboliques que pratiques, pour le Maître Maçon. Enfin, en comptant 8 toises au dessous des clés des grands arcs diaphragmes, on arrive à quelques centimètres en dessous du sol actuel, avec 1% seulement d’écart entre le plus haut et le plus bas de ces arcs. Relevons enfin que les demi colonnes qui portent ces arcs font une toise de hauteur.

Des énigmes subsistent dans la nef de Tournus. Les sutures de la nef avec l’avant nef à l’Ouest et avec le transept à l’Est sont complexes. Elles s’expliquent notamment par le phasage des travaux, il a fallu constamment disposer d’une sanctuaire utilisable alors que d’autres parties étaient en chantier. Mais on retrouve, étrangement, ce même système de sutures asymétriques dans la salle centrale de la crypte. La nef est aujourd’hui un espace aéré, mais il faut se rappeler qu’elle a été autrefois encombrée notamment par 2 escaliers droits très importants qui donnaient accès à l’étage de l’avant nef. La reconstitution de celui du Nord reste oblématique, car les chapelles Nord sont en théorie plus anciennes que la démolition de cet escalier.

– l’Avant Nef

L’avant nef ou Narthex est construite à l’Ouest de la nef. C’est un bâtiment qui est à la fois moins large et légèrement plus élevé que la nef. A l’extérieur, on observe une maçonnerie de petit appareil ocre avec insertion de rangs de moyen appareil blanc, mais d’une manière relativement irrégulière. Les façades sont composées d’un jeu complexe de lésènes et de frises d’arceaux, bandes Lombardes, jouant avec les ouvertures. On observe des irrégularités inexplicables dans cette composition, et notamment dans la relation entre la composition murale et les baies. Seules les façades Ouest et Nord, donnant sur la place, peuvent être appréhendées dans leur ensemble. La façade Sud est en partie masquée par 2 locaux qui la flanquent, l’actuel vestibule et l’ancien chauffoir, aujourd’hui musée Lapidaire.

– Voûtes de la chapelle St Michel

L’élévation de l’avant nef comporte un rez de chaussée, faisant actuellement fonction d’espace d’accueil, librement ouvert sur la nef et le sanctuaire. Au-dessus, une salle de même superficie, actuellement dénommée chapelle St Michel. Surplombant cette chapelle aux angles Sud-Ouest et Nord-Ouest, 2 tours, dont l’une, celle du Nord, a été surélevée au (XIIème siècle) par l’adjonction d’un beffroi. Le rez de chaussée de l’avant nef est une salle de plan rectangulaire subdivisée en 3 vaisseaux de 3 travées chacun. Cette salle est peu éclairée, et compte 7 portes dont 2 sont aujourd’hui murées. La grande porte Occidentale, au milieu de la façade, est une recomposition du (XIXème siècle). Le sol est un dallage de pierre comportant beaucoup de dalles funéraires datant des (XIIème siècle) au (XVIIIème siècle). 4 d’entre elles, en outre, sont de forme circulaire et 2 sont ovales.

Les supports du voûtement de pierre sont, comme dans la nef, des colonnes rondes et des demi colonnes engagées dans les murs de pourtour. Tout est construit en petit moellon, y compris les arcs, où le choix de matériaux plats et calibrés de couleur rose semble vouloir imiter la brique. Les piliers n’ont pas de socle, plongeant directement dans l’actuel dallage de pierre, mais il semble bien que le sol primitif ait été nivelé au (XVIIIème siècle) par un remblai, à env 55-60 cm au dessus du niveau primitif. Les socles seraient donc immergés dans le sol actuel, et l’impression faussée, la salle étant primitivement plus haute. Les piliers se terminent en haut par de simples impostes à double ressaut. Tous les arcs sont en plein cintre.


Voûte du Narthex

En raison de la présence d’un étage, toutes les voûtes de ce rez de chaussée culminent pratiquement à la même hauteur. Sur les bas côtés règnent des berceaux transversaux alors que la nef centrale est voûtée d’arêtes. Le système de voûtement est donc inversé par rapport à la nef, décrite ci dessus. Le contrebutement Ouest est assuré par le poids de l’étage, sans contrefortage. Des contrebutements Nord et Sud seraient inutiles, car les voûtes en berceaux transversaux ne poussent pas dans ces directions. A l’Est, un massif surépaississant et le poids des murailles jouent la même fonction. La suture avec la nef est énigmatique. Au centre se trouve une grande porte, construite entièrement en moyen appareil blanc, dont les vantaux de bois ont disparu, mais dont les gonds subsistent. Sur les côtés, 2 passages largement ouverts ne conservent par contre pas de trace évidente d’un système de fermeture. A noter également que les piles engagées dans ce mur le traversent de part en part et font saillie au fond de la nef. Sur les voûtes subsistent des peintures, toutes postérieures à la construction.

Ce rez de chaussée est un pastiche, c’est à dire une copie, à échelle réduite, environ 1 : 5ème, de la célèbre basilique de Maxence construite à Rome vers (310)(320). La réplique est exacte en ce qui concerne les proportions, tant en plan qu’en élévation, sauf pour la hauteur des bas côtés. Cette dernière a, en effet, dû être portée presque à la hauteur du vaisseau central, pour recevoir le sol de l’étage. Il y a par contre transposition complète en ce qui concerne les matériaux, puisque la basilique de Maxence était faite de béton parementé de brique et recouvert d’un immense opus sectile de marbre, tous matériaux remplacés à Tournus par la seule pierre calcaire enduite à la chaux et recouverte de badigeons. Le système de voûtement, décrit ci dessus, est également repris de la basilique de Maxence, ainsi que le contre butement par des tours du côté Ouest. Maintes fois copiée jusqu’à notre époque, la basilique de Maxence ne l’a toutefois jamais été aussi littéralement qu’à Tournus. La présence à Tournus d’une réplique de la basilique de Maxence et Constantin s’explique selon toute probabilité par la croyance, alors bien établie, que la vision céleste apparue à l’armée de Constantin, suivie d’un rêve nocturne de ce dernier, avait eu lieu en (312) aux environs de Chalon sur Saône, alors que Constantin descendait sur Rome pour en découdre avec son riva. Ce tournant décisif dans l’histoire du Christianisme, s’étant produit à Chalon, rehaussait d’un éclat tout particulier les 1ers Evangélisateurs de cette région, St Marcel et St Valérien.

L’étage, dénommé chapelle St Michel, surplombe la salle du rez de chaussée. Il est largement éclairé par une série de meurtrières à large ébrasement intérieur, puis, dans les murs du vaisseau central, par de grandes fenêtres en plein cintre. Le même système de piliers et demi piliers ronds que dans la nef et dans la salle inférieure se retrouve ici, sauf aux 4 angles. Le vaisseau central, plus élevé qu’au rez de chaussée 12,35 m contre 7,30 m, est voûté en berceau plein cintre, alors que les bas côtés sont partiellement voûtés en demi berceaux. La travée ouest, surplombée par les tours, n’est voûtée qu’au vaisseau central.

Abbatiale avant Nef

– l’Orgue

Le mur Est de la chapelle St Michel est complexe. Au centre, une cloison de bois moderne donne accès à l’orgue. A son emplacement se trouvait autrefois une abside en encorbellement sur la nef, dont seule la console subsiste, elle a été réutilisée pour appuyer le buffet d’orgue du (XVIIème siècle) et est totalement noyée par celui ci. Cette abside est encadrée par un arc triomphal, dit « arc de Gerlannus » qui paraît rapporté, car il ne supporte rien, et qui comprend des éléments sculptés, 2 colonnes avec bases et chapiteaux ainsi que, au dessus, une plaque portant une inscription. De part et d’autre de cet arc s’ouvrent 2 baies géminées en plein cintre avec colonnettes, permettant de voir dans la nef comme depuis une tribune. Aux angles de cette façade Est de la chapelle se trouvent les portes d’accès primitives. Pour rattraper autant que possible les bas côtés de la nef, qui est plus large, les embrasures de ces portes rognent même dans l’extrémité des murs latéraux. Au dessus de l’arc triomphal se trouve une galerie de bois à 2 étages, avec des portes donnant accès à l’orgue et au comble de la nef.


Orgue de la Nef, Chaire à précher du XIX

Orgue de l’Abbaye, 1629

En dépit de son aspect actuel, désaffecté et dépouillé, la chapelle St Michel est construite de manière très savante. On y dénote un emploi raffiné des porte à faux, pour éviter leur déversement en rez de chaussée, les 4 piliers ronds ne sont pas exactement superposés à ceux d’en dessous, les voûtes s’appuient sur des corniches à modillons, rétrécissant ainsi un peu leur portée, et même l’arc de Gerlannus s’appuie partiellement sur les voûtes du rez de chaussée au lieu d’être superposé au mur de séparation, nef, avant nef. Par ailleurs, le voûtement en berceau du haut vaisseau ne semble pas avoir été prévu au départ, puisque aucun contrefortage n’a été mis en place, à l’extérieur, pour lutter contre le déversement d’une voûte. Ce problème a été résolu par la pose de tirants en bois de chêne reliés à des ancres métalliques. Dans la travée Ouest, le poids des tours suffit à remplacer l’action des tirants. Bien que les demi berceaux contrebutassent beaucoup trop bas les poussées obliques du berceau central et que de grandes baies eussent été hardiment ménagées dans les murs porteurs de la voûte en berceau, la construction de la chapelle s’est avérée, grâce notamment aux tirants, d’une extraordinaire stabilité jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a aucune charpente, la couverture est posée à même les voûtes, sur les demi berceaux des bas côtés comme sur le berceau central. Sans relation architectonique avec la basilique de Maxence, la chapelle St Michel pourrait par contre, par hypothèse, évoquer l’abbatiale de Noirmoutier, où se trouve le tombeau de St Philibert, qui y est décédé en (†685).

En haut des 2 tours se trouvaient 2 salles hautes voûtées et très largement éclairées par pas moins de 10 baies chacune, 3 sur chaque grand côté et 2 sur chaque autre. La voûte de la salle haute de la tour Sud s’est écroulée suite aux exactions des Protestants en (1562). Elle reposait, comme celles de la chapelle St Michel, sur une corniche en saillie, toujours visible. Ces salles hautes, accessibles par des escaliers de bois, peuvent elles avoir été primitivement des chapelles dédiées aux Archanges, comme celles de Cluny III ?

Au (XIIème siècle), la tour Nord a été surélevée par la construction du clocher rose. De plan carré, ce clocher, greffé sur une tour de plan oblong, se trouve, du côté Est, en porte à faux sur un arc. Un vestige de l’ancienne tour continue de couvrir l’espace restant. La couleur rose du clocher de façade provient du matériau utilisé pour ses façades, le « marbre de Préty ». Le 1er étage est composé sur chaque face de 2 baies géminées surmontées d’archivoltes et encadrées par des pilastres. L’étage sommital reprend le rythme ternaire du clocher du choeur. Richement orné de pilastres, modillons et colonnettes en délit, il comprend de plus des cariatides d’angle et 2 statues colonnes. Ces sculptures ont un canon très allongé, parce qu’elles sont appelées à être vues en forte contre plongée. Les 2 statues colonnes formant meneau entre les baies représentent les 2 Saints honorés à Tournus. Les statues originales ont été déposées en raison de leur état, et on peut les admirer de près dans le chauffoir. Au Nord, St Philibert est reconnaissable à son bâton Abbatial, qu’il tient de la main droite. Le visage est austère et émacié, les yeux forés au trépan. Au Sud se tient St Valérien, reconnaissable à la Palme du Martyre. Le visage de Valérien paraît emprunter à celui de la célèbre statue équestre en bronze de Marc Aurèle, qu’on croyait au Moyen Age être celle de Constantin. A noter que les 2 Saints sont représentés côte à côte et sur un pied d’égalité. St Filibert est logiquement placé au Nord alors que Valérien, venu de Lyon, est au Sud. A noter aussi l’absence iconographique de St Ardain, ancien Abbé du Monastère, constructeur au (XIème siècle d’une partie de l’Abbatiale.

Classé Monument Historique dès (1844), le bâtiment connut depuis d’incessantes campagnes de restauration, Questel (1845)(1850), Ventre (1908)(1915). Ce dernier eut l’idée de faire disparaître les enduits qui protégeaient la totalité des surfaces et de supprimer également les derniers tirants, poutres de bois qui, dans la nef, rigidifiaient les grandes arcades ainsi que les doubleaux des bas côtés, depuis la construction. Fin (2014), une association s’est créée pour demander un classement au « Patrimoine mondial ».

Hommages – Roger Naltet

Mourir dans la buée ardente de l’été, 

Quand parfumé, penchant et lourd comme une grappe, 

Le cœur, que la rumeur de l’air balance et frappe, 

S’égrène en douloureuse et douce volupté.

 

Mourir, baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage, 

Joignant ses yeux aux yeux fleurissants des bois verts, 

Se mêlant à l’antique et naissant univers, 

Ayant en même temps sa jeunesse et son âge,

 

S’en aller calmement avec la fin du jour ; 

Mourir des flèches d’or du tendre crépuscule, 

Sentir que l’âme douce et paisible recule 

Vers la terre profonde et l’immortel amour.

 

S’en aller pour goûter en elle ce mystère 

D’être l’herbe, le grain, la chaleur et les eaux, 

S’endormir dans la plaine aux verdoyants réseaux, 

 

Mourir pour être encor plus proche de la terre…

La mort fervente, d’Anna de Noailles

Société – Petite Poucette, une fable de Michel Serres -I-

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales

Michel Serres
Au IIe siècle après Jésus-Christ, un évêque du nom de Saint Denis est décapité sur ordre du pouvoir romain. Un « miracle » se produit alors : le supplicié prend sa tête dans ses mains et se met à marcher !
Léon Joseph Florentin Bonnat,1833-1922, Le martyre de Saint-Denis.

Avant d’enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, au moins faut-il le connaître. Qui se présente, aujourd’hui, à l’école, au collège, au lycée, à l’université ?

– I –

Ce nouvel écolier, cette jeune étudiante n’a jamais vu veau, vache, cochon ni couvée. En 1900, la majorité des humains, sur la planète, s’occupaient de labourage et de pâturage ; en 2010, la France, comme les pays analogues au nôtre, ne compte plus qu’un pour cent de paysans. Sans doute faut-il voir là une des plus immenses ruptures de l’histoire, depuis le néolithique. Jadis référée aux pratiques géorgiques, la culture change.

Celle ou celui que je vous présente ne vit plus en compagnie des vivants, n’habite plus la même Terre, n’a donc plus le même rapport au monde. Il ou elle ne voit que la nature arcadienne des vacances, du loisir ou du tourisme.

Il habite la ville. Ses prédécesseurs immédiats, pour plus de la moitié, hantaient les champs. Mais il est devenu sensible aux questions d’environnement. Prudent, il polluera moins que nous autres, adultes inconscients et narcissiques.

Il n’a plus le même monde physique et vital, ni le même monde en nombre, la démographie ayant soudain bondi vers sept milliards d’humains.

Son espérance de vie est, au moins, de quatre-vingts ans. Le jour de leur mariage, ses arrière- grands-parents s’étaient juré fidélité pour à peine une décennie. Qu’il et elle envisagent de vivre ensemble, vont-ils jurer de même pour soixante-cinq ans ? Leurs parents héritèrent vers la trentaine, ils attendront la vieillesse pour recevoir ce legs.

Ils n’ont plus la même vie, ne vivent plus les mêmes âges, ne connaissent plus le même mariage ni la même transmission de biens.

Depuis soixante ans, intervalle unique dans notre histoire, il et elle n’ont jamais connu de guerre, ni bientôt leurs dirigeants ni leurs enseignants. Bénéficiant des progrès de la médecine et, en pharmacie, des antalgiques et anesthésiques, ils ont moins souffert, statistiquement parlant, que leurs prédécesseurs. Ont-ils eu faim ?

Or, religieuse ou laïque, toute morale se résumait à des exercices destinés à supporter une douleur inévitable et quotidienne : maladies, famine, cruauté du monde.

Ils n’ont plus le même corps ni la même conduite ; aucun adulte ne sut ni ne put leur inspirer une morale adaptée.

Alors que leurs parents furent conçus à l’aveuglette, leur naissance fut programmée. Comme, pour le premier enfant, l’âge moyen de la mère a progressé de dix à quinze ans, les enseignants ne rencontrent plus des parents d’élèves de la même génération.

Ils n’ont plus les mêmes parents ; changeant de sexualité, leur génitalité se transformera.

Alors que leurs prédécesseurs se réunirent dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d’un collectif où se côtoient désormais plusieurs religions, langues, provenances et mœurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle depuis quelques décennies. Pendant combien de temps pourront-ils encore chanter l’ignoble « sang impur » de quelque étranger ?

Ils n’ont plus le même monde mondial, ils n’ont plus le même monde humain. Autour d’eux, les filles et les fils d’immigrés, venus de pays moins riches, ont vécu des expériences vitales inverses.

Bilan temporaire. Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques et la moisson d’été, dix conflits, blessés, morts et affamés, cimetières, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts, sans avoir expérimenté dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ?

Bourgogne-Franche-Comté – 28 juin 1519, Charles Quint est élu empereur

Le 28 juin 1519, Charles Quint est élu à la tête du Saint Empire romain de la nation germanique (« Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation » ou « empire allemand » pour faire plus court) par la Diète de Francfort. Son adversaire malheureux n’est autre que le roi de France François Ier.

Dans cette fonction prestigieuse mais sans pouvoir véritable, Charles Quint succède à son grand-père Maximilien Ier de Habsbourg, mort le 12 janvier 1519. Grâce au patient travail de ce dernier, la famille des Habsbourg se hisse au premier rang des dynasties européennes.

Portrait de l’empereur Maximilien Ier par Albrecht Dürer.

Vive le mariage !

Le destin extraordinaire de Charles Quint tient à un enchaînement étonnant de successions et de mariages. C’est le résultat d’une habile politique matrimoniale conduite au siècle précédent par son grand-père, l’archiduc d’Autriche Maximilien Ier de Habsbourg, par ailleurs titulaire du Saint-Empire Romain Germanique (Deutscher Kaiser).

On doit à l’entourage de Maximilien une jolie formule latine pour définir le destin des Habsbourg, qui n’étaient deux siècles plus tôt que les modestes seigneurs d’une marche orientale de l’empire, l’Autriche (de l’allemand Österreich qui signifie Royaume de l’Est) :

« Bella gerant alii, tu felix Austria, nube,
Nam quae Mars aliis, dat tibi regna Venus. »
« Que les autres fassent la guerre, toi, heureuse Autriche, contracte des mariages,
Car les royaumes que Mars donne aux autres, c’est Vénus qui te les assure ».

Habsburg est une commune suisse du canton d’Argovie. dont le château homonyme, est le lieu d’origine de la famille des Habsbourg, une des plus importantes maisons royales d’Europe qui ont dirigé le Saint-Empire romain germanique, l’Empire espagnol, puis l’Empire d’Autriche et l’Empire austro-hongrois. Il y a quelque chose d’étonnant de penser qu’aujourd’hui la Suisse ne fait pas partie de l’Europe Unie.

Maximilien agrandit ses domaines héréditaires en obtenant en 1477 la main de Marie de Bourgogne, fille unique et héritière du duc Charles le Téméraire, mort la même année. Cela lui assure la possession des Pays-Bas et de la Franche-Comté. Près de vingt ans plus tard, en 1496, il marie son fils Philippe le Beau à Jeanne, fille des Rois Catholiques d’Espagne. Enfin, en 1515, il arrange le mariage de ses petits-enfants avec les héritiers de Ladislas II Jagellon, souverain de Hongrie et de Bohème. Ces royaumes tomberont dans l’escarcelle des Habsbourg en 1526.

Les gains matrimoniaux de Maximilien Ier


Maximilien Ier, empereur allemand en 1493, est à l’origine de la puissance et du rayonnement exceptionnel de sa famille des Habsbourg, dont il va étendre les territoires dans toute l’Europe par d’habiles mariages. La dynastie va régner en Europe jusqu’en 1919…Un enfant bien né

Charles de Habsbourg, adolescent, porte sur ce portrait de Bernard van Orley la décoration bourguignonne de la Toison d’or.

Le futur Charles Quint naît près de Gand le 24 février 1500. Il est le fils de l’archiduc d’Autriche Philippe le Beau, et de Jeanne la Folle, ainsi nommée parce qu’elle sera victime d’une dépression après la mort de son époux en 1506.

Enfant fragile et sans beauté (au contraire de son père), Charles grandit dans le milieu bourguignon, où l’on parle avant tout français. Il se montre travailleur, homme de bureau plus que de terrain (semblable en cela à son fils, le futur Philippe II).

• Il hérite à 6 ans, à la mort de son père, des Pays-Bas,

• Dix ans plus tard, à la mort de son grand-père maternel, Ferdinand d’Aragon, il hérite des Espagne et du royaume des Deux-Siciles ainsi que des colonies nouvellement créées aux Amériques.

• Enfin, la mort de son grand-père paternel Maximilien Ier lui apporte les domaines héréditaires des Habsbourg et le met en situation de concourir pour le titre électif d’empereur, devenu vacant.

Sa vie durant, l’empereur Charles Quint n’aura de cesse de consolider ses possessions occidentales. De 1521 à 1549, il acquiert Tournai, la seigneurie de Frise, la principauté d’Utrecht, la seigneurie de Groningue et la Gueldre (nord des Pays-Bas actuels). Par ailleurs, par le traité de Madrid (1526) et la paix de Cambrai (1529) avec François Ier, son adversaire malheureux, il rompt les liens féodaux entre ses possessions et la dynastie capétienne rivale.

Des possessions très disparates

Les possessions de Charles Quint forment sur la carte deux blocs qui semblent prendre la France en tenaille : d’un côté les possessions hispaniques, de l’autre les possessions bourguignonnes et germaniques. Dans les faits, il s’agit d’un ensemble hétéroclite sans aucune unité administrative ou politique, qui se disloquera dès l’abdication de Charles Quint du simple fait des différences entre les règles de succession…

Des règles de succession compliquées

Les immenses héritages de Charles Quint relèvent de deux règles de succession : celle de son père, d’inspiration germanique, et celle de sa mère, d’inspiration latine.Les immenses héritages de Charles Quint relèvent de deux règles de succession : celle de son père, d’inspiration germanique, et celle de sa mère, d’inspiration latine. – Son père Philippe le Beau appartient à la dynastie des Habsbourg. Il est le fils de Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne, fille unique du duc Charles le Téméraire. Il a reçu de son père les États autrichiens des Habsbourg (capitale : Vienne) et de sa mère la Franche-Comté et les Pays-Bas. Selon la tradition d’héritage collectif en vigueur dans le Saint Empire romain germanique, Charles Quint et son frère cadet Ferdinand doivent gérer en commun cet héritage (Ferdinand en héritera après l’abdication de son frère). – Les parents de Jeanne la Folle, mère de Charles Quint, sont les Rois Catholiques d’Espagne, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille. Ils déposent, dans la corbeille de naissance de Charles, les Espagnes (Castille et Aragon) et le royaume des Deux-Siciles. Grâce aux Grandes découvertes, ils lui assurent aussi la promesse d’« un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais », du Mexique aux Philippines en passant par le Pérou. Selon la règle de primogéniture en vigueur à l’ouest, Charles Quint pourra transmettre l’héritage des « Reyes católicos » à son fils Philippe, futur Philippe II d’Espagne.

Charles le Téméraire portant le collier de l’ordre de la Toison d’or par Rogier van der Weyden, vers 1462. Huile sur bois, Gemäldegalerie, Berlin.

Lointaines conséquences d’une élection

Portrait de Philippe II d’Espagne,
par Sofonisba Anguissola, musée du Prado.

L’élection du successeur de Maximilien Ier oppose au petit-fils de celui-ci le roi d’Angleterre Henri VIII, le duc de Saxe Frédéric et surtout le roi de France François Ier (25 ans), qui se pique au jeu bien qu’il n’eût aucun motif politique de conquérir le titre essentiellement symbolique d’empereur.

La décision repose sur les sept Grands Électeurs de la Diète de Francfort. Charles part favori et pour emporter leur adhésion leur distribue un total de 851 000 florins empruntés pour les deux tiers au banquier d’Augsbourg Jacob Fugger (un florin contient normalement 3,5 grammes d’or). François Ier n’est en mesure que de débourser la moitié de cette somme. Au final, le 28 juin 1519, Charles est élu à l’unanimité et devient pour l’Histoire Charles V ou Charles Quint.

S’étant fait couronner à Aix-la-Chapelle, l’heureux élu cultive le rêve illusoire de restaurer l’empire de Charlemagne. Hélas, il sera loin du compte…

Une grande partie de son règne va être occupée par son combat contre François Ier pour la conquête du plantureux duché de Milan et la domination de l’Italie. Les conséquences en seront désastreuses, à moyen comme à long terme, pour les Français, les Autrichiens et les Allemands : occupés à se disputer les suffrages des électeurs de la Diète de Francfort pour l’élection de 1519 ou à se combattre sur le champ de bataille, les deux rivaux vont laisser se développer le schisme protestant, d’où une rupture de l’unité religieuse de l’Occident.

La rivalité entre la France et la maison des Habsbourg ne va pas s’éteindre avec Charles Quint et François Ier.

Elle va durer très exactement quatre siècles, jusqu’aux traités de Versailles le 28 juin 1919 et de Saint-Germain-en-Laye qui ruineront à jamais l’héritage des Habsbourg !

Signature du Traité de paix dans la Galerie des Glaces, 28 juin 1919
William Orpen, Imperial War Museum, United Kingdom

Source: Ysaline Homant