10 août 1519 – 6 septembre 1522

Les navires quittent Séville le 10 août 1519 mais doivent attendre pendant cinq semaines à San Lucar de Barameda, à l’embouchure du Quadalquivir, que les vents leur soient favorables… Le 20 septembre 1519, ils lèvent l’ancre à destination des îles Canaries et, le 2 octobre 1519, traversent enfin l’Atlantique.

Le 6 septembre 1522, au coucher du soleil, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. Elle a nom Victoria. Un nom bien mérité. À son bord, 18 hommes commandés par le Basque Juan ​Sebastián Elcano.

La Victoria, premier navire à avoir accompli la circumnavigation du globe. Réplique du navire présentée à l’Expo Aichi 2005.

Trois ans plus tôt, ils ont quitté le même port en direction de l’Ouest, avec quatre autres navires (caraques et caravelles) et un total de 237 hommes de toutes origines. Sans l’avoir voulu ni imaginé, ces dix-huit hommes sont les premiers à avoir accompli le tour du monde.

Un loup de mer brutal

Fernand de Magellan (1480-1521), portrait par Luigi Vanvitelli

Né au Portugal quarante ans plus tôt, Fernao de Magalhaes (Magellan en français) a guerroyé en Inde puis au Maroc, où une blessure l’a laissé boiteux.

Il envisage alors d’accomplir le rêve inachevé de Christophe Colomb en contournant l’Amérique et en atteignant enfin l’Asie par l’Ouest.

Ayant gagné la confiance du jeune roi d’Espagne, le futur empereur Charles Quint, il s’engage dans ce qui apparaîtra a posteriori comme le premier « Tour du monde à la voile » .

Ses navires quittent Séville le 10 août 1519 et relâchent à Noël dans la baie où sera plus tard fondée la ville de Rio de Janeiro.

L’impatience grandit et débouche sur une violente mutinerie que Magellan mate avec une extrême sévérité. Peu après, une première nef, le Santiago, fait naufrage en explorant la côte de Patagonie.

La découverte de l’océan Pacifique

Le 21 octobre 1520, la flotte arrive en vue d’une baie mystérieuse. Deux pilotes envoyés en reconnaissance reviennent avec la confirmation qu’il s’agit du passage espéré vers l’Ouest. Mais le pilote du San Antonio se rebelle et regagne l’Espagne…

Le reste de la flotte s’engage dans le détroit qui portera désormais le nom de Magellan. Le 28 novembre, c’est le débouché sur un nouvel océan, exceptionnellement calme et lisse ce jour-là, ce qui lui vaut d’être baptisé Grand Océan Pacifique !

Plus de trois mois s’écoulent avant d’atteindre le 6 mars 1521 l’archipel des Mariannes, en pleine Océanie.

Après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique, la flotte de Magellan atteint l’île de Cebu, dans l’archipel des Philippines.

Amitiés fatales

Le roi de l’île est baptisé sous le nom de Charles, ainsi que 800 indigènes. Malheureusement, pour complaire à son nouvel ami, Magellan commet l’imprudence de participer à une expédition punitive contre le roi de l’île voisine. Le 27 avril 1521, il meurt d’une flèche empoisonnée.

Les nouveaux commandants révèlent très vite leur incompétence et il faut brûler une nouvelle nef, la Concepción, en trop mauvais état.

Les deux nefs rescapées arrivent enfin aux Moluques, où les Portugais sont présents depuis plusieurs années déjà. La Trinidad s’échoue et il faut à son tour l’abandonner. Il ne reste plus qu’une nef en état, la Victoria, dont Elcano prend le commandement…

Le retour

La dernière nef traverse l’océan Indien avant de remonter jusqu’en Europe le long des côtes africaines, avec dans ses cales des clous de girofle originaires des Moluques.

Le commandant a soin d’éviter le contact avec les Portugais, très sourcilleux sur leur monopole de navigation et de commerce entre l’Europe et l’Asie. Mais au cap Vert, sur la côte africaine, il ne peut éviter la capture de treize de ses marins par les Portugais du cru et échappe lui-même de peu à la capture.

L’un des survivants, Antonio Pigafetta, écrira le compte-rendu de l’odyssée. Juan Sebastián Elcano sera anobli par l’empereur Charles Quint.

Trente ans après la découverte de l’Amérique, la circumnavigation de Magellan et Elcano a définitivement montré que

la Terre est ronde,

et surtout plus grande qu’on ne voulait bien l’imaginer (sa rotondité avait déjà été établie par les savants sumériens et grecs de l’Antiquité), que l’Amérique est un continent à part et qu’il est possible d’atteindre l’Extrême-Orient par l’Ouest.

Source: Ysaline Homant

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