La course mixte de cyclisme longue distance est partie de Bourgas, en Bulgarie, le 27 juillet. Il a fallu dix jours et un peu plus de deux heures à l’Allemande Fiona Kolbinger pour rallier Brest, en France, et devancer les 264 autres concurrents.

Elle porte le numéro 66 et, sur les images, toujours elle sourit. Fiona Kolbinger peut être contente car, depuis 7h48 mardi matin, l’Allemande de 24 ans est la première femme de l’histoire à passer la ligne d’arrivée de la Transcontinental Race devant tous les concurrents, hommes et femmes confondus.

Il lui a fallu dix jours, deux heures et 48 minutes pour parcourir les 4000 kilomètres qui séparent Bourgas, en Bulgarie, de Brest, en France. Selon les observateurs qui ont suivi les pérégrinations de chaque concurrent grâce aux émissions de leur balise GPS, elle aurait roulé entre 17 et 20 heures par jour, parcouru quotidiennement quelque 350 kilomètres et dormi environ quatre heures par nuit.

«Raviver l’âge d’or du cyclisme»

Cette année sur les rives de la mer Noire, pour la septième édition de la course, ils étaient 265, dont 40 femmes, à prendre le départ en autonomie totale le 27 juillet. La Transcontinental Race a pour ambition de «raviver l’âge d’or du cyclisme, avec les moyens du XXIe siècle». Elle n’impose qu’un point de départ, un point d’arrivée, quatre check-points et quelques tronçons obligatoires, notamment pendant la traversée des Alpes. Sinon, les concurrents sont libres d’emprunter l’itinéraire qui leur sied le mieux pour traverser le continent au plus vite. Il faut donc de l’endurance, mais aussi de la stratégie. Et c’est précisément dans ce domaine que la gagnante a excellé cette année.

Le Timmelsjoch (2474 mètres), dans le Sud-Tyrol à la frontière entre l’Autriche et l’Italie, ainsi que le col du Galibier (2645 mètres) font partie des passages obligés du parcours. Certains ont toutefois choisi de gravir d’autres cols encore en traversant les Alpes. Ce ne fut pas le cas de la cycliste, par ailleurs chercheuse en oncologie. Elle a opté pour la vitesse, avec un itinéraire plus plat le long des lacs suisses. Une tactique que Ben Davies, le concurrent qui la talonnait de près, n’a pas suivi, préférant s’élever régulièrement au risque d’être plus lent. Dossard numéro 10, le Britannique a d’ailleurs rallié Brest dans la soirée de mardi.

Gérer son sommeil

Comme la plupart des participants, l’Allemande a traversé six pays: la Bulgarie, la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Suisse et la France, avec des incursions en Autriche et en Italie. Au-delà de l’effort intense que requiert une course d’ultra-cyclisme, c’est la gestion de la privation de sommeil qui s’avère être le plus grand défi dans ce genre d’épreuve. Lorsque les cyclistes posent pied à terre, c’est normalement pour s’alimenter, prendre soin d’eux et ensuite dormir. Mais, à en croire les réseaux sociaux, Fiona Kolbinger profitait, elle, par moments, de se mettre au piano pour s’adonner à la musique classique, son autre passion.

Meilleure que les autres

A l’issue de sa première expérience d’ultra-distance, Fiona Kolbinger ne croyait toujours pas en sa performance. Elle avouait cependant qu’elle aurait pu avancer encore plus rapidement et dormir moins.

En attendant, sa victoire devant tous les hommes ne laisse pas le public indifférent. Pour mieux comprendre cette performance féminine devant plus de 400 cuisses masculines, certains journalistes de la radio belge RTBF sont allés chercher des explications auprès du corps médical. Il s’avérerait que les représentantes du sexe féminin ont de meilleures prédispositions à l’endurance et métabolisent mieux les graisses. Ce seraient ensuite leurs hormones et leur opiniâtreté plus prononcée qui viendraient agrémenter la recette de ce succès. Mais, au-delà de toute explication anatomique, le constat est plutôt simple: Fiona Kolbinger a juste été meilleure que tous les autres.

Source: Caroline Christinaz

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